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Beauté de l’expression Et magie des mots – Part II –

Galéjade (du provençal galéjado « plaisanterie ») : Blague, histoire inventée de toutes pièces ou simplement éxagérée à laquelle on essaie de faire croire. Plaisanterie provençale ayant généralement pour but de mystifier ou simplement faire rire la galerie. (Synonyme de plaisanterie, blague, gasconnade)

Galéjer : débiter des galéjades (farces, blagues, mensonges). Blaguer, plaisanter, gasconner… badiner, faire marcher quelqu’un, le mener en bateau.

 

Galoche : Chaussure de cuir à semelle de bois avec ou sans tige, que les paysans portaient par-dessus les souliers pour se protéger les pieds de l’humidité.

Menton en galoche (ou de galoche) : Menton long et légèrement relevé à l’avant (comme la pointe d’une galoche).

 

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Quand faut-il dire Amener – Apporter / Emmener – Emporter (erreurs que nous commettons tous)

 

« AMENER s’utilise avec les PERSONNES et les ANIMAUX et APPORTER s’utilise avec les OBJETS inanimés. Par exemple, on amène son enfant à l’école et un cheval à l’écurie, mais on apporte un livre à la bibliothèque et un cadeau à quelqu’un. La règle vaut aussi pour les verbes EMMENER et EMPORTER : on EMMÈNE des PERSONNES et des ANIMAUX et on EMPORTE des CHOSES avec soi. On se dirige vers un endroit en apportant quelque chose ou en amenant quelqu’un, mais on quitte un endroit en emportant quelque chose ou en emmenant quelqu’un. C’est une simple question de point de vue. On dira, par exemple : J’ai apporté des fleurs à ma mère et j’ai amené ma fille chez le dentiste. Par contre, on dira : Elle a quitté la maison en emportant son parapluie et en emmenant les enfants. » (Internet : Le français au micro) Quelques phrases exemples : « Il est pourtant important d’apporter des solutions et des réponses à la question posée. » « Tous les visiteurs qui veulent apporter leur soutien au Site… » « J’apporte avec moi le vin et la baguette. » « Jacques amena chez nous un architecte de ses amis pour examiner le toit. » « Alors, tu t’amènes, et n’oublie pas d’apporter le lait et le pain avec toi. » « Pourquoi n’amènes-tu pas ta petite amie à la maison ? » « Tiens, Jacques, mais qu’est-ce qui t’amène ici à cette heure ? »

 

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« Ne dites pas c’est fini tant que la grosse dame n’a pas chanté »

 

« Cette fois c’est fini, bien fini… la grosse dame a chanté. » D’où vient l’expression ? Probablement de l’anglais, inspirée de l’opéra wagnérien : « It’s not over until the fat lady sings. » Proverbe axiomatique (fréquemment employé par les Américains dans les jeux sportifs : « It’s not over till the fat lady sings ») signifiant essentiellement qu’il ne faudrait assumer de rien avant la fin des jeux. Un peu comme si l’on disait : « Ne vendez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Ou : « Ne criez pas victoire avant d’avoir gagné. » Ou encore, dans le jardon scolaire par exemple : « La classe n’est pas finie tant que la cloche n’a pas sonné. » Donc, ne dites pas nous avons gagné tant que le jeu n’est pas fini (ou avant le sifflet final). Le proverbe se réfère à la fin d’un opéra de Richard Wagner « Der Ring des Nibelungen » et sa dernière scène (le Götterdämemerung) où une « grosse dame », la valkyrie Brünhilde (dans la mythologie nordique les valkyries sont des vierres guerrières qui servaient Odin, le maître des dieux), traditionnellement présentée comme une dame bien en chair, coiffée d’un casque ailé et tenant une lance et un gros bouclier. Son aria final dure une dizaine de minutes et marque la fin de cet opéra. D’où le proverbe… « Ne dites pas que l’opéra est fini tant que la grosse dame n’a pas chanté ». L’expression sportive est généralement attribuée à l’auteur journaliste américain Dan Cook… Son mot était de toujours lancer : « It ain’t over til the fat lady sings. » La première fois dit-on qu’il a lancé cette expression devenue si populaire, c’était en avril 1978, lors d’un tournoi de basket-ball entre les San Antonio Spurs et les Washington Bullets.

