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Encyclopédie Universelle Daheshiste
Part III

Commencement de l’ère musulmane.

Aujourd’hui, an 2010 de l’ère chrétienne, 1/5 au moins de la population du globe confesse l’Islam comme sa religion. Autrement dit plus d’un milliard et quelques centaines de millions. Cette date fatidique, vendredi 16 juillet 622, marque pour eux le jour dit l’Hégire (de l’arabe Al-Houjrât, l’Exil) où un certain chef de tribu arabe, le mari de la riche Khadïdja, quitte avec ses compagnons d’armes La Mecque pour se réfugier à Yathrib (la future Médine, en Arabie Saoudite).

Installé à Médine, le père de Fâtima épouse en secondes noces Ai’sha, la fille d’Abû Bakr, un des chefs de tribu influente de La Mecque. Ai’sha, qui n’a que neuf ans encore, devient pour ainsi dire la mère de Fâtima, qui en a déjà plus de dix-sept. Quelques semaines après cette union disssonante, mais très naturelle en ce temps parmi les tribus de l’Antiquité arabe, le nouvel époux de Yathrib, pour éliminer cette note de désordre étrange sous sa tente (entre sa fille Fâtima et son épouse Ai’sha), donne la main de sa fille à Ali ibn Abi Tâleb, son cousin germain (qui avait quitté la Mecque pour le suuivre à Yathrib). C’est lui, Ali, le quatrième calife de l’Islam ; et c’est lui, Mouhammadle prophète des Arabes et le Fondateur de l’Islam ; et ce sont elles, Ai’sha et Fâtima (ou Fâtmé), les deux figures ennemies qui, se haïssant à vie et à mort, vont provoquer à la mort de Mouhammad (qui à travers son frère, qui son époux, qui ses fils, ou qui encore ses champions), la première déchirure civile et politique dans la communauté musulmane d’où naîtra le Sunnisme et le Chiisme dans l’Islam, à jamais ennemis. Les femmes nobles des tribus arabes, contrairement à ce que pensent les Historiens (et qui ne connaissent l’Arabie que par Les Mille et une Nuits ou L’Arabia Deserta de Doughty), ont joué un rôle immense dans la Péninsule Arabique, et le second mariage politique de Mahomet à Médine, en est la preuve indélébile ! (La dernière guerre sanglante entre l’Iran et l’Irak, ainsi que tous les conflits honteux qui déchirent aujourd’hui l’Orient, viennent de ces trois Bédouines, dont deux se destestaient autant qu’elles se jalousaient.) L’influence tribale de ces trois femmes ambitieuses et possessives, Khadïdja d’abord, puis Ai’sha et Fâtmé ensuite, sur les chefs des tribus arabes fut immense. Pour la première de ces trois femmes, Mouhammad fut son chef caravanier et son mari avant d’être son prophète 1 ] ; pour la seconde, son prophète autant que son mari ; pour la troisième, son père de chair et son prophète d’esprit. Trois femmes, trois mondes, trois figures se disputant la genèse, le présent et le futur de l’Islam. (Mais c’est Khadïdja surtout qui eut la plus grande influence sur le prophète de l’Islam, à preuve celui-ci a attendu sa mort pour se marier et se livrer à la polygamie, chose qu’il n’aurait certes pas osé faire de son vivant. Nez de Cléopâtre de l’Islam : si la vie de Khadïdja avait été un peu plus longue ou plus courte, le Monde Musulman aurait pris un cours tout différent, à commencer par le Coran [ 2 ].)

[13 Al-Rabî’ de l’an 11 du calendrier musulman]

Mort à Al-Madina, ville du Hidjaz, de Mahomet : Mouhammad ibn Abd Allah, le Fondateur de l’Islam. « Ses successeurs, les califes, au lendemain de sa mort bâtirent un empire aux dimensions du monde qui s’étendait de l’Indus à l’Atlantique. Ce fut l’œuvre de quelques poignées de guerriers nomades [ 3 ]. » Son message imprégné des enseignements d’Abraham et de Jésus [ 4 ], à qui il voue une admiration semi-divine (“Wa kayyadnâhou birouhen’ min’ ladounnâ” « Et Nous l’avons doué d’une parcelle de Notre Esprit [ 5 ] ») nie pourtant sa mort sur la croix, et nous laisse l’eau à la bouche quant à la clé de l’énigme. « Ils disent : ‘Nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’envoyé de Dieu.’ Non, ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié ; un homme qui lui ressemblait fut mis à sa place, et ceux qui disputaient là-dessus ont-été eux-mêmes dans le doute. Ils ne savaient pas de science certaine, ils ne faisaient que suivre une opinion. Ils ne l’ont point tué réellement. Dieu l’a élevé à Lui, et Dieu est puissant et sage [ 6 ]. » Si l’Islam, dans son esprit unitaire, déclare que le Judaïsme est l’Islam des Hébreux (« Qui a en haine la religion d’Abraham sinon celui dont l’âme est folle? » Sourate II, verset 130. « Abraham ne fut ni juif ni chrétien mais bien un Musulman convaincu [ 7 ]. » Sourate III, verset 66), il prouve aussi par ses enseignements que l’Islam c’est la religion Chrétienne des Arabes. Sans le Coran, probablement ces anciennes peuplades d’Arabie n’auraient pas connu le nom de Jésus ; et quoiqu’ils nient l’exactitude des textes de l’Évangile, ils confessent que Jésus était doué d’une force spirituelle à nulle autre pareille. En effet, leur Coran ne nie pas l’Évangile : « Sur les pas des autres prophètes nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, pour confirmer le Pentateuque. Nous lui avons donné l’Évangile, qui contient la direction et la lumière ; il confirme le Pentateuque ; l’Évangile contient aussi la direction et l’avertissement pour ceux qui craignent Dieu. » (Sourate V, verset 50) De préférence à tous les prophètes, le Coran prête à Jésus un pouvoir de miracle absolument divin, car qui, hormis Dieu, a tiré d’une figure de boue, sur laquelle il a soufflé de son esprit, un être vivant ? « Un jour les anges dirent à Marie : ‘Dieu t’annonce Son verbe, son nom est le Messie Jésus fils de Marie, il sera illustre dans cette vie et dans l’autre, et un des familiers de Dieu. Il parlera aux hommes dès le berceau et dans l’âge mûr. Il sera parmi les justes.’ Seigneur, répondit alors Marie, comment aurais-je un fils ? aucun homme ne m’a touchée. ‘C’est ainsi, reprit l’ange, que Dieu crée ce qu’Il veut, Il dit sois, et il est. Dieu lui enseignera le Livre et la Sagesse, le Pentaqueuque et l’Évangile. Jésus sera son envoyé auprès des enfants d’Israël. Jésus leur dira : Je viens vers vous, accompagné de signes du Seigneur, je formerai de boue la figure d’un oiseau, je soufflerai sur lui et, par la permission de Dieu, l’oiseau sera vivant. Je guérirai l’aveugle de naissance et le lépreux. Je réssusciterai les morts par la permission de Dieu. Je vous dirai ce que vous avez mangé et ce que vous avez caché dans vos maisons. Tous ces faits seront autant de signes pour vous, si vous êtes croyants. » (Sourate III, versets 42-50)

Premier califat de l’Islam : Abû Bakr, surnommé par les premiers Musulmans Abû Bakr Al-Siddik (le Très Véridique). Fidèle de la première heure, ami intime du Fondateur de l’Islam, il fut surtout le beau-père de Mouhammad par sa fille A’isha (l’épouse favorite du prophète). C’est lui, Abû Bakr Abd Allah, que les premiers chefs arabes de Médine élurent pour succéder à leur prophète et les diriger dans leurs affaires temporelles et religieuses, l’honorant du titre de : Khalifat Rassoul Allah (Successeur du Messager de Dieu).

Conquête du Yémen par les Musulmans de Médine, l’ancienne Yathrib.

Conquête de la Mésopotamie par les Musulmans de Médine.

Mort, à Médine, du premier calife de l’Islam, Abû Bakr Al-Siddik.

Second califat de l’Islam sous Omar Abû Hafsa ibn Al-Khattâb 8 ].

 

Sous le règne du second successeur du prophète, les Arabes de la péninsule Arabique, dont la religion est devenue rapidement l’Islam, défont les armées byzantines sur le Yarmouk, en Syrie (636), puis avancent victorieusement sur l’Égypte et Tripoli (639). Ils occupent la Perse et mettent fin à l’Empire sassanide par la victoire de Qâdisya en 637 et de Nehavend en 642. Ainsi commence et déjà s’achève la conquête politique et dynastique de la Mésopotamie, de la Palestine et de la Syrie. Moâwiya, dont une sœur a été une des concubines de Mouhammad, lui-même ancien aide de camp de celui-ci, est nommé gouverneur de Syrie par le calife Omar.

Prise de Jérusalem par les Arabes. Omar (calife de l’Islam) entre en Syrie.

Amr Ibn El-As, général du calife Omar, bat les Byzantins à Héliopolis et occcupe le pays. L’Égypte devient alors une province de l’Empire des califes.

Des communautés mazdéennes 9 ], conduites par leurs mages, fuient la Perse vaincue par le calife Omar dans le désert de Thar. Ils émigrent en grand nombre à Bombay et forment une nouvelle caste en Inde. Elle est connue aujourd’hui sous le nom de Parsis 10 ]. Les Zoroastriens et les Mazdéens qui choisirent de rester en Perse forment actuellement en Iran les Guèbres (du mot persan gabr : infidèle). D’autres villes et provinces comme Yezd, tombées aux mains des Arabes, et qui refusèrent de plier sous la loi islamique de Omar, subirent alors une épuration sanglante. (Elles connaîtront le même sort sous les conquêtes religieuses des Afghans en 1722.)

Troisième califat sous Uthman’ ibn Affân’.

 Quatrième califat sous Ali ibn Abi Tâleb. (Sa nomination, controversée par Ai’sha et ses partisans, cause la première déchirure au sein de l’Islam.)

La Bataille du Chameau près de Bassora (en Irak).

La grande bataille au sein de la communauté musulmane de la Mecque, terminée près de la ville de Bassora [ 11 ], fut appelée Ma’araket Al-Djamal (la Bataille du Chameau), à cause du dromadaire que montait « la Mère des Fidèles », A’isha, épouse du Prophète, figure taboue pour tout Musulman, et autour duquel tomba un grand nombre de morts. Elle fut fomentée par l’intrigante et autoritaire A’isha, entre les successeurs du Prophète, alors que le gendre de celui-ci, Ali ibn Abi Tâleb [ 12 ], avait été choisi Calife par une grande partie des Musulmans de Quraysh et de Medine. À ce propos, écrit Ali dans Nahj al-Balagha (La Voie de l’Éloquence : Recueil de discours et de sermons) :

« Ils sont sortis, trimballant l’épouse du Prophète comme une esclave qu’on vient d’acheter, la dirigeant vers Bassorah. Ils gardèrent [bien protégées du regard d’autrui] dans leur sanctuaire leurs femmes et exhibèrent aux yeux de l’armée le sanctuaire interdit du Prophète. Il n’y avait pas un seul parmi ces guerriers qui ne m’ait juré obéissance et qui n’ait salué ma désignation, librement et sans y être obligé. Ils se sont attaqués à mes hommes à Bassorah et à d’autres habitants et se sont accaparés du Trésor Public des Musulmans et d’autres habitants de Bassorah, tuant les uns avec froideur, les autres avec perfidie. Dieu m’est témoin, s’ils n’avaient lésé qu’un seul Musulman en préméditant sa mort, sans que ce dernier ait commis le moindre tort, faire couler le sang de toute cette armée devient légitime à mes yeux. Car ils furent témoins de ce qu’ils devaient empêcher, et ne l’ont pas défendu ni par la langue ni par l’épée. »

C’est la première déchirure civile au sein de la communauté, et qui devait avoir pour cause deux femmes ambitieuses et deux prétentions à la succession : le clan de Fâtima, la fille préférée du prophète et épouse de Ali (déjà élu calife par les habitants de Kufa), et celui de la belle A’isha, la femme préférée de Mouhammad, partisane des dissidents de Ali qui prirent le pouvoir à Bassora. A’isha (habibat rasoul Allah) fut capturée par les partisans de Ali, ramenée respectueusement à Médine, et libérée par son implacable ennemi sous condition de ne plus se mêler de politique.

Quant aux gens de Bassorah, Ali les admonesta ainsi à l’occasion de la Bataille du Chameau :

« Vous étiez les soldats de la femme et suiviez l’animal. Il a blatéré, vous avez suivi, il fut blessé, vous vous êtes enfuis. Vos mœurs sont dissolues, votre pacte fragile, votre religion mensonge, votre source saumâtre. Celui qui  habite votre ville devient otage de ses faiblesses, celui qui s’en éloigne s’enrichit de grâce divine.

« Il me semble, contempler votre village submergé par l’eau, il n’en émerge que le sommet du minaret, tel un collier de mouette battu par les flots de la mer. »

Devant la mort de Talha et Zoubeir, Ali le quatrième calife de l’Islam s’adressa à eux dans ces termes :

« Nous êtes sortis des ténèbres et grâce à nous vous avez accédé au zenith. Mais vous êtes demeurés sourds à notre appel et fermé vos cœurs à nos conseils, comment un murmure peut-il toucher celui qu’a assourdi le grand appel ? Je m’attends encore à vous voir subir les conséquences de votre trahison. Je devine sur votre visage le regard de ceux qui se font des illusions. Rien ne me retient de vous punir que votre fausse apparence de Musulmans, qui elle seule vous sauve de mon intuition à propos de votre mauvaise foi. Je vous ai conduits dans la voie de la vérité, ombragée par la justice, mais en vain : vous avez préféré prendre une route sans guide, ni point de repère pour vous diriger.

« Aujourd’hui, tout parle en ma faveur, l’homme, la bête et la nature, et vous ne comprenez pas. Je n’ai point douté de la vérité dès qu’elle s’est révélée à moi. Moïse, que la Paix de Dieu soit sur lui, n’a point tremblé de peur sur sa personne, mais de crainte de voir l’ignorance des sots et des impies triompher de sa vérité. Aujourdhui nous nous sommes croisés où se croisent le droit et le mauvais chemin. Qui est sûr de sa source ne craint point la soif.

« Et si je parle ils diront : il tient au pouvoir ; et si je me tais ils diront : il craint sur sa vie. Je vous jure par Dieu, que Ibn Abu Tâleb est aussi familier avec la mort que le nourrisson avec le sein de sa mère. Et même, je dispose au fond de moi-même, de connaissances secrètes qui, si jamais je vous les dévoilais, vous feraient trembler comme une corde au fonds d’un puits profond. »

L’Égypte sous le règne des Omeyyades.

