Au bout de l’espoir

Ô Poésie!
Toi qui ne chantes que la vie et l’amour en l’homme,
allons retrouver l’aube,
au bout du long chemin,
retrouver l’aube au bout de la lutte!
Voici nos chants!
Voici notre sang!
Voici nos rêves, nos peines et nos diamants!
Empêche-les, ô! Dieu du Ciel!
Dieu des justes et des midis opprimés!
empêche-les de couler en vain!
Nos coupes débordent de larmes qui crient!
Vers toi, ô Ciel!
Puisque tu es divinité d’Amour,
puisque mourir,
pour l’orphelin,
c’est te rejoindre;
dans une étreinte infinie de lumière,
donne-nous l’espoir, la rose et leur parfum!
Nos âmes sont piétinées!
Donne-nous l’aube, l’aube de nos demains!
Ô Poésie!
Assez rimer cette vie,
et l’amour qu’on galvaude, qu’on renie!
Allons retrouver cette aube
au bout du chemin;
retrouver l’aube,
au bout de la lutte!
Allons, mes frères,
voici déjà la tombe!
Mais non la fin!
Non la cendre!
Mais une lumière!
Un éveil!
Une victoire!
Sur la vie!
Sur les ténèbres, mes frères!
Car voici l’aube… au bout des chemins!

Poème marin

As-tu regardé la mer, mon ami,
et les cascades qui naissent
des rochers qu’elle drape de son écume?
As-tu vu son sein se gonfler,
respirer la plage, jeter et reprendre
ses filles marines?
As-tu aimé le vol onduleux
des blancs goélands,
survolant la nappe bleue?

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Si un Jour

Si un jour tu me demandes de chanter
pour toi une chanson,
mon coeur bondira de joie
comme une gazelle dans les savanes de midi;
et les rythmes éclateront dans mes jardins
comme soudain un essaim de colombes,
éclaboussant un beau ciel d’azur!
J’irai tôt vers le soleil,
dénuder les premiers rayons de sa lyre;

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Tableau

Boudeuse la lune,
au clair de son charme,
verse sur l’eau rêvante,
des caresses humides!
Boudeuse la lune,
charme mes heures,
où au clair soyeux de ses rayons,
je pense, médite et pleure!

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Tableau sylvestre

Tout nu,
l’arbre au vent
offre sa chevelure,
où mille pipeaux secs
broutent des poèmes brefs et aigus!
Mélancolique et tout nu en sa masse enchevêtrée,
– d’où tombe comme un bruit de soie –
l’arbre, plein de soleil, offre des rameaux fiers,
d’où des ailes splendides
fuient…

vers l’ombre disparue
des fleurs!

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