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Offrande Poétique

Poèmes de jeunesse dédiés au Docteur Dahesh

Liban 1978

Éditions Jeune Lévrier
© Georges Henry Chakkour

Préface

Dans la corbeille fragile de ces pages (vieilles de vingt ans,) j’ai jeté tout un confus mélange de fruits et de fleurs. Un essai d’une période novice, amie fidèle de la poésie, ayant par-delà tout aimé la délicatesse des uns, rêvant à l’élégance des autres. D’aucuns se demanderont sur mes intentions! Il en est de si verts et de non épanouies encore. Pourquoi m’esquiver?! Je n’ai d’autre véritable explication à leur fournir, sinon que ce livre reflète mon âme dans le lac de ses pages. Et je le publie en acte de foi et d’amour pour un grand homme.

Je me serais abstenu de le faire si je n’avais acquis la pleine certitude que le Daheshisme, ma religion depuis belle jeunesse, est destinée à sauver l’Homme de son mal réel, mal actuellement débor-dant, désolant: l’athéisme! Sous toutes ses formes et ses difformités de croyances et d’idolâtries! Poison aigu qui n’aura de cesse qu’il n’ait grignoté l’âme de la terre. Multiplié ses ravages, engendré une foule de symptômes en chaîne et, surtout, saccagé de ses tentacules (en vrai poulpe qui ne lâche jamais sa proie,) la demeure de la Pensée.

D’où me vient cette conviction?

C’est qu’une période de quinze années au sein du Daheshisme, m’a permis la chance unique au monde d’étudier de bien près des manifestations spirituelles, lesquelles furent dignes d’élaborer en moi le germe, l’amour, le courage et la raison d’une foi irrévocable en Dieu et en Ses prophètes, notamment en Docteur Dahesh. Et là, sans vouloir trop m’étendre sur des questions purement méta-physiques qui me dépassent (n’ayant ni la vertu de l’apôtre ni son mérite,) je voudrais au moins dire, avec toute la simplicité naïve du monde, ce que j’en pense. Naïve, si l’on me permet cette image, comme celle d’un rossignol peu philosophe de son chant… Et que saurait dire la fleur de son printemps?!

Le Daheshisme est une religion purement et essentiellement divine, c’est-à-dire humaine, sociale et spirituelle. Vieille comme le Monde, elle est comme le Monde infinie et toujours nouvelle.

Il ne s’agit point-là de tables tournantes.

Docteur Dahesh est « le » Prophète Bien-Aimé dont parlent nos Textes, que chantent nos espé-rances, et que pleure la nostalgie de ce siècle sans manne.

Or, le but de toute religion inspirée s’ancre dans la volonté constante et bien définie, de fonder en l’Homme l’amour du Vrai, du Bien, et du Beau. D’éveiller ce jugement irréfutable, et dirais-je ineffable, à même de briser la gangue obstinée où « paressent » des vérités primordiales. (Souvent oubliées ou méconnues.) De sorte que le pinacle de toute pensée religieuse, quel que soit son bord d’ori-gine, ce qui l’oriente ou son port d’attache, réside et s’abrège dans la recherche absolue de ces principes de bonheur. Tout le reste demeure au superflu!

Aussi point ne serai-je séduit, ou obnubilé par l’envie d’y déroger; et me livrer à des joutes sans fin et des analyses monotones. Qu’il me suffise cepen-dant de prévoir, déjà, en annonciateur humblement modeste, que tôt ou tard le monde entier s’éveillera au Daheshisme. (De Greenland à l’Australie, des États-Unis aux confins de la Chine; embrassant tous les continents de son Message merveilleux, à la vitesse des moyens médiatiques d’aujourd’hui, com-me devait le faire à dos de chameau le Christianisme depuis la proclamation impériale de Constantin.)

Je sais et j’ai vu.

Dahesh est preuve et certitude!

Lui seul, bien au-delà des rêves de la science, écarte le pan formidable qui masque le Géant-Inconnu, rendant moins aride tout savoir!
Les mots n’ont jamais rien prouvé.
La preuve: tant de Bibles… autant de crimes!
Tant de Platons… et autant de doutes!
Là, les philosophes se contredisent,
ici, la pensée divague.
Partout, les religions se font la guerre… Et tous ont soif de vérité, cependant que nulle preuve n’est là, partant nulle certitude pour « trancher le noeud gordien » du passé, alourdi de doutes, et nouer « la gerbe future » de demain.

Nulle certitude, sinon les coeurs poètes et les miracles infus dans la nature!

Mais qui voit ces choses? Quelle âme pilate devine dans ces millions de visages muets (ces miracles de la Nature à qui la Science sans fin demande: « Qu’est-ce que la vérité? ») un Christ ligoté? L’âme de ce siècle électronique semble exiger des preuves moins communes, et qui trans-cendent de manière à n’en plus douter, les lois connues, afin de croire à une Intelligence Divine derrière la Création; cet Univers dont chaque atome est en lui-même un Univers de Merveilles!