D’où viennent ces deux expressions : « Le chant du cygne » et « Être Gros-Jean comme devant »

 

On dit que le cygne, connu pour son chant discordant, quand il sent que son heure approche, lance un chant particulièrement mélodieux. Comme si avant de s’éteindre, cet animal gracieux disait ainsi adieu à la vie, offrant à la nature son plus beau chant. Ainsi Moïse, avant de mourir, lance-t-il son dernier adieu à la vie, dans un chant de cygne d’une beauté incroyable aux portes de la Palestine… alors que la parole et la Palestine lui étaient défendues. Quant à l’expression populaire « Être ou se retrouver Gros-Jean comme devant »… Le Gros-Jean (expession employée par La Fontaine dans La Laitière et le pot au lait : « Quel esprit ne bat la campagne ? Qui ne fait châteaux en Espagne ?… Tout le bien est à nous, tous les honneurs, toutes les femmes… On m’élit roi, mon peuple m’aime ; les diadèmes vont sur ma tête pleuvant : Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même, je suis Gros-Jean comme devant. ») était un personnage célèbre de farce médiévale, un niais qui se laissait toujours duper par le premier venu. D’où l’expression « se retrouver Gros-Jean comme devant » pour dire se retrouver aussi démuni, aussi pauvre qu’auparavant… (« comme devant » signifiant « comme auparavant »). Ainsi l’expression se retrouver Gros-Jean comme devant signifie… Ne pas être plus avancé, être déçu de l’issue, de par la réalité des choses après avoir bâti des châteaux en Espagne… tout comme Perrette de la célèbre fable de La Fontaine. Une fois le pot renversé, elle devait s’être dit : Qué sotta j’y suis… me revoilà grosse-bêbette comme devant.

 

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Rire jaune : Se forcer à rire pour dissimuler un mécontentement ou une gêne, éclater d’un rire articiel pour ne pas se montrer vexé d’un mot, d’une remarque ou d’une boutage qui nous blesse. Le jaune, quand il est d’une teinte vive, est le symbole des dieux et de la lumière spirituelle. C’est la couleur du soleil, de l’or, du miel et du blé… et donc de la vie, de l’abondance, de la richesse et de la nourriture par excellence. Aussi fut-elle de tout temps l’attribut des rois Incas par exemple, en Chine et dans l’Égypte pharaonique où le jaune vif était la couleur symbolique des pharaons et des empereurs qui prétendaient ou croyaient détenir leur pouvoir des dieux. À l’inverse, le jaune pâle, qui est aussi la couleur du soufre, représente les flammes de l’enfer, mais on l’associe surtout à la perfidie et à la traîtrise. Judas qui a vendu son maître pour quelques deniers était représenté vêtu de jaune, de même que Lucifer, envieux de la Souveraineté divine, était peint en jaune soufre. Cependant l’expression « rire jaune » provient surtout du fait que les hépatiques (malades atteints d’insuffisance rénale chronique sévère) sont souvent de mauvaise humeur, et lorsqu’ils se forcent à rire, la bile teinte leur visage de cette couleur jaune pâle. Par extension, l’expression s’applique à toute personne qui se force à rire pour calmer sa colère ou ne pas montrer qu’elle est vexée. Aussi les voit-on éclater d’un rire artificiel qui, loin de cacher ce qui les vexe, le souligne encore plus par cette teinte jaune qui, entre autres, est celle de la perfidie !

 

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Synonymes littéraires, populaires et imagés de « mourir »

 

Abandonner la partie, agoniser, avoir vécu, aller ad patres, calancher, caner, casser sa pipe, se fendre la pipe, claboter, clamser, claquer, crever (comme un chien), cronir, cesser d’être, cesser de vivre, décéder, expirer, diparaître, trouver la mort, trouver sa fin, écrire son dernier chapitre, rejoindre l’au-delà, être rappelé à Dieu, être mort, être tué, faire sa valise, plier bagage, fermer les paupières (les yeux), finir, laisser ses guêtres, paraître devant Dieu (devant le Grand Juge, le Juge Suprême), succomber, partir, faire son baluchon, sortir (quitter ou partir) les pieds devant, passer l’arme à gauche, passer le pas, trépasser, passer de vie à trépas, payer son tribut, perdre la vie, péricliter, rendre l’âme (la vie, le dernier souffle), s’en aller, s’éteindre (comme la flamme d’une bougie), s’effacer, s’estomper, décliner, s’éclipser, sortir entre quatre planches (entre les quatres planches d’un cercueil, d’une bière), y passer, périr (sur l’échafaut, à la guerre, noyé), y rester…

 

« Périr, cela s’appelle manger des pissenlits par la racine. » (Victor Hugo)

 


Expressions, dictons et proverbes sur le thème de la mort


Périr d’ennui
 : S’ennuyer à périr, à mourir.