[ Références sur Internet : Les Omeyyades ou Umayyades – Wikipedia : Les Omeyyades ou Umayyades (en arabe : الأمويون, Al-ʾUmawiyyūn ou بنو أمية, Banū ʾUmayya) sont une dynastie de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre ʾUmayya, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Qurayš, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. Succédant au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, ils prennent Damas comme capitale et fondent le Califat omeyyade, qui devient le plus grand État musulman de l’Histoire. Renversés par les Abbassides, ils fuient en Andalousie et fondent un nouvel État à Cordoue. ]

Voir note plus bas : Les Omeyyades de Damas : 661-750.

Janvier 661 : Assassinat d’Ali, le quatrième calife de l’Islam

[17 Ramadan’ de l’an 40 du calendrier dit l’Hégire]

Assassinat de Ali ibn Abi Tâleb, quatrième calife de l’Islam et gendre du prophète, dans la grande mosquée de Kufa (ville d’Irak, située à environ 170 km au sud de Bagdad), par un puritain khârijite. Fidèle sectateur de Ai’sha et son vengeur passionné, en éliminant le calife à qui, lui et sa tribu, les Muhagirine comme les Ansar, avaient prêté serment d’allégeance, il crut venger l’épouse du prophète offensée.

28 août 661 :

Moâwiya, profitant de la première rupture, refusant avec Ai’sha de reconnaître Ali comme calife en 656, impose son propre pouvoir, et se nomme calife de l’Islam [ 13 ]. Il fonde la dynastie des Omeyyades à Damas, rompant avec la tradition des premiers compagnons du prophète, introduisant peu après la disparition de Ali le principe dynastique dans le califat. Alors que Ali, le troisième calife, était toujours en vie, il intrigua pour sa déchéance et se fit proclamer héritier du prophète par les Syriens en 658, puis réussit à imposer son califat à sa mort en 661. En 680, il désigna son fils Yazid comme son successeur au califat. Dès son règne, Moâwiya transféra sa capitale de Médine, l’ancienne Yathrib, à Damas, qui devint la capitale d’un vaste royaume musulman, et étendit le pouvoir des Omeyyades sur l’Égypte et puis l’Espagne. De tous les quatre premiers califes, appelés les Rashidun (les bien-guidé), le règne du premier a été aussi paisible et uni que bref. Grâce à son autorité reconnue par tous les compagnons de la première heure, la dynamique qu’il créa porta facilement son armée dans les provinces frontières des deux grands Empires byzantin et sassanide. Quant au deuxième calife, Omar ibn Al-Khattâb, ses généraux ayant conquis à l’Islam toutes les provinces perses de la Palestine et de la Syrie, occupé la Perse et dominé la Mésopotamie, il finit assassiné en 644 dans la mosquée de Médine, par un esclave persan, par vengeance privée. Choisi par un petit groupe de notables de Quraysh, Uthman’ ibn Affân’ lui succèda jusqu’à 656, année où lui-même mourut assassiné à la suite des premiers troubles civils éclatés à Médine entre les premiers prétendants à la succession. Omar ibn Al-Khattâb, calife exemplaire, fut plus qu’un conquérant doublé d’un administrateur juste, austère et brillant. Il instaura l’ère de l’Hégire [ 14 ], et fut le fondateur de la légendaire et prospère ville de Basra en Irak. Plaque tournante entre l’Inde, la Chine, l’Afrique et la Méditerranée, Bassora fut très célèbre par ses activités commerciales et intellectuelles au VIIIe et au IXe siècle. Il prépara surtout le chemin de Uthman’ ibn Affân, son successeur, qui fut le père éditeur du Coran. C’est sous son califat que se fixa le canon dit othmanien du Livre Sacré sur lequel repose le phénoménal rayonnement de l’Islam. Sans le génie brillant du troisième calife Uthman, le message de l’Islam aurait revêtu une autre forme littéraire. Les textes du recueil rassemblés, Uthman souleva une forte opposition en Irak et en Égypte et fut tué par un des frères de Ai’sha, qui lui contestait cette autorité. Ali, le quatrième, et dernier calife avant les Omeyyades, connut le même sort. Son mandat ne dura que cinq ans : il fut émiminé de la scène par Abdul Rahman ibn Muljam, alors qu’il faisait sa prière dans la grande mosquée de Kufa.

 

*

Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

 

Les Omeyyades de Damas : 661-750.

 

Califes de l’Islam, revendiquant l’autorité universelle, principale capitale : Damas.

 

Omeyyades ou Umeyyades : leur nom vient du calife Mu’âwiya ibn Abi Sufyan Ier, fondateur de la dynastie des Omeyyades. Il était le rejeton d’un certain Umayya, grand-oncle de Mahomet. Rompant avec la tradition des premiers califes traditionnels, Mu’âwiya introduisit le principe dynastique dans le califat, et fut, selon les termes d’Albert Hourani dans Histoire des peuples arabes, le jalon qui marque la fin d’une époque et le commencement d’une autre. Sa dynastie régna de Damas, le siège de son gouvernement et de ceux qui lui succédèrent sur l’ensemble de l’Empire musulman, de 661 à 750 ; puis sur l’Espagne de 756 à 1031, de Cordoue. L’épopée du seul survivant du massacre de la dynastie damascène des Omeyyades, Abd al-Rahman ibn Mu’âwiya (le seul qui a échappé à la fureur des Abbasides, laquelle « n’a épargné ni femmes ni enfants, allant jusqu’à déterrer les morts pour en disperser les os »), et de sa renaissance à Cordoue, six ans plus tard, est aussi belle que l’histoire d’Énée racontée par Virgile. ]

Les Omeyyades prennent le contrôle de l’Égypte pour la durée d’un siècle avant d’être supplantés par les Abbasides de Bagdad. Ces derniers vont se maintenir dans le pays pendant deux siècles. Basés en Tunisie, les Fâtimides les évinceront en 969 et étendront leur pouvoir sur toutes les provinces du Moyen-Orient.

Premier siège de Constantinople par les Arabes.

 

Le siège sera repris sans plus de succès en 717. Péril musulman en qui beaucoup de Byzantins commencent à flairer une sorte de châtiment que Dieu leur impose pour les punir d’être tombé dans l’idôlatrie des images, fixes ou mobiles, du Christ, de la Vierge et des saints. Depuis 633, les raids arabes leur avaient déjà fait perdre la Syrie, la Palestine, l’Égypte et la Berbérie. Le culte des figures et des représentations fut banni pour un temps, les images saintes détruites, avec interdiction formelle d’en exécuter de nouvelles. [ « Léon III l’Isaurien [717-741] fit enlever la représentation du Christ qui surmontait la porte du Palais impérial. Quatre ans plus tard, l’iconoclasme (doctrine opposée à l’adoration et au culte des images saintes) se répandit en Asie Mineure. Les images des saints, de la Vierge et du Christ dans les églises étaient impitoyablement détruites, et remplacées par de simples croix, tandis qu’on massacrait leurs partisans, les conodoules. » (Turquie, Guides Bleus, Hachette, 1996, page 223) Mais besoin religieux fortement ancré, depuis des millénaires, chez ces Romains, après plus d’un siècle de luttes vaines, la prohibition fut levée le 11 mars 843, premier dimanche de Carême, par l’impératrice Théodora. Cette fête mobile du retour des images continue d’être célébrée encore aujourd’hui comme celle du triomphe de l’orthodoxie. (Voir à ce propos le Nagel, Encyclopédie de Voyage, Turquie, 1988, page 68) ]

Mort de Ai’sha, fille d’Abou Bakr, épouse de Mouhammad. 

Sixième concile présidé par l’empereur Constantin IV, reprise du dogme de Chalcédoine : condamnation du monothéisme et restauration de l’orthodoxie religieuse.

10 octobre 680 :

Le schisme de l’Islam est consommé par la mort tragique d’Al-Hussein, fils de Ali ibn Abi Tâleb, tué au combat.

Expansion des Arabes en Afrique [ 15 ] et en Espagne. Déjà, en 674, les armées Arabes avaient assiégé et menaçé les murs de Constantinople comme jamais avant ne le fut la capitale chrétienne des empereurs d’Orient. En l’an 711, les armées Arabes sont présentes de Tolède à Lahore et Samarcande. Vers 750, l’Empire islamique atteignait des dimensions prodigieuses, s’étendant des portes de la France à la Chine.

Concile quinisexte de Justinien II : confirmation du dernier concile de Chalcédoine, et rupture définitive entre les Églises d’Orient (Les Grecs) et d’Occident (Les Latins).

Deuxième siège de Constantinople par les Arabes.

Querelle des Images (dite querelle iconoclaste au sein de l’Église de Constantinople).

« Constantinople, 730

      

« Après avoir, en 726, promulgué le premier édit condamnant le culte des images sacrées, l’empereur byzantin Léon III, dit l’Isaurien, convoque un concile à Constantinople. Cette réunion va prohiber comme idolâtre la représentation et la vénération des images saintes, et ordonner, en conséquence, la destruction des icônes dans toutes les églises de l’Empire, provoquant une guerre des images qui déchirera la Chrétienté pendant plus d’un siècle.

« La volonté iconoclaste de l’empereur a plusieurs origines. Tout d’abord, il s’agit d’une action religieuse. En effet, Léon III considère [influence de l’Islam?] que les images ont cessé d’être des symboles et ne sont adorées que pour elles-mêmes. Soutenu par la haute société éclairée, Léon III entend ainsi lutter contre les tendances idolâtres du peuple en s’appuyant sur les textes de la Bible. Mais ces raisons sont aussi des raisons politiques. En imposant ces mesures, Léon III veut lutter contre le pouvoir croissant des moines, dans le cadre d’une qurelle entre l’Église et l’État, et aussi soustraire l’Asie Mineure byzantine à la séduction de l’Islam, religion aux tendances aniconiques (le Coran interdit toute représentation.) En effet, depuis quelque temps, Byzance est en mauvaise posture face à l’expansion arabe. Le pape Grégoire III, soutenu par l’Occident tout entier, va se poser, comme son prédécesseur, en défenseur des images en réunissant à Rome, en 732, un concile qui condamnera l’iconoclasme. À Constantinople, le Théologien Jean de Damas [dit Jean Damascène, auteur de Source de la Connaissance] prend la tête des partisans d’images. » (Chronique de l’Humanité, Éditions Chronique, 1986, Page 294)

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

Les Abbasides : 749-1225.

 

Califes de l’Islam, revendiquant l’autorité universelle ; principale capitale : Bagdad.

 

Elle fut fondée pa Abu Abbas Al-Saffah, descendant d’Abbas, oncle du prophète. Hâroun Al-Rachid, qui régna de 786 à 809, fut un de ses plus brillants souverains. Ses victoires contre les Byzantins sont restées célèbres, ses relations amicales avec Charlemagne furent légendaires. ]

L’Égypte sous les Abbasides.

Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

Les Omeyyades d’Espagne : 756-1031.

 

Ils formèrent, grâce à un prince omayyade qui a survécu au massacre de Damas, leur propre califat dans la péninsule et étendirent leur pouvoir sur toute l’Espagne musulmane. Mais surtout, ils unirent dans un même État fédéré, après avoir les avoir soumises, toutes les provinces hispaniques islamisées.

 

« Plus importante pour l’histoire du monde musulman dans son ensemble, fut la voie séparée qu’emprunta l’Espagne, ou Al-Andalus, pour lui donner son nom arabe. Les Arabes y débarquèrent la première fois en 710 et y créèrent vite une province du califat, qui s’étendait jusqu’au Nord de la péninsule. Les premiers immigrants arabes et berbères furent rejoint par une seconde vague de soldats denus de Syrie. Ils devaient jouer un rôle important, car, après la révolution abbaside, un membre de la famille des Omeyyades parvint à se réfugier en Espagne et à y trouver des partisans. Une nouvelle dynastie omeyyade fut créée et régna près de trois cents ans –  mais ce ne fut qu’au milieu du Xe siècle que l’un de ses membres prit le titre de Calife.

« Dans leur nouveau royaume, les Omeyyades connurent la même évolution qu’autrefois en Orient. Une société où des Musulmans régnaient sur une majorité non musulmane se transforma peu à peu en une autre, où une partie considérable de la population acceptait la religion et la langue des souverains ; et un pouvoir qui, au, départ, agissait sur un mode décentralisé par la manoeuvre politique se mua en puissant État centralisé gouvernant par contrôle bureaucratique.

« Une fois de plus, une nouvelle capitale fut créée : Cordoue, sur le Guadalquivir. Le fleuve offrait une voie d’eau pour importer les denrées et matières premières nécessaire à l’alimentation et à l’industrie. Dans les plaines environnantes, le blé et les autres produits agricoles dont la ville avait besoin étaient cultivés sur des terres irriguées. Cordoue était aussi un carrefour routier et un marché où plusieurs régions échangeaient leurs produits. Et, une fois de plus, quand la dynastie se fit plus autocratique, elle se retira de la ville. Le monarque quitta Cordoue pour une cité royale, Madinat al-Azhar, à quelques distances de la capitale.

« Comme la Syrie, les Omeyyades, citadins dès leurs origines dans le Hedjaz, mirent leur pouvoir au service des intérêts des villes et des campagnes. […] Avec le temps, une partie de la population indigène se convertit aussi à l’Islam, et, à la fin du Xe siècle, les habitants d’al-Andalus étaient peut-être majoritairements musulmans ; mais côte à côte avec eux vivaient ceux qui ne se convertissaient pas : les Chrétiens, et une considérable population juive d’artisants et de commerçants. Les différentes communautés étaient soudées par la tolérance dont faisaient preuve les Omeyyades à l’égard des Juifs et des Chrétiens, et aussi par l’expansion de la langue arabe, devenue au XIe siècle celle de la majorité, Juifs et Chrétiens aussi bien que Musulmans. Tolérance, langue commune, longue tradition de particularisme politique : ces facteurs contribuèrent à créer une conscience et une société andalouse bien distinctes. » (Histoire des Peuples Arabes, Albert Hourani, traduit de l’Anglais par Paul Chemla, Éditions du Seuil, 1991, pages 68-70) ]

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

Les Rustémides : 779-909.

 

Algérie occidentale. ]

Deuxième concile œcuménique de Nicée, réuni par l’empereur Constantin IV et l’impératrice Irène pour trancher la querelle de l’iconoclasme. Ce concile aboutit au rétablissement à Byzance du culte des images (dit Premier Rétablissement des images sacrées par l’impératrice Irène).