Ce besoin vital de certitude métaphysique est à même d’être étanché, aujourd’hui.
Il doit l’être (par le Daheshisme), sinon toute l’évolution s’abîmera dans un échec total, définitif, mortel tel que n’en a jamais vu l’histoire depuis le premier test d’Alamo.

La fleur des civilisations s’étiole et se meurt: nous courons vers une faillite aiguë!

Partout je vois un Atlante soulevant au-dessus de l’abîme atomique une Atlantide d’athéisme; ces colosses aux pieds d’argile qu’un moment nucléaire viendra renverser d’une chiquenaude inévitable.

Il est même superflu, comme vain d’insister sur le fait, quoique fondamental à mon avis, que toutes les religions du globe n’ont peiné que pour rendre forme et vie à ces buts si simples en eux-mêmes: Dieu; l’Immortalité; la Justice; l’existence d’autres Mondes dans des myriades de galaxies, peuplant l’Univers de globes vivants semblables au nôtre (que seraient d’autres le Ciel et l’Enfer que ces mil-liards d’étoiles et de planètes qu’on croit inhabitées parce qu’on a la présomption de présumer que Dieu n’a créé cet Univers que pour nous et nos sottes bêtises d’une heure?); la Causalité divine, etc… Et que par conséquent, ces religions se complètent au coeur d’une force d’attraction commune: Le Coeur Même de Dieu, ainsi que dans leur essence origi-nelle, qui les font pour ainsi dire s’entrelacer dans le temps, malgré le temps et l’espace qui les séparent, comme des pétales, dirait-on, d’un lotus si beau: Le Lotus de l’Unique Vérité!

J’ai donc personnellement appris, et depuis belle lurette, à dépasser leur diversité de formes et de couleurs, infuses dans les cultes par l’erreur et l’ignorance, probablement inoculées par la cupidité irresponsable des responsables religieux, vivant sur la charogne absurde de la mentalité des peuples qu’ils fourvoient.

Dois-je citer l’exemple du Liban?

Le Cas libanais est une preuve sociale brûlante, que le fanatisme religieux est un cancer qui finit par dévorer la cause et sa proie. Sorte de suicide collectif aveugle, car si une nation vit de sa religion (qu’elle soit divine ou pure politique,) elle meurt aussi des effets de son fanatisme. Ayant pris la ferme propos de l’expliquer un jour, je voudrais profiter de ce rapide préambule pour dire mon avis sur cette question brûlante (même s’il n’est plus temps). Me blâme ou me loue qui voudra! Le Liban est puni de ses dieux. Plus clairement exprimé? des fautes de son gouvernement criminel des an-nées quarante, alors que Béchara el-Khoury (cet Hérode du Vingtième siècle,) était au pouvoir.
Qui dit gouvernement dit peuple.
Sans le crime commis contre Jésus, Jérusalem et son Temple auraient été épargnés, sa population n’aurait pas connu les horreurs de la guerre de 70. Sans le crime commis contre Dahesh, Beyrouth n’aurait pas été brûlée, pillée et ravagée comme le fut la Ville des prophètes par les légions de Titus.

La Fraternité Universelle Daheshiste élève haut et librement sa voix contre ces absurdités d’enfants gâtés. Abolissons d’abord, et surtout, ces barrières ridicules de nuance culturelle et cultuelle. Nous sommes tous frères! Un grand prophète est parmi nous! Un prophète que chantent l’Évangile de Jean, le Coran sacré de l’Islam, et les pages immortelles de David et de Salomon. Les miracles dont je fus témoin vivant, au cours de vingt ans de vie au sein du Daheshisme, sont preuves prodigieuses de logi-que manifeste, que Docteur Dahesh vient de ce Monde féerique afin de nous guider vers son Royaume éternel. Oui! Son Royaume!
Un Empire qui n’a point de fin, ni de limites à sa beauté… Son Message est peint de prodiges spirituels merveilleux, inconcevables, innés et mani-festes comme la lumière du jour, seuls capables d’émouvoir notre indifférence blasée de roc et de granit. Sa Mission concerne chacun de nous. Sa vie, ses oeuvres, ses écrits (le martyre qu’il a vécu au temps de Béchara el-Khoury,) s’adressent à toute l’Histoire humaine, parlent à chaque nation. Ten-dent la main à chaque peuple, à chaque individu… Un jour il sera trop tard. « Il n’est pas encore temps, » se leurre joyeuse Jeunesse, que déjà Vieil-lesse répond en écho: « Il n’est plus temps. »