Un mouroir (ne pas confondre avec l’adjectif moratoire qui veut dire accorder un délai) : Lieu où on accueille ceux qui agonisent et des malades incurables sur le point de mourir. Maison de retraite, institution où l’on dispose un minimum de soins aux grands malades et aux vieux sans soins ni secours en attendant leur mort. « Je me sentais comme dans un mouroir, n’espérant plus rien de rien ni de personne. » (Awakel) « Cet hôpital pour vieux était une honte médicale, un vrai mouroir pour chiens abandonnés. C’est là qu’elles mirent leur père qui a tant travaillé à leur bonheur. » (Awakel)

 

« Si le grain ne meurt ! » : Paroles de Jésus dans l’Évangile de St-Jean. « Si le grain de blé ne meurt, il reste seul, mais s’il meurt il donne beaucoup de fruits. » Pour que la plante (une pensée, une idée) pousse et offre au monde les fruits qu’elle porte en elle… il faut que meure le grain (autrement dit par le sacrifice de soi consenti par celui qui la porte).

 

« Qui court après les souliers d’un mort risque souvent d’aller pieds nus. » (Baser ses calculs sur un héritage, c’est s’exposer à des désillusions.)

 

« Pourquoi nous faut-il mourir alors que la sauge pousse dans notre jardin ? » Maxime médiévale de l’école de médecine de Salerne, en Italie : « Pourquoi mourrait-on lorsqu’on cultive la sauge (connue pour ses grandes vertus médicinales et même, croyait-on, de guérir toutes les maladies), si ce n’est qu’aucune plante des jardins n’est assez forte contre la mort ? »

 

Selon des statistiques, une personne au moins meurt toutes les deux secondes dans le monde, alors que naissent trois enfants par seconde.

 

« Avec de l’argent on fait parler les morts, sans argent on ne peut faire taire les muets. » (Proverbe chinois)

 

« Depuis son terrible affrontement avec la mort, il ne cessa de savourer l’existence comme un cadeau de tous les instants. » (Note de lecture)

 

« Il n’est rien de plus beau que de mourir pour ceux qu’on aime ». (Jésus-Christ selon St-Jean)

 

« Laisse les morts enterrer les morts, mais toi, va annoncer le Règne de Dieu. » (Paroles de Jésus selon St-Luc)

 

« Assieds-toi au bord de la rivière, tu verras le cadavre de ton ennemi passer. » (Proverbe bantou)

 

Regarder avec des yeux de poisson mort (les yeux hébétés et hagards ou figés dans le vide). Faire à quelqu’un une guerre à mort.

 

« On peut mourir d’être immortel. » (Friedrich Nietzsche)

 

« L’approche de la mort terrfie, mais si le nouveau-né avait conscience de l’approche de la vie, il serait tout aussi terrifié. » (Charlie Chaplin)

« Philosopher, c’est apprendre à mourir. » (Cicéron)

 


Philosophie de la mort : 

« La mort n’existe pas… En effet, s’il existe un au-delà après le décès, je veux dire une autre vie après celle-ci, c’est que la mort n’existe pas ! Si au contraire, c’est le néant absolu qui nous attend, c’est donc aussi que la mort n’existe pas, puisque le mort ne saura même pas qu’il a cessé d’exister. Et dans ce cas, le seul qui sentira pas qu’il est passé de vie à trépas, ce sera le disparu, puisqu’il n’en saura rien, ni de son état ni de sa mise dans le tombeau : il n’entendra rien de ce qui se passe autour de lui, il ne verra rien, en un mot il ne sentira même pas qu’il a cessé d’être. Énigme de la mort… Mais allez donc savoir, personne n’est revenu pour nous le dire ! » (Awakel)

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Quelques proverbes contradictoires qui nous rappellent, comme a dit quelqu’un, que « de la contradiction et de la lutte des idées, naissent la lumière et la vie ».