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

 

La dynastie des Idrissides : 789-926.

 

Maroc. ]

 

Charlemagne [742-814] est couronné par le Pape Léon III empereur d’Occident. (Douze ans plus tard, Byzance, affaiblie par ses luttes permanentes contre les Musulmans arabes et la politique légendaire de Hârûn al-Rachîd, le calife de Bagdad, reconnaît le titre d’empereur à Charlemagne.)

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

 

La dynastie des Aglabides : 800-900.

 

Califes qui régnèrent en Tunisie, en Algérie et en Sicile.]

Les Vikings Danois ravagent et pillent l’Europe septentrionale, occidentale et méridionale tandis que les Vikings suédois désolent les côtes de la Baltique.

Charlemagne lance d’Auxerre, en Basse-Bourgogne, trois lignes de poste vers l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne.    

Second rétablissement du culte des images (par l’impératrice Théodora [ 16 ]).

*

Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Saffarides : 867-1500.

 

Est de l’Iran.]

*

 

Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Toulounides (ou Tûlûnides fondée par Ahmad ibn Tûlûn) : 868-905.

 

Égypte, Tripolitaine et Syrie.]

L’Égypte sous les Toulounides.

Harald le Blond réalise l’unification d’une grande partie de la Norvège.

L’Égypte de nouveau sous les Abbasides.

*

 

[ Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Fâtimides : 909-1171.

 

Maghreb (la Tunisie, l’Algérie et une partie du Maroc), Égypte et Syrie (Liban, Palestine et Syrie). ]

L’Égypte sous les Ikhchidides.

Les Fâtimides de Tunis, dynastie chiite des califes descendus de Fâtima, la fille du Fondateur de l’Isalm et de sa première femme Khadïdja, soumettent l’Algérie.

Fâtima est née à la Mecque en 6o6 de la première femme de Muhammad, Khadïdja, et morte très jeune, à l’âge de vingt-sept ans à Médine, en 633. Épouse de son cousin Ali, et mère de Hassan et de Hussein, les seuls descendants mâles de la lignée du prophète, elle est aujourd’hui divinisée par les Chiites à l’égal de la Vierge par les Chrétiens. ]

L’Égypte sous les Fâtimides.

 

Les Fâtimides, basés en Tunisie, s’emparent de l’Égypte. Ils installent le siège de leur autorité au nord de Fustat, la cité ancienne du Caire. Appartenant à la branche chiite, la famille régnante et les princes fâtimides de Tunis ne sont guère appréciés par la population égyptienne, à forte majorité sunnite. Du Caire, ils étendent leur domination à l’Arabie occidentale et à la Syrie, mais perdent vite la Tunisie. ]

Unification et christianisation du Danemark par Harald à la Dent Bleue.

Découverte de l’Amérique du Nord par les Vikings norvégiens installés en Islande.

Conquête de la Norvège et de l’Angleterre par le chef danois Sven Ier. Son fils, Canut le Grand, règne sur un vaste Empire.

Le Norvégien Olav impose la religion chrétienne à son pays. (Mort à la bataille de Stiklestad, il devient un héros national.)

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Turcs seldjoukides de Perse 17 ] : 1038-1194.

 

Iran et Irak, ils étendent ensuite leur domination en Asie Mineure, où ils crént, au détriment des Byzantins, le sultanat seldjoukide de Roum. Vaincus par les Mongols en 1243, ils perdront leur suprématie au profit de nouvelles tribus turques, parmi lesquelles s’imposera peu à peu celle des Ottomans. ]

Fondation, au fond de l’Olsofjord, de la ville d’Oslo par Harald Hârdrâde, demi frère d’Olav. (Détruite par un incendie en 1624, elle sera rebaptisée Christiana en l’honneur du roi Christian IV qui l’a reconstruite. Lorsque la Norvège moderne fut séparée du Danemark en 1814, elle devint la capitale du pays. Aujourd’hui, cette ville moderne dotée d’un riche passé est prête à devenir une des principales capitales du monde.)

Séparation des Églises latine et orthodoxe. (La première reste centrée autour de Rome, la seconde, dite Église d’Orient, se range derrière Byzance).

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Almoravides ou Al-Mourâbitouns : 1056-1147.

 

Magrheb et Espagne. ]

Prise d’Ani par les Turcs seldjoukides (possession byzantine en Arménie).

Première occupation de Césarée par les Turcs seldjoukides (région en Asie orientale occupée par les Arabes).

Défaite et capture de l’empereur byzantin « Romain IV Diogène » à Mantzikert, au Nord du lac de Van. Rome jubile, pour la première fois dans l’histoire, un empereur byzantin est prisonnier d’un souverain musulman. Les Turcs aussi, rien ne s’oppose plus à l’avancée des Seldjoukides en Asie Mineure.

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Turcs seldjoukides de Roum : 1077-1307.

 

Turquie centrale et orientale. ]

Occupation définitive par les Turcs seldjoukides de Césarée. (Elle sera ratachée à l’Empire seldjoukide de Perse sous le nom de Kayseri.)

Constantinople est assaillie par les Turcs, alliés aux Petchenègues, population de race turque. Mais ces derniers sont massacrés par les Coumans ameutés par l’empereur byzantin, Alexis Ier Comnène.

Première croisade : elle débarque en Terre sainte et fonde pour deux siècles le Royaume Latin de Jérusalem. Prise de la Ville sainte qui devient un Royaume attribué à Dodefroy de Bouillon.

Les Byzantins reprennent la Cilicie et la Syrie ; en 1108, Bohémond, prince franc d’Antioche, reconnaît la suzeraineté de l’empereur byzantin Alexis Ier.

Jean II Comnène conforte le succès de son père Alexis Ier en Orient et impose sa suzeraineté aux Balkans.

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Al-Mohâdes ou Al-Mouwahhidoûnes : 1130-1269.

Maghreb et Espagne. ]

L’Empire Al-Mohâde ou Al-Mouwahhidoûne, dynastie d’origine berbère, unifie le Maghreb et impose son sunnisme puritain sur toutes les villes de la côte nord-africaine ainsi qu’une grande partie de l’Espagne. Il déclina à la défaite de leur quatrième calife, en 1212, contre les Chrétiens de Las Navas de Tolosa, pour s’éteindre définitivement en 1269. (« Almohades : Princes d’une dynastie musulmane qui régna sur la Barbarie et sur une partie de l’Espagne de 1130 à 1273. » Dictionnaire encyclopédique, MM Larive et Fleury, 1897)

Fondation de Copenhague.

Les Francs en Égypte et intervention des Seldjoukides de Damas.

 

Ayant délogé les Musulmans des lieux saints et mis la Palestine à feu et à sang, les Chrétiens d’Europe occidentale pénètrent en Égypte. Les Fâtimides, de foi chiite, appellent à leur aide les Seldjoukides de Damas, de foi sunnite et défenseurs zélés du Sunnisme. Repoussés par les troupes de Damas, les Européens ne dépassent pas le delta du Nil. Cependant, dès leur arrivée au Caire, les Seldjoukides, Musulmans orthodoxes de confession sunnite, destituent leurs alliés chiites et les exilent du pays. Un de leurs chefs, devenu le maître des pays du Nil égyptien, Salâh Al-Dîn Al-Ayyoubi (dit Saladin par les Occidentaux,) excellent chef militaire d’origine kurde, restaure le Sunnisme orthodoxe dans la région et y fonde, en 1171, la nouvelle dynastie des Ayyoubides (du nom du père de Saladin : Ayyoub). Les descendants des Ayyoubides seront évincés à leur tour du pouvoir, après quatre souverains, par leurs anciens esclaves mercenaires, dits les Mamelouks d’Égypte]

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Ayyoubides : 1171-1260.

 

De la Tripolitaine au Tigre et des côtes de l’Arabie méridionale à l’Arménie, la Syrie, l’Égypte et une grande partie de l’Arabie occidentale.]

L’Égypte sous les Ayyoubides.

Défaite de l’empereur Manuel Ier à Myriokephalon : les Turcs conservent la Phrygie.

La politique ambitieuse de l’empereur byzantin est ruinée ; l’Armée, recrutée en partie parmi les grands propriétaires civils et religieux, avait engouti toutes les finances de l’État. Cette défaite de Myriokephalon va précipiter l’effondrement de l’Empire. ]

Ralliement des Chrétiens Maronites du Mont-Liban, de la Palestine et de la Syrie à l’Église de Rome, et renforcement des liens entre la communauté maronite et les Francs. Les Croisés, venus conquérir la Syrie et la Palestine au nom du Tombeau du Christ, trouvent en eux les meilleurs alliés.

Salâh Al-Dîn Al-Ayyoubli, dit Saladin [1138-1193], reprend Jérusalem de la main des Croisés. Il réunit sous son autorité la Mésopotamie, sa terre natale, le Hedjaz, la Syrie et toute l’Égypte, et devient le champion du Djihad (l’équivalent de la guerre sainte des Croisés). Comme la guerre entre l’Orient et l’Occident reprenait sans cesse à propos de Jérusalem, une paix de compromis, conclue en 1192 entre lui et les Francs (soutenus par Byzance,) laisse à Saladin Jérusalem, la Palestine et la Syrie intérieures, et aux Francs presque la totalité des villes côtière de la Méditerranée orientale.

Quatrième croisade, et prise de Constantinople par les Croisés, déviés de leur but premier. Après sacs, massacres, viols et pillages, ils substituent à l’Empire byzantin un Empire latin d’Orient avec, pour premier empereur, Baudouin Ier.

Devenue la capitale de l’Empire latin, Constantinople sera reprise en 1261 par Michel VIII, empereur byzantin de Nicée depuis 1258. Se proclamant alors empereur de Nicée et de Constantinople, les deux royaumes de ses pères, Michel VII Paléologue sera le dernier fondateur de la dernière dynastie byzantine : la dynastie des Paléologues. Elle règnera pendant deux siècles avant la chute définitive de Constantinople devant les Turcs ottomans. ]

Construction des églises en bois debout de Norvège et des premières églises de pierre en Suède : Uppsala et Lund. La Suède conquiert la Finlande et y répand le Christianisme. Fondation de Stockholm (1255).

Création et règne de l’Empire latin de Constantinople, fondé par les Croisés.

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Hafsides : 1228-1574.

 

Tunisie et Est de l’Algérie. ]

[ Textes sur les Droits de l’Homme en Grande-Bretagne. ]

La Magna Carta du roi d’Angleterre Jean sans Terre, garantissant aux barons anglais leurs privilèges féodaux.

Grande ruée des hordes mongoles de Gengis-Khan en Perse.

Sous prétexte de lutter contre l’erreur au sein du Christianisme, esprit de réforme religieux que l’Église catholique nomme hérésie, la papauté organise l’Inquisition, organisme judiciaire ecclésiastique d’une rare intransigeance romaine et férocité dans la procédure.

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

Les Mamelouks : 1250-1517.

 

Sultanat dynastique en Égypte et en Syrie.

 

Ayant évincés les Ayyoubides d’Égypte, les Mamelouks fondent leur sultanant en 1250. Ils vont occuper le pays du Nil jusqu’à 1517, date où leur trône sera détruit par Sélim Ier, le neuvième sultan de la dynastie turque. Éparpillé alors dans les provinces de l’Empire ottoman, leur pouvoir refera surface à la fin du XVIIIe siècle. Il disparaîtra alors définitivement, après de brèves victoires contre les Ottomans, à la chute de Napoléon, dont une partie s’était ralliée à lui et l’avait suivi en France après sa fulgurante campagne d’Égypte. Le 1 mai 1811, un mercredi, les chefs mamelouks restés en Afrique, environ trois cent commandants, seront tous massacrés par Mohammad Ali (vassal albanais de la Sublime Porte, nommé vice-roi d’Égypte,) lors d’un dîner en leur honneur dit « Le Massacre des Mamelouks. » ]

L’Égypte sous les Mamelouks Bahrites [ 18 ].

Naissance, à Florence, de Dante Alighieri.  

Rencontre de Dante, à Florence, de Béatrice Portinari, jeune fille de neuf ans qui lui inspire un amour immortel. Il la chantera dans la Vita Nuova (la Vie Nouvelle) ; et c’est elle qui, dans La Divine Comédie, guidera le poète, après Virgile, vers le cercle divin.

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Ottomans : 1281-1922.

 

Chefs de tribus turques, rois de provinces byzantines en Asie, sultans, puis sultans-califes en Turquie (Constantinople, devenue la capitale de l’Empire ottoman proprement dit, est alors baptisée Istanbul). Son expansion moyenne englobe les Balkans, la Grèce, les provinces occidentales du Caucase (de Tiflis en Géorgie à Bakou en Azerbaïdjan, jusqu’à Hamadân en Iran), la Mésopotamie, l’Irak, une partie de l’Iran (le croissant occidental de la Perse allant de la mer Caspienne au golfe Persique), l’Égypte, l’Afrique du Nord (Algérie et Tunisie), Chypre, la Péninsule arabique (Hedjaz et Yémen), et tout le Proche-Orient (Liban, Syrie, Palestine). ]

Scission entre Guelfes noirs et les Guelfes blancs à Pistoie, puis à Florence, les uns partisans du pouvoir du pape en Italie, les autres partisans de l’empereur (prince allemand de la famille Hohenstaufen). Profitant du conflit entre papauté et Empire, qui va se poursuivre tout le XIVe siècle, les deux villes de Lombardie et de Toscane accroissent leur puissance et leur prospérité, permettant l’émergence d’un nouvel âge de peinture et de sculpture initié par des artistes comme Duccio et Giotto, tandis que Dante et Pétrarque jettent les fondements de la littérature italienne.

Mort de Béatrice.

Dante prend, jusqu’à son exil en 1302, une part active à la vie politique de Florence.

Célébration triomphale du premier jubilé à Rome.

La Finlande devient suédoise : le suédois devient la langue officielle est Turku la Capitale. Toutefois la Carélite, province orientale de la Finlande, sera partagée entre la Suède et la Russie à la suite de la paix de Pähkiäsaari de 1323.

Dante Alighieri, après avoir été prieur de la ville de Florence, est envoyé comme ambassadeur auprès du pape Boniface VIII.

 Aidés par Charles d’Anjou, les Guelfes noirs (partisans du pape), expulsent les Guelfes blancs (parmi lesquels figure Dante Alighieri).

Le pape Boniface VIII proclame la bulle Unam Santam. Élargissant sa souveraineté spirituelle, le pontife affirme sa suzeraineté sur tous les souverains Chrétiens, même dans les questions temporelles.