Avant de clore ce mot rédigé en toute hâte, j’aimerais bien que mes lecteurs s’imprègnent de ceci: Qu’en ce qui me concerne, je crois fermement que Docteur Dahesh (le Prophète Bien-Aimé,) parachève l’œuvre de tous les Messagers divins de l’Histoire biblique.
Ce fronton dit Jésus;
ce gros et superbe portail, en grinçant sur ses gonds répète les premiers pas d’Adam sur les feuil-les mortes du paradis;
ce pilier, cette rosace, cet autel:
c’est Moïse! c’est Noé! c’est Josué!
Mais dans le temple d’Amour,
le silence sidéral du naos divin dit: Dahesh!
Telle est ma vérité. Et tout destin n’est que poussière…

Sans lui, impossible que j’eus cru en aucun d’eux si intensément.
Il fut la Preuve et l’Amour qui me manquaient.
– Car ses miracles étonnants, ranimèrent, seuls! et au moment imprévu de mon destin, leurs cendres oubliées et refroidies. Ils érigèrent en moi une foi d’airain en Dieu,
– source et Père absolu de tout Temple, de toute Vérité et de toute Pensée!

Introduction aux Poèmes

Celui qui a donné ce recueil, et il sera le dernier à l’oublier, est loin de se donner pour écrivain ou poète. Nulle intention de contrefaire le philosophe ou le moraliste. – S’il y déroge çà ou là, n’imputons cela qu’à une contagion passagère, laquelle a pu effleurer sa nature en dépit d’elle. Non! Un homme simplement. Un peu poète… et beaucoup bohémien.

Un homme qui essaya là de chanter la douceur d’une tristesse infinie.
Un homme qui a su aimer la vie à travers son grand amour pour Dahesh.

Quand la guerre civile éclata au Liban, son beau pays d’enfance, d’origine et de jeunesse, toute la nomenclature de son monde se disloqua. La tente où il tenait serrée sa petite vie, le berceau de ses bagatelles, ses espoirs furent détruits comme sous les pattes d’éléphants excités par les clowns, les saltimbanques et les dresseurs d’un cirque soudain aveuglé par la passion de s’entretuer. Squelette? la foudre s’abattit sur lui avec son coup de grâce: ce fut l’abîme entre ses illusions et la réalité! Ses jours, ses nuits, ses rêves, ses livres aimés, ses résolutions de jeunesse, son pays, en un mot tout s’effondra en un instant comme un vulgaire château de cartes. Et pour comble: les circonstances firent qu’il ne put désormais rejoindre son maître bien-aimé.
Une fontaine vous manque, et tout est désert.

Un hasard plus miséricordieux rejeta son épave sur des rivages encore plus durs. Oui, plus miséri-cordieux: car les sables et les dunes du coeur sont moins durs à tolérer au coeur de l’Arabie.
Il eut, surtout les vendredis (sous les chants des muezzins qui, en ce jour consacré à la prière, survolent le pays comme nos hirondelles un jour de printemps), il eut recours au livre et à la plume afin de délester son coeur du trop plein de nostalgie qui le tourmentait. Et ces textes vinrent en ces heures de prière comme pour essuyer ses larmes au frôlement de leurs ailes amies.

Les pages qui vont suivre, ce sera tantôt une allée fleurie de vertes promesses. Un arbre esseulé et solitaire, touffu de fruits mûrs. Tantôt aussi une blessure amère qui crie sa révolte et traque, sur l’impondérable flamme qui le brûle, le miel de sa douleur.

Le premier cri de l’homme, c’est la Douleur!
De la « Douleur » est née la Parole!

Et c’est Dahesh, Docteur Dahesh seul, que ces pages désirent chanter et rejoindre. (L’ami, le frère, l’amante adorée, le printemps, la terre, la montagne, les étoiles que je chante ou pleure, c’est lui.)

Ce livre est comme le chant de cygne d’une période morte et disparue. Un froid mortel me glace le coeur quand j’y pense; et, pourtant, je la chéris comme un matelot chérit la mer, quand même ses voiles y firent naufrage. Qui le lira pénètre le temple, aujourd’hui abandonné, où siégeait la statue vivante de sa plus belle mélancolie. Ô Pygmalion! puisse tout homme retrouver son havre espéré. Toutes lèvres leurs lèvres chéries, et tout amour sa coupe de bonheur. Et vous lecteurs, connaître la joie infinie d’une telle tristesse.

Elle est nostalgie pure à la recherche de son dieu.

Ouverture

Poème libre

D’une bougie les perles que pleure,
vermeille, la flamme,
ondine cachée au sein des flots amers,
et la douceur de sa pointe qui danse,
molle et finie,
composent un mystère de silence et de couleurs
et de parfums infinis!

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L’hiver

L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!

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Nostalgie

Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!

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