« Ne réponds pas à l’homme stupide selon son imbécillité de peur de lui ressembler toi-même. » (La Bible : Proverbes 26,4) / « Réponds à l’homme stupide selon son imbécillité de peur qu’il ne se croie sage. » (Bible : Proverbe 26,5)

« Si tu veux être apprécié, meurs ou voyage. » (Proverbe persan) / « Loin des yeux, loin du cœur. »

« Jamais bon cheval ne devient rosse. » / « Il n’est si bon cheval qui ne devienne rosse. »

« Abondance de bien ne nuit pas. » / « Qui trop embrasse mal étreint. » (Ou encore : « Contentement passe richesse. » « Le mieux est l’ennemi du bien. »)

« Qui se ressemblent s’assemblent. » / « Les opposés s’attirent. »

« Tel père, tel fils. » / « À père avare, fils prodigue. »

« Prudence est mère de sûreté. » / « Qui ne risque rien n’a rien. »

« L’homme est un loup pour l’homme. » / « Les loups ne se dévorent pas entre eux. »

« Beau visage n’a jamais eu vilain nez ! » / « Un grand nez ne gâte jamais un beau visage ! »

« Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. » / « La fortune vient en dormant. »

« La parole est d’argent, mais le silence est d’or. » / « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. »

« L’appétit vient en mangeant. » (pris au sens de « Plus on a et plus on veut avoir. ») / « L’habitude tue le désir. »

« On récolte ce qu’on sème. » (dans le sens de « Fais le bien, tu récolteras le bien. ») / « Ne fais pas le bien, tu ne verras aucun mal ! » (Dicton arabe) (Ou encore cette autre expression empruntée à une parabole de l’Écriture, et qui nous rappelle qu’on a beau labourer, bêcher et semer pour récolter le bien et jouir de ses fruits… en toutes choses, sur la Terre comme au Ciel, on ne récolte pas toujours à la sueur de son front : « Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. » Ou bien encore cet autre dicton arabe : « Fais le bien et jette-le dans la mer ! » car, comme ajoutent les Turcs : « … si les poissons l’ignorent, Dieu le saura. »  En d’autres termes : Ne t’attends pas à de la reconnaissance, mais que cela ne t’empêche pas de faire le bien chaque fois que tu le peux.)

« On n’est jamais mieux servi que par soi-même. »
 / « Donne ton pain à cuir au boulanger, même s’il t’en mange la moitié. » (Dicton arabe)

Jeune Lévrier vous serait reconnaissant de lui envoyer vos paires de proverbes contradictoires… Waouf ! Waouf ! (Traduction : Merci d’avance !)

La Crise des caricatures de Mahomet… et la liberté de la presse

 

Je cite, à toutes fins morales ou littéraires utiles, quelques citations sur le sujet que j’ai retrouvées dans mes carnets de notes :

« On peut aussi faire un mauvais usage de la liberté de la presse, mais aussi et surtout : on peut s’en servir comme un excellent moyen de réflexion, d’analyse et d’auto-critique éducative. »

La liberté de la presse doit respecter la liberté de pensée,  de conviction et de religion des autres.

La liberté de la presse s’arrête là où commence la liberté de croyance des autres.

« Le droit à la liberté d’expression » ne comprend pas « le droit de blesser les sentiments religieux des croyants ».

Kofi Annan avait affirmé jeudi que « la liberté de la presse devrait toujours être exercée dans le plein respect des croyances et des piliers de toutes les religions ». « J’appelle tout le monde à s’abstenir de prendre des mesures propres à envenimer la situation », a-t-il ajouté. « Il ne faudrait pas que des mesures soient prises pour punir toute la nation danoise ou l’Europe entière pour les actions de particuliers », a estimé M. Annan. « Je crois donc que mes frères Musulmans devraient accepter les excuses », a-t-il conclu. [ Pour Lire l’article en entier… ]

« Nous reconnaissons tous et nous respectons complètement la liberté de la presse et de l’expression, mais elle doit s’accompagner de la responsabilité de la presse. »

« La liberté de la presse doit aller de pair avec la responsabilité d’expression. »

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Expressions et locutions : Dormir, somnoler, piquer un roupillon / Sommeil, sieste, repos, paresse, musardise

 

Nous passons presque 1/3 de notre vie à (bien ou mal) dormir. Aussi rien d’étonnant que les mots, expressions et locutions imagées de la langue française se rapportant au sommeil et à la sieste soient parmi les plus riches et les plus variées.