27 janvier 1302 :

Dante est frappé d’une sentence de bannissement par le pape Boniface VIII. Le 10 mars, il est condamné au feu. Refusant à chaque amnistie papale de se plier aux conditions mises à son retour, il ne devait plus jamais revoir Florence et mènera, à partir de 1304, une vie errante.

Mort à Rome du pape Boniface VIII à la suite de l’attentat d’Anagni un mois plus tôt.

Élection du premier pape d’Avigon. Grâce à la politique de Philippe IV le Bel, ennemi juré de Boniface VIII qui voulait s’ingérer dans les affaires françaises, Clément V est élu au Vatican chef de l’Église Catholique romaine, et s’installe en Avignon à parir de 1309.

Dante : La Divine Commédie.

 

Fresque allégorique d’un mélange de style extraordinaire, ce chef-d’oeuvre universel est considéré comme le miroir parfait de l’humanisme chrétien médiéval. Composé de trois fois trente-trois chants, plus un chant d’introduction, il comprend l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis. Conduit par Virgile, le poète parcourt les neuf cercles concentriques du monde infernal, allant ainsi de Jérusalem au centre de la Terre. Son Purgatoire comprend sept terrasses, formant montagne, au sommet de laquelle s’étend le merveilleux plateau du paradis terrestre. C’est là que Dante rencontre sa Béatrice et s’envole avec elle à travers les neuf sphères du Paradis, jusqu’à l’empyrée. Dans sa vision de l’enfer, Dante se venge comme peuvent les poètes, on le voit réserver un châtiment de choix aux papes corrompus comme Boniface VIII. ]

Mort du pape Clément V le 20 avril, et du roi Philippe IV le Bel en novembre.

Élection papale de Jean XXII, deuxième pontife de France et premier pape de Lyon.

Mort de Dante Alighieri à Ravenne.

 

Précurseur de son temps, Dante Alighieri, le poète réformateur italien, fut aussi l’un des premiers théologiens chrétiens à avoir affirmer l’idée de l’autonomie du pouvoir politique par rapport au pouvoir spirituel, que le souverain pontife doit excercer dans le seul but de reconduire l’Église à la simplicité évangélique.]

Avènement du deuxième sultan ottoman : Orkhan, fils du Grand-conquérant turc Osman Ier.

Début de la guerre de Cent Ans, entre la France et l’Angleterre.

La peste emporte un tiers de la population scandinave.

Transmise en Italie depuis 1347, par des marins génois arrivant de la mer Noire, la peste commence ses ravage dans la péninsule. Elle tue plus d’un tiers de la population, frappant épisodiquement la péninsule jusqu’au XVIe siècle.

Avènement du troisième sultan : Murat Ier, fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier. (Il est le premier souverain de la dynastie ottomane à porter le titre de sultan.)

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Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

Les Timurides : 1370-1506.

 

Asie centrale et Iran. ]

L’Égypte sous les Mamelouks Circassiens, dits Burjites.

Le sultan Murat Ier s’empare de Sofia.

Quatre ans plus tard, il mourra assassiné par un Serbe sur le champ de bataille de Kossovo. Ce fut lui, Murat Ier, qui fonda le célèbre coprs des Janissaires (Yeni çeri 19 ]). ]

Margrethe de Danemark [ 20 ] devient reine de Danemark, de Norvège et de Suède.

Avènement du sultan Bâyazid (dit Bajazet Ier en Occident).

Vassili Ier, fils de Dimitri Donskoï, succède à son père en Russie.

Règne du quatrième sultan, Bâyazid Ier, fils de Murat Ier, fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier.

En 1402, à la bataille d’Ankara, Bâyazid Ier est vaincu et fait prisonnier par Tamerlan qui a envahi l’Anatolie. La défaite d’Ankara, entraîne une lutte fratricide de dix ans pour la succession au trône entre ses cinq fils : Suleyman, Moussa, Mehmet, Issa, Mustafa. C’est Mehmet qui l’emportera et règnera sous le nom de Mehmet Ier. ]

Le roi de France Charles VI est saisi par la folie lors d’une campagne en Bretagne.    

Avènement du cinquième sultan ottoman, Mehmet Ier, troisième fils de Bâyazid Ier, fils de Murat Ier, fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier.

 

[Devenu sultan, Mehmet Ier rétablit lentement l’État ottoman déchiré par ses luttes fratricides pour le pouvoir. En mourant, il lègue à son fils Murat II un trône fort de son unité politique et territoriale retrouvées. Celui-ci, suivant ses pas et son exemple, agrandira le territoire ottoman en Europe.]

Avènement du sixième sultan, Murat II, fils de Mehmet Ier (troisième fils de Bâyazid Ier, fils de Murat Ier, fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier).

Naissance à Paris du poète François Montcorbier, dit Villon, l’auteur des « Balaldes en Jargon et Jobelin », Ballade de la gorsse Margot, Le Testament, Ballade à s’amie, Ballade des Dames du temps jadis, et de la célèbre épitaphe qui porte son nom, dite la « Ballade des pendus ». (Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les coeurs contre nous endurcis, Car se pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous merci…)

La guerre civile sévit en France, Paris est toujours sous l’occupation anglaise. À Rouen : supplice et mort présumée de Jeanne d’Arc sur le bûcher.

Capturée par les Bourguignons, la Lorraine de dix-neuf ans est jugée et condamnée comme hérétique et comme sorcière par un tribunal ecclésiastique, présidé par l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon. Le procès s’est déroulé selon le rite inquisitionnel : huis clos, pas d’avocats, menace de torture et épuisement psychologique… Jeanne subit son procès avec courage, répondant aux questions avec bravoure, simplicité et finesse. Seulement, dans un instant de faiblesse, elle abjure sa vision puis se rétracte aussitôt. Elle est immédiatement déclarée « relapse » par le Tribunal. Et c’est sur la place du Vieux-Marché de Rouen, où le peuple ni Charles VII n’intervient, que, tête cagoulée, se déroule le supplice de la Lorraine. Béatifiée par le pape Pie X en avril 1909, Jeanne d’Arc sera canonisée par le Pape Benoît XV en 1920. ]

Premières Bibles imprimées par “l’immortel inventeur de l’imprimerie,” Johannes Gensfleisch, dit Gutenberg [1400-1468]. À partir de 1450, il mit au point la technique typographique et imprima, grâce aux capitaux d’un commanditaire, Johann Fust, une Bible à 36 lignes et divers autres ouvrages. En 1455, alors qu’il achevait la Bible à 42 lignes, il perdit un procès contre son commanditaire qui l’accusait de ne pas tenir ses engagements. Sa société fut dissoute, son matériel rendu, mais l’imprimeur repris ses travaux grâce à l’aide d’un autre associé, Peter Schöffer. En 1465, Gutenberg fut anobli par l’archevêque de Mayence, qui lui redonna le moyen de continuer ses activités. Le Monde des lettres lui doit le premier livre imprimé, et les temps modernes la richesse et la facilité des échanges intellectuels. “C’est à tort qu’on a contesté à Gutenberg le mérite de cette admirable invention qui devait bouleverser le monde. Malgré l’obscurité qui règne sur cet art, on est fondé de croire que Gutenberg imprima d’abord sur des planches de bois fixes un petit vocabulaire dit Catholicon, qu’il employa ensuite des caractères mobiles métalliques. Parmi les ouvrages dont l’impression lui est attribuée, on cite la fameuse Bible de trente-six lignes, à deux colonnes, commencée peut-être à Strasbourg, et le Psautier de Mayence, 1457.” (MM. Larive et Fleury, Dictionnaire français illustré des Mots et des Choses, 1897)

Avènement du septième sultan ottoman, Mehmet II, fils de Murat II, fils de Mehmet Ier (troisième fils de Bâyazid Ier, petit-fils d’Orkhan, fils d’Osman Ier).

C’est lui, Mehmet II, qui va prendre Constantinople.

Naissance de Christophe Colomb à Gênes, et d’Isabelle la Catholique  à Madrigal de las Altas Torres, en Espagne.

Naissance à Ferrare, en Italie, de Jérome Savonarole (Girolamo Savonarola). Prédicateur célèbre qui a enflammé Florence et divisé les Florentins, excomunié par le pape Alexandre VI (Rodrigo Borgia), il mourra sur le bûcher en 1498 (voir article plus bas).

Naissance à Vinci du peintre, architecte et sculpteur italien, Léonard de Vinci.

Fin de la guerre de Cent Ans.

Prise de Constantinople par Mehmet II. Début de l’âge d’or de l’Empire ottoman.

Après sept semaines de combats incessants et de siège légendaire, Constantinople, trahie par ses alliés, est prise par le sultan Mehmet II. Cette victoire met définitivement fin à l’Empire byzantin, et sa capitale, qui se voulait la « Nouvelle Rome » est bâptisée Istanbul par le Fatih musulman. Après la prise de Mistra en 1460, l’Empire grec d’Orient, autre nom de Byzance [ 21 ], disparaît définitivement au profit de l’Empire ottoman, avec la prise de Trébizonde [ 22 ] par les Turcs en 1461. Ces derniers, en devenant maîtres de Constantinople, le cœur liturgique et siège administratif de Byzance, héritaient de tout l’Empire chrétien orthodoxe, affaibli par ses luttes intestines, ses guerres régionales et ses rivalités dogmatiques avec Rome (ou mieux dit, ses déchirures théologiques avec l’Occident latin qui avait Rome pour capitale religieuse.)

« Constantinople aux mains des Turcs

« Le jeune sultan ottoman Mehmet II, âgé de 21 ans, arrive au début de l’après-midi devant la majestueuse basilique Saint-Sophie, montant un cheval blanc. Il s’adresse alors aux milliers de Byzantins qui prient en larmes depuis que, le matin même, les troupes turques ont investi la ville : « Je proclame solennellement que vous n’avez rien à craindre ni pour votre vie ni pour vos biens. Vous continuerez à vivre dans cette belle cité, sereinement, en tant que sujets de l’Empire ottoman. » Enfin, le voilà maître de Constantinople, ville fabuleuse qu’il envisageait de prendre depuis longtemps déjà. Il savait que, pour conquérir Byzance, il fallait d’abord en bloquer l’accès du côté maritime. Le jeune sultan avait commencé par faire construire, à l’endroit le plus étroit du Bosphore, sur la rive européenne, une forteresse d’où il pouvait surveiller, et le cas échéant, empêcher, toute circulation dans le détroit. D’autre part, il avait installé des troupes du seul côté terrestre de la cité, face aux immences murailles. Et enfin, devant l’impossibilité de pénétrer la Corne d’Or à cause de l’énorme chaîne qui en barrait l’entrée, il y avait introduit soixante-sept de ses navires de guerre après les avoir fait glisser par un fossé creusé sur plusieurs kilomètres de long à travers la terre. Mais les vaillants défenseurs de la ville n’ont pas pu résister, ce matin du 29 mai 1953, devant le violent assaut donné par les Turcs qui, en quelques heures seulement, ont occupé Constantinople. » (Chronique de l’histoire, Atatûrk, Éditions Chronique, 1988, page 9)

Duel de Villon avec le prêtre Philippe Sermoise dans le quartier Saint-Benoît, à Paris. Prappé et blessé, le poète riposte d’une rime égale et blesse grièvement l’homme de robe, qui mourra le lendemain, en pardonnant à son meurtier “pour certaines causes qui à ce le mouvaient.”Villon s’enfuit. C’est le départ d’une longue série de frasques, de crimes et de délits, de lettres de rémissions et de récidives dignes de potence. Affilié à une terrible bande de coquillards, protégé par des princes puissants, grands amateurs de poésie, villon est maintes fois arrêté, jugé et condamné “a estre pendu et estranglé”. Glissant à chaque fois comme anguille du noeud fatal, il disparaît pour toujours en 1463 après une dernière cassation en sa faveur.

Naissance à Vercelli, ville d’Italie sur la Siessa, de Mercurino Gattinara (futur Chancelier de toutes les terres et royaume du roi), qui fut à Charles Quint ce que Bismarck sera à Guillaume Ier de Prusse. Homme de confiance et ami de l’Empereur germanique, c’est lui qui va modeler, de 1518 à sa mort en 1530, les vastes idées politiques de son souverain.

Naissance à Rotterdam, aux Pays-Bas, de Didier Érasme (Desiderius Erasmus).

Naissance à Florence, en Italie, de Niccolo Machiavel.

Naissance à Nuremberg, aujourd’hui en Allemagne, du peintre et graveur allemand Albrecht Dürer.

Isabelle, reine de Castille.

Les Turcs ottomans prennent Caffa (de son nom actuel Théodosie ou Feodossia, ville de la République autonome de Crimée, en Ukraine).

Sandro Botticelli (Sandro di Madriona Filipepi [1445-1510]), peint Le Printemps.

Institution de l’Inquisition en Espagne.

Naissance à Sabrosa, du navigateur portugais Fernand de Magellan (Fernâo de Magalhâes).

 

Naissance cette même année à Vicence d’Antonio Pigafetta (« marin et chroniqueur italien du XVIe siècle, il a participé sous les ordres de Magellan, puis Juan Sebastian Elcano au premier voyage autour du monde et nous en a laissé la chronique la plus complète et la plus célèbre, celle sur laquelle se basent tous les travaux relatifs au voyage de Magellan. » Wikipedia) D’autres chroniqueurs donnent 1491 pour la date de naissance de Pigafetta, voir note plus pas : 1491. ]

Les Turcs sont chassés d’Otrante (commune de la province de Lecce dans les Pouilles, en Italie).

Naissance de Martin Luther et de Raphaello Sanzio (dit Raphaël).

Naissance, à Séville, de Bartolomé de Las Casas. Le premier prêtre historien à avoir dénoncé la barbarie des colonisateurs espagnols aux Antilles et en Amérique. Luttant, comme personne ne le fit, contre l’injustice et l’inhumanité hostile des nouveaux maîtres, il prit la défense des Indiens réduits à l’esclavage.

Sandro Botticelli exécute La Naissance de Vénus.

Première entrevue de la reine de Castille avec Christophe Colomb.

Naissance à Pieve di Cadore, en Italie, de Tiziano Vecellio, dit le Titien.

Naissance à Vicence (ville de l’Italie du Nord-Est, en Vénétie) d’Antonio Pigafetta. L’auteur italien du pénible et merveilleux voyage de Magellan autour du Monde, auquel il paticipa. (D’autres chroniqueurs supposent que Pigafetta serait né la même année que Magellan. Voir note 1480)

Grenade (la ville musulmane fondée en 756 par les Arabes en Andalousie, au pied de la sierra Navada, et capitale du Royaume Musulman de Grenade au XIIIe siècle) est prise par les Rois catholiques. Avec elle, la dernière région musulmane d’Espagne succombait aux armées de Ferdidand et d’Isabelle.