Dormir, s’endormir, dormailler, dormiller, sommeiller, somnoler, prendre un petit somme, s’assoupir, ronfler, pioncer, roupiller… Piquer, s’offrir, se taper  un roupillon (une roupillade). Être, se jeter dans les bras de Morphée (dans la mythologie grecque, dieu des rêves et des songes, fils de Hypnos, dieu du sommeil et de Nyx, déesse de la nuit). Prendre une petite sieste, piquer un petit somme sur le canapé. « Et tout en baillant de fatigue, il étira ses bras vers le plafond (tendre, élever, allonger les bras vers…) ». « Je vais fermer les yeux quelques minutes », annonça Stella. Le petit somme de Stella se mua en une sieste d’une heure dix ; le fait d’avoir conduit une bonne partie de la journée, ajouté à l’inquiétude accumulée, avait eu raison d’elle. Samat s’assoupit lui aussi, ou en donna l’impression, le menton tombant sur la poitrine, les paupières clauses frémissantes. (Légendes, Robert Littell, pg 410) Je tombe de sommeil, allons nous coucher. « Elle avait encore les yeux pleins de sommeil. » « Elle avait encore les yeux barbouillés de sommeil. »

Dormir comme un sabot ou comme une bûche (profondément). Dormir sur ses deux oreilles : dormir sans crainte, en sécurité (dormir tranquille ou profondément, ou simplement être rassuré sur l’issue d’un sujet qui nous occupe ou nous préoccupe). Dormir les poings fermés (on dit également dans ce sens dormir comme un bébé, comme un ange, un sonneur de cloches, comme un loir ou comme une marmotte). Dormir comme un loup, ou comme une barrique (d’un sommeil profond et presque sans faire de mouvement). Dormir comme une roche, une pierre, une bûche, ou encore comme une souche… Dormir en chien de fusil : dormir sur le côté, les jambes ramenées vers le menton. Dormir comme un chien de moulin : ne dormir que d’un œil (en gardant l’autre à demi-ouvert pour « veiller au grain »). On dit parfois « dormir comme un blaireau » (mais c’est par confusion avec une autre expression bretonne : Roc’hal evel ur broc’h : Ronfler comme un blaireau). Le sabot dort (se dit quand ce jouet d’enfant, une toupie que l’on actionne avec un fouet ou une lanière, tourne rapidement sur place, paraissant immobile). Je la vois venir avec ses gros sabots (ses allusions sont un peu trop grosses, ses intentions trop claires). Aller nourrir les puces : aller au lit. Je crois qu’il est temps d’aller nourrir les puces, dit-il en baillant. Envoyer quelqu’un dormir : l’envoyer promener. Aller chercher demain matin : se dit également pour aller se coucher. Peser du tabac : dodeliner de la tête à table lorsque le sommeil vous gagne.

 

Le loir ou la marotte : symbole du sommeil profond et paisible

 

Le loir, un animal hibernant (très actif à la belle saison, il passe sept mois par an en hibernation). On trouve surtout le loir gris dans les vergers, les bocages (petits bois) et les parcs, mais il squatte aussi les greniers, les cabanes de jardins, et hiberne volontiers dans un arbre creux, un vieux nichoir (cage ou panier à claire-voie pour faire couver les canaris et les oiseaux de basse-cour), ou dans l’isolation d’une maison. / Petit rongueur de la taille d’un rat, au pelage gris argenté, blanc sur le ventre, le loir possède une queue terminée par un joli panache. On le rencontre dans les bois, les vergers et aussi dans les greniers où il aime se réfugier pour y passer l’hiver. Svelte et agile, il se déplace avec aisance dans les arbres. / Dormir comme un loir : avoir un sommeil profond. / Le loir ne s’anime que la nuit et cherche dans les arbres sa nourriture, très variée. Il se nourrit, en effet, aussi bien de fruits, de graines, que d’insectes, d’oiseaux et même de petits rongeurs. Nichant dans les trous des arbres, il lui arrive d’emprunter les nids des écureuils, des merles ou des pies qu’il aménage à son goût avec de la mousse. Il y entasse ses provisions, souvent des glands de chênes. Glouton, il consomme, quand arrive l’automne, une quantité importante d’aliments et engraisse énormément. Cette réserve de graisse lui permet de dormir, sans manger pendant près de 6 mois. Il est alors en état d’hibernation. On capture le loir au moyen de pièges, l’été, ou on le prend, l’hiver, quand il est profondément endormi. De caractère agressif, il se laisse difficilement apprivoiser, dès qu’il a atteint l’âge adulte. 