Naissane à Angoulème de Marguerite de Navarre.

« Fille de Charles d’Orléans, comte d’Angoulème, et de Louise de Savoie, sœur de François Ier auquel elle était très attachée, elle épousa Charles, duc d’Alençon (1509), puis Henri d’Albert, roi de Navarre (1527). Elle était une des femmes les plus instruites de son temps et fit de sa cour de Navarre un des foyers de l’humanisme. Fervente chrétienne, séduite par la Réforme [ 23 ], elle encouragea Lefèvre d’Etaples, connut Calvin, protégea les protestants. Parmi les érudits et les écrivains qui l’entourèrent, on peut citer : Robert Estienne, Bonaventure De Périers, MarotRabelais, qui lui dédia le Tiers Livre. Elle même écrivit, et son œuvre la plus célèbre est l’Heptaméron. » (Le Petit Robert 2, Dictionnaire de Culture Générale, 1991)

Embarqué le 3 août, le navigateur génois Christophe Colomb, contournant l’Afrique pour se rendre aux Indes, dérive avec sa flotille, franchit l’Atantique et touche une île appelée Guanahani par les indigènes : l’Ancien Monde venait de découvrir le Nouveau Monde grâce à un fils de tisserand à qui ses souverains vont donner beaucoup de fil à retordre. Le 28 octobre, il touche Cuba, le 6 décembre, l’île de Haïti qu’il nomme Hispaniola.

Cette même année, au couvent de Steyn, près de Gouda, l’huamniste Didier Érasme est ordonné prêtre.

Naissance à Chinon, village du Nord-Ouest de France, de François Rabelais (cet autre navigateur qui allait traverser par son érudition et son comique raffiné, l’Ancien Monde du langage, et conquérir un Continent littéraire d’une richesse d’esprit et de vocabulaire encore inégalée).

Naissance à Cahors, aux pieds des Causses du Quercy, de Clément Marot (poète et Calviniste convaincu, proche de Marguerite de Navarre : il connaîtra l’exil et une mort solitaire à Turin, en Italie, en 1544).

Second voyage de Colomb en septembre 1943. Arrivée en septembre de la flotille dans les Petites Antilles, Porto Rico. Première exploration de Cuba par les Espagnols colombins en 1494. Alors que commence l’explotation de Haïti/Hispaniola, envoie en 1495 d’une cargaison d’esclaves indiens en Espagne. Révolte et massacres des indigènes sur l’Hispagnola. Mars-juin, retour de Christophe Clomb en Espagne. Confirmation des privilèges de Colomb dans le Nouveau Continent, que les Espagnols continuent de nommer les Indes.

Départ de Lisbonne du navigateur portugais, Vasco de Gama [1469-1524], vers Calicut (aujourd’hui Khozikode, au Sud-Ouest de l’Inde). Après avoir doublé le cap de Bonne Espérance le 22 novembre 1497, il arrive, grâce au concours d’un Arabe, à destination de Calicut en mai 1498. Gama aurait été le premier Européen à avoir atteint l’Inde par mer.

Exécution du prédicateur italien Jérome Savonarole.

« Entré chez les Dominicains de Bologne, il commença par prêcher sans grand succès dans plusieurs villes d’Italie, avant de devenir prieur du couvent San Marco de Florence (1491). Ses sermons furent écoutés par des milliers de Florentins qu’il exhortait à la repentance et auxquels il prophétisait la venue d’un Cyrus des temps modernes. Après l’invasion de l’Italie par Charles VIII, il s’imposa rapidement comme chef politique, instaurant à Florence un régime à la fois théocratique et démocratique, remaniant la constitution, la justice et les finances, réformant les mœurs (abandon des fêtes profanes, ‘bûchers de vanité’). Son austérité et son intransigeance finirent par diviser les Florentins en arrabbiati (‘enragés’ qui lui étaient hostiles) et piagnoni (‘pleureurs’, ses partisans). Ses attaques contre le Pape Alexandre VI (Borgia) lui valurent d’être convoqué à Rome (il ne s’y rendit point), puis excommunié. Les arrabbiati attaquèrent le couvent San Marco ; Savonarole fut condamné à mort, pendu, puis brûlé avec deux de ses partisans. » (Le petit Robert, Dictionnaire de la Culture Générale 2, 1991)

« Moine italien de l’ordre de Saint-Dominique qui tenta de réformer la discipline ecclésiastique et la société. Il établit dans Florence, où il domina despotiquement pendant trois ans, un gouvernement démocratique outré, proscrivit l’art et le savoir de la Renaissance et fut brûlé vif après avoir été abandonné par ses partisans. » (Dictionnaire Français Illustré des Mots et des Choses, ou Dictionnaire Encyclopédique des Écoles, des Métiers et de la Vie Pratique, par MM. Larive et Fleury, Éditions Georges Chamerot, 1897)

Troisième voyage de Christophe Colomb, découverte du Continent, et guerre civile à bord de l’Hispagnola.

Didier Érasme : Premier Adages.

Naissance à Gand (ville de Belgique dans la Région flamande), de Charles de Gand, fils de l’archiduc d’Autriche Philippe le Beau et de Jeanne la Folle [ 24 ] : le futur Empereur germanique Charles Quint. 

Le navigateur portugais Pedro Alvarez Cabral découvre le Brésil.

Arrivée à Hispagnola (Haïti) de Francisco de Bobadilla : Christophe Colomb (accusé par Bobadilla au nom de la reine Isabelle de violence envers les Indiens et de traite des esclaves) est renvoyé enchaîné en Espagne. Il perd définitivement les « Indes ».

*

 

Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Safavides (ou Séfévides) : 1501-1732.

 

Iran, Irak, Arménie, Azerbaïdjan. Fondée par Shah Isma’îl, chef de tribus chiites. Son plus grand souci, ayant conquis l’Azerbaïdjan, l’Arménie et l’Irak, régner sur une Perse Unie, libérée des Arabes, des Turcs et des Mongols. Tabriz devint la capitale de cet empire qui s’étendit de l’Irak à l’Oxus et de Bakou au golfe Persique. Chah Abbas le Grand fut le plus célèbre des Safavides, il régna de 1581 à 1628. Il réorganisa l’armée, s’empara d’une partie de l’afghanistan, chassa les Portugais du golf Persique et reprit Bagdad aux Turcs ottomans. Il fit du Chiisme la religion d’État, tout comme les Sassanides l’avaient fait pour le Mazdéizme. Il fit d’Isphahan sa capitale, l’enrichit de palais, de souks, de mosquées, de jardins, de caravansérails pour les marchands et les voyageurs, et en fit la plus ville d’Orient. ]

Quatrième et dernier voyage de Colomb (en novembre 1504 il est de retour en Espagne à San Lúcar).

Mort d’Isabelle la Catholique, reine de Castille.

Mort prématurée de l’archiduc d’Autriche, Philippe Ier le Beau, père de Charles de Gand. Charles de Gand souverain des Pays-Bas.

Mort dans la solitude et la misère de Christophe Colomb, à Valladolid (ville d’Espagne).

Léonard de Vinci [1452-1519] peint La Joconde (Paris, Musée du Louvre).

Michel-Ange [1475-1564] peint la fresque de la chapelle Sixtine, au Vatican : voûte gigantesque de 40 mètres de long et de 13 mètres de large qu’il achèvera en 1512.

Naissance à Noyon, ville au Nord-Ouest de la France, de Jean Calvin.

 

Chef-lieu de canton de l’Oise, Noyon est une ville historique, célèbre pour sa Cathédrale et ses évêques. Une inscription de la fontaine de la place de l’Hôtel-de-Ville, rappellait encore aux visiteurs du début du siècle dernier, que là fut inhumé Chilpéric II [fils de Childéric II], battu par Charles Martel qui arrêta les Musulmans d’Abdel Rahmân’ à Poitiers en 732 ; Charlemagne sacré en 768 ; et Hugues Capet élu roi de France en 987.

Son père est greffier de la ville, ainsi que l’agent fiscal et le secrétaire de l’évêque du canton, position qui favorisa la carrière de ses enfants, et notamment celle de Jean Calvin. Très tôt, favori du prélat, Calvin quitte Noyon pour Paris, où le futur réformateur se destine à une carrière ecclésiastique. Un choix où son père y avait un doigt. Mais bien que pourvu très jeune de ce bénéfice ecclésiastique, et nommé à une cure à dix-neuf ans, Calvin ne reçut jamais les ordres. Ayant fini ses études de lettres et de philosophie, conseillé par son père qui le veut plus tard à ses côtés, il va étudier le droit à l’Université d’Orléan, puis à celle de Bourges, enfin il se consacre à l’étude de la Théologie, du grec et des langues sémitiques au Collège royal. Dès son retour à Paris en 1532, Calvin est bientôt obligé d’en sortir à cause de la hardiesse de ses idées. Comme le moine allemand Luther, il proteste avec véhémence contre le trafic des Indulgences, et veut réformer le Christianisme fourvoyé par l’Église romaine. Il se retire d’abord à Angoulême, puis à Nérac, à la cour de Marguerite de Navarre qui accueillait alors tous les Protestants (que les Catholiques de France appelaient alors les Huguenots. Probablement à cause de Hugues Capet, premier roi de la dynastie des Capétiens, qui fut proclamé roi à Noyon, la ville où naquit Calvin?) Son oeuvre de prédicateur réformiste, commencée à Paris en 1535, gagna vite, grâce à sa protectrice royale, un immense succès en France et dans toute l’Europe protestante [ 25 ].

Éloge de la Folie (Didier Érasme).

 

*

Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

Les Saadiens ou les Sa’dides : 1511-1659. (Dates à revoir… Article à développer…)

Maroc ]

Bâyazîd II, déposé par les Janissaires, cède le pouvoir à son fils Sélim Ier.

 

Michel-Ange sculpte Moïse.

Machiavel (Niccolo Machiavelli [1429-1527]), le premier théoricien de l’unité nationale de l’Italie, compose son célèbre traité politique : Le Prince ! Dédié au petit-fils de Laurent le Magnifique, Laurent II de Médicis, dans lequel il exhorte le prince à prendre la tête de la résistance italienne contre les Barbares qui ont envahi l’Italie, le traité sera publié en 1532, cinq ans après sa mort. [ C’est un des traités le plus critiqué par ceux qui l’ont étudié en dehors de son contexte, où Machiavel discute de ce qu’il n’a pas eu le génie, la ruse ou le courage de faire contre ses propres tyrans ingrats. L’aurait-il eu, qu’il n’aurait pas été banni par les Médicis, ces véritables Machiavel dont son Prince n’était qu’une pâle image : Est-ce qu’on apprend à faire des grimâces à un vieux singe ? Et qui se propose simplement le pauvre dixième de ce que tous les souverains et les politiciens, tous les Médicis et les Borgia réalistes de ce Monde font d’instinct et n’osent pas avouer. Aussi croit-on, que son dédicataire ne l’a certainement jamais lu. ]

Les Portugais en Chine.

Las Casas à Cuba décide de consacrer sa vie à la défense des Indiens.

François Ier, roi de France. .

Marot publie ses premiers vers dans la tradition du Roman de la Rose et des Rhétoriques : Le Temple de Cupido, suivi de rondeaux, ballades et chants royaux qu’il adresse à François Ier(« Le roi amusé, recommande Marot à sa sœur Marguerite d’Alençon, future reine de Navarre. » Lagarde et Michard XVIe siècle, Édition Bordas)

Charles de Gand, souverain des Pays-Bas, est proclamé roi d’Espagne sous le nom de Charles Ier.

Conquête de la Palestine par les Ottomans. Jérusalem et les provinces palestiniennes font désormais partie, pour quatre siècles, de l’Empire ottoman. Administré par un vassal désigné par le grand-vizir ou le sultan, le Pachalik de Palestine aura tantôt Gaza tantôt Jérusalem pour capitale. (Occupée en 1916 par les troupes arabes de l’émir Feysal, les Britanniques s’empareront de Jérusalem en 1917, forçant les Turcs ottomans à capituler.)

Thomas More publie L’Utopie.

Le sultan ottoman Sélim Ier bat les Mamelouks et occupe l’Égypte.

Le moine augustin Martin Luther [1438-1546], publie à Saxe ses 95 thèses dans lesquelles il condamne la pratique des indulgences et récuse la supériorité spirituelle du pape de Rome. Rejettant le rôle usurpé du Clergé, le culte des Saints et la Confession, ses thèses affirment que la Révélation se trouve toute entière dans la Bible. La rupture de Luther avec Rome sera consommée en 1521 :

« Excommunié et mis au ban de l’Empire par la diète de Worms, Luther brave l’excommunication de Léon X et les décisions de la diète de Worms, et gagne à sa cause une foule de princes et une partie de la population. » (Dictionnaire Encyclopédique, Larive et Fleury, 1897)

Le mouvement luthérien déclenché en 1517 ne peut plus être arrêté. Mais la réforme religieuse de Martin Luther eut un autre effet, totalement inattendu.

« Martin Luther ne se voulait pas ni écrivain ni grammairien ; il a pourtant, dans l’histoire de la littérature et de la langue allemande, une place de premier plan, non seulement à cause des bouleversements que les idées de la Réforme ont apporté dans la vie intellectuelle et religieuse allemande, mais aussi par sa propre oeuvre littéraire, abondante et variée, puisqu’on y trouve même des poésies, des chants d’Église sur des mélodies profanes et des fables imitées d’Ésope. Son rôle a été particulièrement important pour l’évolution de la langue : s’il n’est pas vraiment le père de l’allemand moderne comme on l’a volontiers affirmé, il n’en a pas moins fait progresser la langue allemande commune en train de se constituer à cette époque grâce aux chancelleries et aux progrès de l’imprimerie. Le souci d’être compris du plus grand nombre, la rage de convaincre et de convertir ont guidé Luther non seulement dans le choix du matériau linguistique, mais aussi dans son style. Imagé, direct, populaire, violent dans l’invective, il était loin de la pédante lourdeur de l’allemand des humanistes. La traduction de La Bible par Luther, à laquelle il a consacré de nombreuses années et qu’il a corrigée jusqu’à la fin de ses jours, est le premier grand texte littéraire en allemand moderne et deviendra, par l’autorité et la diffusion qu’elle connaîtra, partie intégrante de la tradition littéraire de tous les Allemands. » (Dictionnaire des Littératures française et étrangères, Larousse)

Cortés envahit le Mexique (conquête achevée en 1525).

Las Casas à Barcelone (en 1923, il entrera dans l’ordre dominicain).

Mort de Léonard de Vinci, au Cloc-Lucé, près d’Amboise.

Mettant à profit la rotondité de la Terre, Magellan veut atteindre les Moluques, par la voie de l’Ouest, en contournant l’Amérique, ouvrant ainsi à l’Europe le commerce du clou de girofle et de la muscade, dont l’archipel indonésien était le seul lieu de production au Monde. Juan Sébastian del cano le Basque, commandant de la Victoire, entreprend son premier tour du Globe par l’Ouest avec Magellan, le chef de l’expédition. Ayant quitté Séville en août à la tête de cinq navires et de 265 hommes, Magellan atteint le Brésil en décembre et le Rio de la Plata en janvier 1520, sans trouver de passage à ses navires vers l’Ouest. Au bout de 27 jours de difficultés sans nombre, quatre navires sur cinq franchissent le détroit qui mène à la mer du Sud, baptisée “Pacifique” par le premier capitaine. Un autre navire de sa flotte se mutine et retourne en Espagne, mais passé le détroit qui porte depuis son nom, la navigation devient aisée : Magellan venait d’ouvrir la route des Indes par l’Ouest 26 ].

Charles de Gand (souverain des Pays-Bas à la mort de son père Philippe le Beau en 1506, puis souverain d’Espagne en 1516 sous le nom de Charles Ier, et puis roi de Sicile sous le nom de Charles IV), est proclamé Empereur germanique à la mort de son grand-père Maximilien. Il prend le nom de Charles Quint 27 ] !

Mort à Istanbul, à l’âge de 53 ans, du sultan Sélim Ier (le fils de Bâyazîd). Quoique son trône fut éphémère, il est considéré par les historiens comme l’un des souverains les plus impressionnants de la dynastie ottomane. C’est en quelque sorte par coup d’État familial, en faisant déposer son père par les Janissaires, qu’il s’est emparé du pouvoir en 1512. Durant son court règne de huit ans (1512-1520), le sultan Sélim Ier, surnommé Yavuz (le Terrible), s’était fait remarqué autant par ses exploits militaires, sa finesse d’esprit servie d’une haute culture que par sa cruauté. Sa prise du pouvoir eut lieu dans des circonstances mémorables. Il avait réussi, après maintes brigues, à s’emparer du trône qui revenait, par tradition, à Ahmed, son frère aîné. Une fois nommé sultan par les Janissaires, il avait immédiatement fait assassiner tous ses frères et ses neveux. Restant en paix avec l’Europe, de grandes conquêtes, aussi fulgurantes qu’épiques attendaient ses armées. Après avoir éliminé ses opposants sunnites et massacré les Chi’ites par milliers, il confie son Palais à son grand-vizir, marche à la tête de ses armées et réussit la conquête de l’Arménie, d’Azerbaïdjan, de la Cilicie et de Kurdistan. Au printemps de 1514, il a déjà défait, à Çaldiran, la puissante armée d’Ismaïl, le shah de Perse. Son empire fut marqué par d’éclatantes victoires en Haute-Mésopotamie (1515), en Syrie, en Palestine et dans tout le Moyen-Orient (1516). Peu après ces conquêtes, ayant réorganisé les deux armées de terre et de mer ottomanes, l’expédition d’Égypte contre les Mamelouks, qui avait suivi la conquête de la Syrie et de la Palestine, s’était achevée par l’annexion de ce pays à l’Empire. C’est au Caire, où il entra triomphalement en janvier 1517, que selon la tradition le dernier calife abbâsside a transmis à Sélim Ier son titre de calife (« Successeur du Prophète »). Désormais, les sultans ottomans seront en plus les califes de tous les Musulmans sunnites orthodoxes. À sa mort, le 21 septembre 1520, lui succédera son fils Soliman, le plus célèbre des souverains ottomans. Il est âgé de vingt-quatre ans et, ayant depuis l’âge de quinze ans gouverné une province et aidé son père dans de nombreux conflits, il possédait l’expérience du pouvoir. C’est lui qui sera connu par les Occidentaux sous le nom de “Soliman le Magnifique”, et qui fut qualifié de “Kânunî” (le Législateur) dans tout l’Empire de ses pères les souverains ottomans. Son règne dura quarante-six ans, et fut le plus long, le plus riche en événements, comme le plus juste, sage, et vaillant de tous ses prédécesseurs. (De point de vue purement militaire et splendeur dynastique, Soliman le Magnifique fut à Sélim, ce que Salomon fut à David.)

Sacre et couronnement à Aix-la-Chapelle de Charles Quint.

Révolte des Communeros en Espagne. Menée par l’hidalgo Juan de Padilla et sa femme Maria Pacheco, elle groupe autour d’elle noblesse, clergé et masses populaires, et exige l’expulsion du roi et des princes étrangers ; enfin une confédération de villes libres, dirigée sous forme de République démocratique (« aucune décision ne doit être prise avant d’avoir été communément discutée par les représentants de la nation espagnole… »). Partie de Castille, la rébellion se développe rapidement à Ségovie, puis à Tolède et Medina del Campo.

Machiavel : De l’art de la guerre.

Chrisyian II est chassé de Suède par Gustava Vasa qui instaure une monarchie héréditaire. (Le Danemark et la Norvège restent unis.)

Dans le Nouveau Monde : Cortés occupe la ville de Mexico-Tenochtilán. Dans le Vieux Continent : Soliman II le Magnifique enlève Belgrade. Excomunication de Luther et sa mise au ban de l’Empire germain (après la diète de Worms tenue par Charles Quint et la comparution célèbre de Luther devant le roi : « Je dois agir ainsi, que Dieu me vienne en aide [ 28 ] »).

Holbein : le Christ mort.

Les trois navires de Magellan abordent les Philippines.

La flotte de Magellan, dont il ne reste plus qu’un bateau et dix-huit suvivants, conduite par le Basque Sébastian del Cano, retourne à Séville sans leur chef (tué le 21 avril dans un engagement contre les populations indigènes de Mactan, aux Philippines). Ils sont les premiers navigateurs européens à avoir accompli le tour du Globe par l’Ouest, ouvrant ainsi la route de l’Inde par le Couchant ; et les premiers voyageurs après Vasco de Gama à avoir doublé le cap de Bonne Espérance de l’Est à l’Ouest. L’extraordinaire périble de Magellan (avec ses drames et ses beaux jours : les mutineries des capitaines lavées dans le sang, leurs désertions, les agressions des indigènes, les pillages, les viols, les tempêtes, le froid et la famine surmontés par la seule conviction de Magellan ; l’épreuve du temps éliminant un à un les marins, la peur de l’inconnu maîtrisée mois après mois par la découverte même de l’impitoyable inconnu), a été noté au jour le jour, avec des observations et des détails précis sur les langues, les mœurs et les coutumes des indigènes rencontrés au Brésil, aux îles Mariannes et aux Philippines, par le marin italien Antonio Pigafetta : Relazione del primo viago intorno al mondo]

L’Inquisition s’installe aux Pays-Bas.

Érasme publie Colloques.

Soliman II le Magnifique assiège et prend Rhodes (ville dans l’île grecque de la mer Égée).

Les armées des communeros sont écrasés par Charles Ier (nom de Charles Quint quand il est en Espagne) et leurs chefs impitoyablement exécutés.

Fondation du Conseil suprême des Indes. (À développer…)

François Ier est prisonnier de Charles Quint.

Antonio Pigafetta publie (dans un italien mêlé d’espagnol et de vénitien) la relation du célèbre premier voyage de Magellan autour du Monde : Relazione del primo viago intorno al mondo 29 ].

Clément Marot, gagné aux idées réformistes de Calvin (en faveur dans l’entourage de Marguerite de Navarre), tâte de la prison au Châtelet.

Mariage de Charles Quint avec sa cousine Isabelle de Portugal.

*

Repère dynastique des peuples Arabes, Mongols et Turcs, et de l’expansion de l’Islam dans le Monde :

La dynastie des Moghols 30 ] : 1526-1858.

Naissance et Expansion en Inde. ]

Prise de la Hongrie par Soliman II le Magnifique.

Grâce aux luttes et aux efforts du roi Gustave Vasa, souverain du pays depuis 1523, le Luthérianisme devient religion d’État en Suède.

Naissance à Pau, capitale du Béarn, de Jeanne III d’Albert (la future reine de Navarre et mère de Henri IV).

Les Ottomans, conduits par Soliman II le Magnifique, assiègent Vienne. 

Traité de Saragosse : L’empereur germanique Charles Quint renonce à ses droits sur les Moluques au profit du Portugal.

Couronnement de Charles Quint à Bologne.

Ligue de Smalkalde : association de princes luthériens contre Charles Quint.

Le roi Henry VIII se proclame chef de l’Église d’Angleterre. Trois ans plus tard, par l’Acte de Suprématie, Henry VIII est proclamé comme le chef unique de l’Église d’Angleterre.

Conquête du Pérou par Pizarre et Almagro.

Assassinat du souverain inca, Atahualpa, au Pérou.

Parution de La Bible de Martin Luther en allemand. Cette même année, François Rabelais publie : Vie du Grand Gargantua.

Prise de Bagdad par le sultan Soliman.

Jean Calvin commence à Paris son oeuvre de prédicateur.

Prise de Tunis par Soliman II le Magnifique.

À l’exemple de la Suède, au Danemark le Luthérianisme devient religion d’État.

Révolte du Pérou contre Pizarre ; les Espagnols occupent Buenos Aires.

Mort d’Érasme à Bâle.

« Précurseur de l’esprit moderne, l’humaniste hollandais et écrivain latin, Érasme, reste avec Pétrarque le plus grand artiste de la prose depuis la fin de l’Empire romain. Comme théologien, il a devancé, préparé et refusé la Réforme, ne souhaitant être ni luthérien, ni calviniste, ni érasmien, mais seulement et pleinement Chrétien. Fils naturel, né du concubinage d’une veuve hollandaise et d’un prêtre Augustin, ophelin à l’âge de quatorze ans : il entra au couvent de Steyn à l’âge de seize ans, où il fut ordonné prêtre au même couvent des Augustins où avait été ordonné feu son père. En 1500, âgé de trente-et-un ans, il publia ses Premières Adages, suivis d’une longue série d’oeuvres d’une beauté inépuisable et, en 1509 à Venise, sur le chemin du retour de chez son imprimeur, il composa “à cheval” son célèbre Éloge de la Folie, qui paraîtra en 1515. Figure singulière des aubes de la Renaissance, d’un réalisme contemporain auquel n’échappe aucune question temporelle et spirituelle de son temps, son oeuvre et ses réflexions sur la vie sociale, la politique et la religion, et notamment la corruption des prêtres de son temps, le despotisme du clergé et la tyrannie monastique, sont l’authentification d’un grand précurseur de l’esprit moderne. » (Nous indiquerons la source de cette citation aussitôt qu’elle nous sera disponible.)

Signature des Capitulations : accords diplomatiques et commerciaux conclus entre le sultan Soliman II le Magnifique et le roi de France François Ier. Elles reconnaissaient l’établissement d’un corps diplomatique français et anglais dans le pachalik de la montagne libanaise, gouverné par Fakr ed-Dine de la dynastie Maan locale, puis par celle des Chéhab. Elles octroyaient aussi aux marchands français d’importants privilèges commerciaux dans l’Empire ottoman. ]

Naissance à Nakamura, au Japon, dans une famille pauvre de la province d’Owari, de Hideyoshi. Admirable homme de guerre, futur successeur de Nobunaga, nommé kanpaku par l’empereur, après avoir pacifié l’Empire, il rêvait d’unir sous ses ailes le grand continent asiatique : « Je ferai des trois pays [la Chine, la Corée et le Japon] un seul pays. Je le ferai aussi facilement qu’on roule une natte de paille et qu’on la prend sous son bras. » Grand constructeur, fondateur de la marine marchande, ami infatigable des arts, épuisant mécène, il mit sa gloire dans l’armée et la construction du château d’Osaka, deux oeuvres colossales à la dimension de son énergie. Son patriotisme s’exprimait dans une formule lapidaire, bien contraire à celle qu’adoptera Louis XIV (« L’État, c’est moi…») : « L’Empire n’appartient à aucun homme, à aucun prince. L’Empire est à l’Empire. » [ 31 ]

 Guerre civile au Pérou entre Pizzare et Almagro.

Mise à mort d’Almagro par Pizzare 32 ].

Le sultan Soliman reconsttruit les murs de Jérusalem (tels qu’ils existent encore de nos jours). (À développer…)

Las Casas à Mexico.  

Naissance à Candie, en Crète, du peintre, sclupteur et architecte espagnol d’origine arabe et byzantine, Le Greco (Domenicos Theotokopoulos).

Las Casas publie Brevísima relación de la destrucción de las Indias.

Échec de Charles Quint contre Alger.

Calvin publie le Catéchisme de Genève

Calvin publie le Catéchisme de Genève. Son influence sur le protestantisme en France et en Europe est immense. (À développer…)

 Copernic publie sa thèse sur la révolution terrestre

Copernic publie sa thèse sur la révolution terrestre : De revolutiobus orbis terrarum, dans laquelle il soutient, sans la démontrer, l’idée que la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse. (À développer…)

Las Casas évêque de Chiapas, au Mexique.

Mort (dans l’exil et la solitude) du poète français Clément Marot à Turin, en Italie.

Traité de Crépy qui met fin à la guerre entre Charles Quint et François Ier , consacrant les précédents traités conclus entre eux : Charles Quint renonce à la Bourgogne, François Ier à l’Italie.

Ouverture en Italie du Concile de Trente. Réclamée depuis un demi-siècle, l’assemblée qui doit réformer l’Église catholique s’ouvre enfin. Dès l’ouverture, cependant, deux parties s’opposent : celui du pape Paul III, qui veut commencer par l’examen des questions dogmatiques, celui de Charles Quint, préoccupé par la réforme disciplinaire. Suspendu le 15 février 1548 par le pape Paul III, le concile sera réouvert le 1er mars 1551. À nouveau suspendu en 1552, il connaîtra une troisième période en 1562 et sera conclu le 4 décembre 1563 (grâce au bruit répandu d’une maladie mortelle du pape).

Mort de Martin Luther à Eisleben (en Thuringe, Allemagne).

Las Casas et Antonio de Mendoza s’affrontent au Mexique. (À développer…)

Naissance de Cervantès.

Las Casas rentre définitivement en Espagne.

Victoire de Charles Quint à Mühlberg contre les princes protestants.

Le Titien : Charles Quint à la bataille de Mülberg (Madrid, Musée Prado).