Glander, glandouiller, paresser, flemmarder

Citations : « Il y a ceux qui glandent devant leur télé et ceux qui bossent au bureau. » « Il y a ceux qui glandent au bureau et ceux qui bossent sur le terrain. » « Je pense qu’à son âge il a le droit de glander un peu. »

Glander (ou glandouiller) : Flemmarder, paresser, musarder, lambiner, glandouiller. « En attendant votre arrivée, je paresse, musarde, glandouille. » « Je lis, je dors, je paresse… je me relaxe ! » Végéter, s’endormir dans une molle indolence (paresse, nonchalance, indifférence, insouciance, douce chaleur, douceur, torpeur).

Glandée : récolte de glands. (Les cochons se nourrissent de glands, d’où la métaphore de Léon Bloy sur Georges Ohnet : « Il n’a vu dans la littérature qu’une appétissante glandée dont son âme de porc s’est réjouie. »)

« Il musardait en longeant Park Avenue. »

« Éloge de la paresse ou éloge de la sieste au bord de l’eau… Sous la caresse du soleil, les sens en éveil, je goutte la brise, je paresse, je m’enivre, je me fais l’apologie de la fainéantise… » (Paul Lafargue)

Éloge de la paresse  (extrait d’un article publié dans Magazine Littéraire N° 433, juillet-août 2004) : « La paresse n’a pas toujours bonne réputation. Longtemps péché capital pour les uns, crime contre la société du travail pour les autres, elle demeure encore aujourd’hui une notion suspecte. On la réduit souvent à un état de molle indifférence, voué à la veulerie et à l’accablement. On se trompe. La paresse peut être joyeuse, contemplative, contestataire. Elle bouscule la logique économique et le temps réglé des loisirs. Par l’inaction et le vide, elle favorise la reconquête de soi. Elle est à la fois un acte de résistance et la voie de la sagesse. D’Épicure à Gaston Lagaffe, petits tableaux de la vie paresseuse. L’Homo faber a vécu. Place à l’Homo ludens. Après tant de labeur, s’ouvre le règne du repos. Mais l’art de ne rien faire n’est pas si facile. »

« La paresse n’est pas la caractérisitique principale des cancres, mais l’ennui scolaire. » (Note de lecture)

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L’art et la manière de le dire 

La gratitude n’est pas la qualité principale de ces gens (On a affaire à des ingrats).
La générosité n’est pas son défaut principal (C’est un vrai radin).
Il n’a pas son pareil… Il est sans égal… Il est le seul dans son genre (ou le seul de son espèce)… Il est unique au monde.

Veiller au grain*… Rester prudent… Veiller à toute éventualité… Être attentif au péril… (*En termes de marine « grain » veut dire « vent violent et de peu de durée qui s’élève soudainement et qui est généralement accompagné de précipitations de pluie, de neige ou de grêle ». D’où l’expression « prendre garde au grain » qui signifie « rester attentif », « prendre garde », « garder l’œil », « rester vigilant ».)
Arriver chez quelqu’un, débarquer chez un ami « sans crier gare » (Sans prévenir, à l’improviste, brusquement).

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Gérontocratie (du grec « gêron » vieillard et « Kratos » pouvoir) : Gouvernement dominé par les vieillards. Gérontologie : Étude des phénomènes liés à la vieillesse (et qui tente également de résoudre les problèmes psychologiques, sociaux ou économiques des personnes âgées). Gérontologue : Médecin spécialisé en gérontologie. Gérontophile : Attiré sexuellement par les vieillards. Un géronte : Dans les pièces de théâtre du XVIIe siècle… vieillard qui se laisse dominer par ceux qui l’entourent (Le petit Littré). Vieillard crédule et facile à berner (Le Petit Robert). Gérontisme : Vieillissement prématuré chez un adulte ou un enfant.

Une boudeuse : Siège double où deux personnes peuvent s’asseoir en se tournant le dos.
C’est de la bouillie pour les chats : Se dit d’un texte incompréhensible.
Démoralisateur : Sens littéraire… corrupteur, qui pousse à l’immoralité. Emploi moderne… démoralisant, qui tend à décourager, à briser le moral. « Il offre un tableau démoralisant de la situation. » (Note de lecture)
Ne pas démordre de son avis : Ne pas renoncer à un avis, s’y accrocher fermement malgré tout. « Il prit la résolution de partir, et rien n’en put le faire démordre. »

Gourgane
 : Nom de la fève verte en québecois.
Gourgandine : Femme « facile », dévergondée.

Locution comparative
À première vue (à la première observation, de prime abord)… en dernière analyse (après un examen plus attentif, quand on y réfléchit bien, après une étude plus poussée)…

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