Le Titien : Portrait de Charles Quint (Alte Pinakotheck, à Munich, en Allemagne).

Le voyageur et orientaliste français, Pierre Belon, attire pour la première fois l’attention de l’Europe sur les ruines monumentales du temple romain de Baalbek (situé dans la plaine de la Bekaa, dans l’actuel Liban) [ 33 ].

Mort au Pérou d’Antonio de Mendoza.

Naissance à Pau, capitale du Bearn, du futur Henry IV, fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, reine de Navarre (il sera élevé par sa mère dans le Protestantisme).

Le libraire français Charles Estienne édite le Guide des Chemins de France.

Naissance à Saint-Germain-en Laye du Duc d’Anjou. Quatrième fils d’Henri II [roi de France 1547-1559] et de Catherine de Médicis, sa mort déclenchera de grandes luttes pour la succession au trône de France.

Jeanne III d’Albert, reine de Navarre.

Conquête de l’Arménie orientale par le sultan ottoman Soliman II.

RonsardLes Amours de Marie.

 

« Comme on voit sur la branche, au mois de mai la rose,

En sa belle jeunesse, en sa première fleur,

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l’aube de ses pleurs, au point du jour l’arrose ;

La Grâce dans sa feuille, et l’Amour se repose,

Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ;

Mais, battue ou de pluie ou d’excessive ardeur,

Languissante, elle meurt, feuille à feuille déclose ;

Anisi en ta première et jeune nouveauté,

Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,

La Parque t’a tuée, et cendres tu reposes.

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,

Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,

Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses. »

 Abdication de Charles Quint aux Pays-Bas au profit de son frère cadet Ferdiand Ier. (Il lui transmettra le titre impérial en 1556.)

La paix d’Augsbourg (ville d’Allemagne en Bavière), signée entre Ferdinand Ier et les électeurs germaniques. Elle  consacre la division religieuse de l’Empire germanique entre les deux confessions catholique et luthérienne, selon le principe cujus regio ejus religio (liberté aux princes d’imposer leur religion à leurs sujets.)

Trève de Vaucelles entre Charles Quint et Henri II.

Abdications des possessions espagnoles de Charles Quint au profit de son fils Philippe II.

Charles Quint s’installe au monastère espagnol de Yuste.

Mort de Charles Quint au cloître de Yuste, en Espagne.

Les enseignements de Calvin révoltent le Clergé Catholique : début des Guerres de Religion !

La réforme du Christianisme en Europe [proposée par Luther un demi-siècle plus tôt en Allemagne, suivie quinze ans plus tard par Calvinen France], dégénère en conflit civil sanglant dans les grandes villes de l’Europe. Les Catholiques de France, appuyés par le roi, usent de force contre les adeptes de la religion réformée par Calvin. Pour les Calvinistes de France, tout comme pour les Luthériens d’Allema-gne, le Christianisme est tout entier clair et accessible dans les Saintes Écritures. Aussi professaient-ils le retour à la Bible, source unique et authentique de la religion chrétienne telle que Jésus l’a primitivement enseignée. Une invitation à la redécouverte de l’Écriture dans son texte original : voilà ce que professaient ces hérétiques, ces Érasme, ces Lefèvre d’Étaples et ces Reuchlin. Se réformer par un retour à la source évangélique des premiers temps, mais sans esprit de primitivité. Au contraire, ne plus se laisser abuser par le trafic des Sacrements et desIndulgences, qui ne servent qu’à “fortifier l’emprise abusive et immorale de la papauté et à enrichir le Clergé corrompu au nom du Christ”. Pour les adeptes de l’orthodoxie catholique (qu’on peut comparer aux Sunnites de l’Islam), la transmission de la Révélation divine nécessite le Clergé, et un Clergé fort et pur. Les Écritures Révélées, disent-ils, et notamment les Évangiles doivent être éclairés par la Tradition apostolique,  autrement dit les Commentaires des Pères de l’Église (les Sunnites les appellent les Uléma.) Jésus n’a-t-il pas ordonné à ses disciples d’aller prêcher et enseigner les nations en son nom? D’où la nécessité du Clergé, et de son organisation à l’échelle universelle, fille d’une hiérarchie dure sans laquelle elle sombre dans le culte de soi, l’abus et l’anarchie. Condamné par Rome, mis au ban de l’Empire en 1521, Luther fut suivi par toute l’Allemagne du Nord : mais au lieu d’une Réforme, le pays aboutissait à une scission. L’Angleterre à son tour, avec Henry VIII, se sépara de l’Église Catholique. En France, pour aider la Réforme proposée par les Calvinistes, Lefèvres d’Étapes traduisit en français la Bible qui devint, grâce à l’invention de Gutenberg, accessible à tous les fidèles chrétiens à partir de 1530. Pour la première fois, un Chrétien pouvait dialoguer directement avec Jésus, sans la barrière du latin, une langue que la noire majorité maîtrisait mal. Le Tribunal de la Sorbonne condamna cette traduction 34 ]. Le roi François Ier (frère de Marguerite,) qui protège les humanistes, assure d’abord la liberté de croyance, mais en 1534, l’Affaire des Placards [des manifestes contre l’esprit du Clergé, dont la messe n’est qu’un moyen de sujettion psychologique, sont placardés partout en France et même sur la porte de la chambre du roi, probablement par Marot] décident le roi à changer de position : Calvinistes et Luthériens sont saisis et brûlés vifs, Marot et les chefs calvinistes doivent s’exiler pour échapper à la persécution. Ils se réfugient un moment à Nérac, auprès de la reine de Navarre, puis à Ferrare, auprès de Renée de France, fille de Louis XII. Quant à Jean Calvin, il échappe de justesse à sa poursuite, et s’établit à Genève, qui devint le foyer du Calvinisme. En France, tout comme en Angleterre et en Allemagne, l’unité dynastique et sociale du Christianisme est définitivement rompue. C’est la troisième boucherie civile entre Chrétiens de même pays, nommée par les historiens et les chroniqueurs : La Guerre des Religions!

Mort du sultan Soliman le Magnifique, à l’âge de soixante-dix ans, alors qu’il se trouvait en campagne devant la puissante forteresse de Swigetva. Son fils Sélim II, le seul des trois qui lui restait vivant, lui succéda jusqu’à sa mort en 1574. Contrairement à son père, il fut peu enclin à la politique et à la vie militaire, délaissant les affaires de l’État à son grand-visir pour une vie de débauche et de vin.

Mort de Las Casas à Madrid.

Jeanne III d’Albert impose le Calvinisme au royaume de Navarre.

 

1 Selon certains chroniqueurs, Khadïdja, qui n’avait pas moins de quinze ans plus que Mahomet, était aussi sa cousine. Quant à Mouhammad, tous s’accordent plus ou moins sur sa belle histoire avec Khadïdja : Orphelin de père au moment de sa naissance (569 / d’autres spécifient 29 août 570), et de sa mère (Amina) à l’âge de six ans [« Amina, la jeune mère de Muhammad, avait dû renoncer à l’allaiter. Elle était très pauvre ; elle n’était parvenue qu’à grande peine à le faire marcher avec une Bédouine. Lorsqu’elle voulut reprendre son enfant, la nourrice la supplia de le lui laisser encore : le nourrisson accepté par charité avait porté bonheur à la tente ! »] et l’enfant, « ne possédant pour toute fortune, malgré son origine aristocratique, que cinq chameaux et une négresse », il avait été recueilli par son grand-père maternel, le très respecté Abdel Muttaleb et, à la mort de celui-ci, en 578, par son oncle (le fils même d’Abdel Muttaleb), le non moins respecté Abi Tâleb (père de Ali dit « Ali ibn Abi Tâleb » : le futur gendre de Mouhammad et Quatrième Calife de l’Islam). Sa fidélité, son bonheur dans la gestion des intérêts de sa cousine, Khadïdja, firent sa fortune. Il épousa cette veuve en 595, alors qu’il avait vingt-six ans et elle quarante deux ans.Cette union, reconnaissent-ils, en lui assurant une position indépendante, lui permit de mûrir ses projets de réforme et il s’en montra reconnaissant. « Tant que Khadïdja vécut, il n’usa point de la liberté que lui laissaient les lois de son pays, si l’on peut appeler lois de simples coutumes sans sanctions véritables. Il ne prit pas d’autre épouse, il n’eut aucune concubine, et quand il l’eût perdue, en 619, après une union de vingt-cinq ans, il voua à sa mémoire un respect dont il ne souffrit jamais que personne s’écartât, et une tendresse dont il n’admit pas qu’aucune des femmes qu’il se donna ensuite pût avoir la pensée d’être jalouse. » (Le Koran Analysé, d’après la traduction de M. Kasimirski et les observations de plusieurs autres savants orientalistes, par Jules la Beaume, Éditions Maisonneuve & Cie, 1878, pages 13)

2 Khadïdja et le Coran : Comment aurait réagi cette riche Bédouine d’origine aristocratique si Mahomet avait épousé Aïcha de son vivant ? En voyant son époux tomber dans les mêmes égarements que Salomon, qu’aurait conçu sa jalousie pour se venger ? Il est permis de se poser ces questions, et certes, Mahomet n’est pas plus grand, ni surtout plus sage que Salomon aux yeux du Coran. Ce dernier, malheureusement fait parfois de la femme un objet de plaisir, et de Dieu un pourvoyeur de délices. Aussi est-il permis de douter que tous les versets soient de source divine. Il en est sûrement de source humaine, comme il en est qui furent perdus, incomplètement transcrits ou mal transcrits par les scribes, soit volontairement, soit involontairement, soit encore par conséquence naturelle due aux effets de la mémoire (les versets du Coran, oralement récités devant témoins au cours de longues années, n’ayant été relevés, classés puis regroupés sur parchemins dans la forme finale qu’on connaît au Coran, que bien des années après la mort de Mahomet). Quoiqu’il en soit de cette vieille dispute concernant les premiers califes compilateurs du Coran, il ne fait aucun doute que les versets coraniques portent en eux-mêmes la marque de leur origine divineet il suffit de les écouter pour en reconnaître la source. Certains passages du Coran (si je puis me permettre ici une remarque personnelle) vous troublent et vous émeuvent jusqu’au fond de l’âme, comme aucune poésie ne le peut, d’autres sont d’une telle beauté qu’on a envie de se jeter à genoux pour adorer Dieu… source de toute Beauté et de toute poésie ! (Mais je dirais aussi la même chose de certains passages de Bach, de Beethoven, de Mozart et de Vivaldi… pour ne citer que ces quelques musiciens ! Ils vous transportent dans un tel monde de poésie et de beauté qu’on a l’impression de nager au sein du divin !)

[…]

La seule explication de ces versets au goût érotique est qu’ils ont une valeur symbolique et parlent à l’homme du désert avec des mots et des images qu’il peu comprendre, car comment lui parler du Ciel ? Pour nous en convaincre, il suffit peut-être de rappeler les paroles de Jésus à un de ses disciples : « Comment vous parler du Ciel si, déjà, vous ne comprenez pas les choses de la Terre… » Ces passages ont doncm selon moi, une valeur symbolique tout comme dans le Cantique des Cantiques ou lorsque la Bible parle de pays promis à Abraham et à ses descendants : un pays où coulent le miel et le lait… alors que c’est une terre de prédilections pour la haine et le racisme entre frères ! Où pour seule manne il ne pleut que des bombes et des obus… Ou encore lorsqu’on définit la mort du juste par « être dans les bras d’Abraham »… Ou encore quand on parle du Fils de Dieu venu sur la Terre laver nos péchés… alors qu’elle s’y enlise et nous y enlise de plus belle depuis la Crucifixion ! L’homme, étant un animal tout d’instincts, il lui faut des images matérielles, tangibles à ses sens, pour lui définir l’immatériel, le divin, l’incompréhensible… le céleste ! Aussi ces versets « au sens douteux » dont il est fait mention plus haut, s’ils sont d’inspiration divine, ne faudrait-il pas les prendre à la lettre, mais dans leur « rapport symbolique avec l’objet défini », et qui par nature est indéfinissable car il échappe à nos sens tout comme les couleurs à l’aveugle et les bruits au sourd. Enfin cet autre argument, Jésus qui s’adressait à un peuple d’une certaine évolution spirituelle, a bien expliqué qu’au Ciel il n’y a ni hommes ni femmes… Aussi n’est-ce qu’à la lumière de ces paroles de Jésus qu’il faut prendre et comprendre « les délices féminines » promises aux élus par le Coran. Sinon quelle déception pour le croyant musulman…

3 Youssef Courbage et Philippe Fargues, Chrétiens et Juifs dans l’Islam arabe et turc.

 

4 Les premiers Musulmans du désert, grâce au Coran, ont placé Jésus au-dessus de tous les prophètes sans le diviniser pour autant, à l’instar des Catholiques depuis Constantin. Comme il fut appelé Yassou’e el-Nâsiri par ses contemporains, d’où le mot Nasâra, les Chrétiens y sont ainsi désignés dans le Coran. Outre cela, Jésus, ce Syrien hébreux qui a renversé les bases temporelles du Judaïsme palestinien, la religion de ses pères, reste une grande énigme pour ces pleuplades de l’Orient christianisé où pénétrait l’Islam. Malgré sa célébrité grandissante, sa biographie est restée la moins connue du Monde judéo-chrétien. (On sait de Matthieu et de Luc tout l’arbre généalogique de Jésus d’Adam à « Joseph, époux de Marie, » et contradictoirement on ne sait rien de sa vie). Alors qu’à Nicée (premier concile de Nicée, 325) on proclame la consusbstantialité du Père et du Fils (celui-ci serait doté d’une double nature humaine et divine), au début du Ve siècle, Nestorius, prêtre d’Antioche qui donna son nom au nestorianisme, soutient un credo plus complexe (le Christ était un homme avant d’être Dieu !) tandis qu’à l’opposé de ces deux doctrines christologiques, les évêques d’Alexandrie proclament la nature uniquement divine du Christ (c’est le monophysisme). C’est surtout ce dernier credo qui dominait en Orient quand l’Islam, prêchant un monothéisme simple et absolu, fit sa fulgurante entrée, séduisant après l’Arabie, la Palestine, la Syrie et l’Égypte pour s’étendre en Mésopotamie et aux Indes. Ami du Judaïsme, du Christianisme, l’Islam n’a jamais combattu que les sectes qui combattaient ses enseignements.

5 Sourate II, verset 253, que Jean Grosjean traduit ainsi : « Nous avons donné les preuves à Jésus fils de Marie et l’avons soutenu par l’esprit saint. » (Le Coran, Éditions Philippe Lebaud, 1979) Et que Jules la Beaume traduit de la sorte : « Nous avons accordé à Jésus, fils de Marie, des signes manifestes et nous l’avons fortifié par l’esprit de sainteté. » (Le Koran Analysé, d’après la traduction de M. Kasimirski et les observations de plusieurs autres savants orientalistes, 1878) Le Coran est le premier mouvement arabe qui nie la divinité de Jésus et sa mort sur la croix. Ce Syrien hébreux qui a renversé les bases temporelles du Judaïsme palestinien, la religion de ses pères, est toujours une énigme. C’est l’homme le plus célèbre et le moins connu du Monde judéo-chrétien.

6 Sourate VI, verset 157. Le Coran est la seule source du mouvement arabe qui nie la divinité de Jésus et sa mort sur la croix. Il n’est cependant pas le premier ni le seul à avoir admis ce fait de la substitution d’un inconnu à Jésus. Avant Mahomet, un autre mouvement, mais alors purement chrétien, venu d’Afrique, appelé les…  sans professer la divinité du Messie, niait fortement sa mort sur la croix.

7 Voici un autre verset à propos de l’Islam d’Araham : « Quand son Seigneur lui disait soumets-toi (Aslem), il répondait je suis soumis (Aslamtou) au Seigneur des mondes. » Cet ordre divin à Abraham : « Soumets-toi » est à l’origine du mot Islam. En arabe : « Soumets-toi » se dit : Aslem, d’où le mot Mouslem, qui veut dire Musulman. Aussi le Coran considère Abraham un Musulman, c’est-à-dire le premier qui s’estsoumis à Dieu.

8 Omar ibn Al-Khattâb [582-644] : Il est, tout comme le premier calife, le père d’une autre épouse de Muhammad, Hafsa, d’où son surnom Abû Hafsa, et aussi son influence politique de beau-père sur le début de l’Islam. Il est appelé Omar Ier par les Occidentaux et, comme il aimait à s’attribuer par modestie, Amir Al-Mûminin’ (Émir des Croyants) par les premiers compagnons. Tous les historiens de la Péninsule arabique s’accordent à dire que c’est sous son règne que commença réellement l’épopée de l’Islam, avec les grandes conquêtes et la rapide conversion de nations entières à la nouvelle foi. On a de même prétendu, mais à tort, qu’il fit expulser les Juifs du Hedjaz et les Chrétiens de Nadjran (Arabie Saoudite). Ce qui ne peut-être absolument vrai, ou même vraisemblable, puisqu’il fut assassiné par un Chrétien, et le fut à Médine (preuve surtout que les Infidèles Chrétiens ou Juifs pouvaient pénétrer la ville sainte de l’Islam sous Mouhammad et les premiers califes de l’Islam). « Homme politique d’envergure, Omar se montra tolérant et avisé, notamment en ce qui concerne les pratiques religieuses. Il permit aux Juifs et aux Chrétiens de pratiquer leur religion, à condition qu’ils acquittent deux impôts, la djiya et le kharaj : ceux-ci les dispensaient de servir dans l’armée et alimentaient les caisses du jeune État islamique. Toutes ces raisons expliquent la percée fulgurante de l’Islam qui, en un siècle (632-732), allair constituer le plus vaste empire depuis celui d’Alexandre le Grand. » (L’Histoire du Monde, le Moyen Âge,Larousse, 1997, page55)

9 Les Mazdéens : Du mot Ouramazda (Ahura Mazda), ou Ormuz, le Dieu Suprême des Zoroastriens, qui, par Sa parole a tout tiré du néant. Les Écritures Sacrées des Mazdéens sont les Gathas, dont l’auteur est leur prophète réformateur Zoroastre lui-même, et l’Avesta, qui sont l’un à l’autre ce que l’Ancien Testament est au Nouveau. Il existe plus d’un lien commun entre le Christianisme et le Zoroastrisme. Une légende très répandue veut que les Trois Mages qui visitèrent la Crèche de Bethléem, venus d’Orient guidés par une étoile, seraient des prêtres de la religion de Zoroastre.

10 Les Parsis : « Leur réussite dans ce pays est spectaculaire : usines, hôtels, mines, journaux, cinémas et la Compagnie Air-India appartiennent à ces Zoroastriens appelés Parsis. » (De la Perse à l’Iran, Jacques CornetÉditions Fot, 1972, page 90)

11 Bassora : Basra, aujourd’hui la deuxième ville de l’Irak et chef-lieu de la légendaire et riche province située sur Shatt Al-Arab.

12 Ali ibn Abi Tâleb : Né en 600, quand son cousin Mouhammad avait trente-et-un an, est le fils d’Abi Tâleb. Ce dernier ayant été le père adoptif de Muhammad, Mouhammad et Ali sont plus frères que cousins, et plus correctement dit, ils sont plus frères d’adoption que cousins de sang. D’où l’importance catalysante et unique de Ali ibn Abi Tpaleb à la mort de Muhammad, et surtout lors du premier conflit sur la succession entre les Musulmans. Ali, rappelons-le, étant donné son jeune âge, fut aussi comme le fils adoptif de Muhammad, en plus qu’il a épousé sa fille, Fâtima. Il naquit neuf ans avant la Mission du Prophète à la Mecque, et fut le premier enfant à se convertir à l’Islam alors qu’il n’avait pas dépassé l’âge de dix ans.

13 Calife : De l’arabe Khalifat, successeur ou représentant temporel et spirituel de l’Islam. L’Islam en reconnaît quatre véritables califes avant la fitna, la rupture entre les futurs Sunnites et Chi’ites: Abû Bakr Al-Siddik (632-634), Omar ibn Al-Khattâb (634-644), Uthman’ ibn Affân’ (644-656) et Ali ibn Abi Tâleb (656-661).

14 C’est lui qui inaugura le calendrier musulman et le fixa à partir du 16 juillet 622, jour où Muhammad a quitté la Mecque pour Médine.

15 Carthage, ville fondée en Afrique du Nord, par une colonie phénicienne au IXe siècle avant notre ère, fut prise par les Byzanthins en 534 de notre ère. Mais déjà les Arabes, installés au nord-ouest de la Libye en 646, s’en emparent en 695. À la fin du VII siècle, l’invasion arabe gagne tout le Maghreb.

16 Théodora : Impératrice régente de Byzance pendant la minorité de son fils Michel III. Veuve de l’empereur Théophile, iconoclaste acharné, elle prend le contrepied de la politique religieuse menée jusqu’alors par son mari. Ce dernier, dit-on, était allé jusqu’à répudier de l’Empire quiconque savait dessiner ou peindre. À sa mort, Théodora convoqua un concile et rétablit solennellement le culte ancien des images, mettant fin à un conflit qui divisait l’Empire depuis plus d’un siècle. Elle fit plus qu’abolir les édits de son mari, elle persécuta les iconoclastes hérétiques. Ces persécutions et antipersécutions qui affaiblissaient sans fin la Chrétienté en Orient, ajoutées à la lutte de cette dernière avec Rome, allaient bientôt ouvrir à deux battants l’Empire à l’Islam.

17 Turcs Seldjoukides : Parents ethniques des Ottomans. « Dynastie de Turcs qui régnèrent sur la Perse et furent en quelque sorte les maires du palais des califes abbasides. Fondée en 1037 par THOGROUL Bey, petit fils de SELDJOUK, elle disparut à la fin du XIIIe siècle. » (Larive et Fleury)

Seldjouk ou Saljûq, qui s’orthographie encor Saldjûq : Il fonda au Xe siècle dans le Khûrasan (ou khorassan), province de l’Iran orientale, la première dynastie türk des Seldjoukides, dont le plus grand souverain, Thogroul Bey (1038-1063), conquit l’Iran et alla se fixer à Bagdad.

18 Le nom Bahrite vient de Bahr, nom de la caserne où ces esclaves mercenaires étaient cantonnés sur l’île de Rawdah, en face du Caire, sur le Nil. Ils seront surplantés par les Mamalouks Tcherkesses, dits Burjïtes, de Burj (citadelle en arabe), ainsi désignés parce leur caserne occupait la citadelle du Caire.

19 Yeni çeri (nouvelle troupe) : Terme qui a donné celui de janissaire en français. Corps d’élite des troupes turques, dont les membres, à l’origine, furent recrutés parmi les prisonniers de guerre ou les captifs des razzias en Asie et en Europe. Plus tard, ces esclaves de la Portefurent sélectionnés, ironie des choses de la guerre, parmi les enfants et les adolescents pris dans les villages chrétiens des Balkans. Les Yeni çeriformèrent l’essentiel de l’infanterie et plus tard aussi de l’artillerie. Vint un temps où ces Chrétiens dévoués à l’Empire musulman, faisaient et défaisaient les sultans. Leur pouvoir fut si grand durant deux siècles, ils se sont révélés des combattants si redoutables (« l’Empire ottoman leur dut incontestablement son succès de Memet II à Sélim II, ») qu’il a fallu les éliminer. Plus rien ne pouvait les contrôler, pas même le sultan, de qui ils tenaient leur pouvoir, sans qui, symbiose de récirpocité, le sultan devait le sien. Devenus masse plus encombrante que nécessaire avec les progrès de la technologie militaitre, tempête foudroyante en temps de guerre, les Janissaures devenaient plaie sociale en temps de paix. S’étant révoltés contre les réformes militaires, ils furent liquidés dans le sang en 1826. Date véritable du commence du déclin de l’Empire ottoman.

20 Margrethe de Danemark : Marguerite de Danemark (1355-1412), dite Valdemarsdotter (« fille de Valdemar »).

21 L’Empire Byzantin : Ce que nous appelons l’Empire byzantin fut en réalité l’Empire romain devenu chrétien, qui, à la suite de la conquête de l’Occident par les Barbares, prolongea son existence dans les provinces orientales, occupées par les premiers peuples Arabes convertis à l’Islam : la Syrie, la Palestine, l’Égypte, l’Afrique méditerranéenne et la Mésopotamie. Comme les sujets chrétiens de cet État multinational continuèrent à porter fièrement le nom de Romains, le terme Roumi servit à désigner les Chrétiens chez les Musulmans. Aussi voit-on que Byzance, ce monde complexe et fortement hiérarchisé qui imprégna pendant mille ans l’histoire, et dont l’influence reste prégnante sur de nombreux pays, est et fut cité sous plusieurs noms par les chroniqueurs : Byzance (en grec Byzantium), ou l’Empire byzantin ; Bilâd Al-Roum ou l’Empire romain d’Orient; l’Empire grec oriental, l’Empire chrétien d’Orient ou Bas-Empire. Toujours est-il que la civilisation byzantine allait survivre, après la chute de Constantinople, sous des formes atténuées en Grèce et dans les pays de religion orthodoxe : Serbes, Bulgares, Roumains, et Russes, pour qui Pétersbourg devint la Troisième Rome.

22 Trebizonde : En grec Trapezous, en turc Trabzon, la ville devint le refuge des Byzantins à la chute de Constantinople, et le foyer politique de la civilisation byzantine. Prise par Mehmet II en 1461, la ville devint la capitale d’une province ottomane.

23 « Humanisme et Réforme ont une origine commune : retour aux textes de réflexion critique. Érasme et Lefèvre d’Étaples étudient la Bible selon la même métode que les œuvres de l’antiquité païenne. Ainsi se forme l’esprit de libre examen contre lequel réagit la Sorbonne au nom de la méthode d’autorité. […] En France, l’esprit de la Réforme se manifeste d’abord par le mouvement ‘évangélique’. L’Évangélisme, c’est le retour à l’Évangile, et plus généralement à l’Écriture Sainte considérée comme seule source authentique des croyances chrétiennes, alors que, selon l’orthodoxie catholique, l’Écriture doit être complétée par la Tradition (commentaire des Pères de l Église). » (Lagarde et Michard, XVIe siècle, Éditions Bordas, 1970, page 10)

24 Jeanne la Folle [1479-1555] est la fille d’Isabelle la Catholique et de Ferdinand d’Aragon (qui introduisit l’Inquisition en Espagne l’année même de la naissance de Jeanne). Elle épousa Philippe le Beau en 1496 et lui donna six enfants, parmi lesquels Charles Quint et Ferdinand Ier. À la mort de sa mère Isabelle en 1504, elle partagea avec son mari le trône de Castille, malgré l’opposition de son père. Son surnom de Jeanne la Folle lui vient de sa folie quand son mari mourut jeune, à l’âge de vingt-quatre ans (1506),  probablement assassiné par son beau-père. Il se fit alors régent en déclarant sa fille folle, promettant de lui restituer la couronne dès qu’elle recouvrait la raison. On dit qu’elle était neurasthénique avant son veuvage. Toujours est-il que son père, Ferdinand d’Aragon, prit en secondes noces Germaine de Foix et n’en eut point d’héritier et accepta d’offrir la couronne de tous ses pays conquis à la pointe de l’épée (la Navarre, le Milanais, Orang, Bougie et Tripoli), à son petit-fils Charles de Gand, déjà roi de Castille, qui lui aussi promit de restituer la couronne à sa mère, dès qu’elle retrouvait la raison. Tout le monde trouvait donc son intérêt dans cette folie, denrée rare pour ceux qui savent en profiter.

25 Le Calvinisme compte acutuellement plus de cinquante millions d’adeptes dans le Monde, dont plus de trois millions en Suisse.

26 Ce qui laisse supposer que ce tour du Monde par l’Ouest devait avoir été le projet initial de Christoph Colomb, et la raison pour laquelle il nomma “Inde” le Nouveau Continent (et plus tard “Indiens” les nombreuses populations indigènes par les Espagnols) en croyant y avoir débarqué. Il serait étonnant qu’un bon navigateur comme Christoph Colomb aie dérivé ainsi à l’Ouest en croyant prendre la voie de l’Est. L’erreur de Colomb est d’avoir cru toucher les Indes par l’Ouest.

27 Destin hors de pair : Charles de Gand  est souverain des Pays-Bas à six ans, roi d’Espagne à seize, et empereur germanique à dix-neuf. À trente ans, il règne sur un Empire où le soleil ne se couche jamais. À sa mort,  en courbant le front, dix-sept couronnes tombèrent de sa tête comme des oranges un jour d’orage.

28 La diète de Worms fut tenue en cette ville d’Allemagne de la Rhénanie-Palatinat. Invité par Charles Quint à se justifier (17 avril 1521), Luther refusa de se rétracter par un discours demeuré célèbre. Il sortit libre, mais l’édit de Worms le mit au ban de l’Empire germain et ordonna la destruction de ses ouvrages. Dévastée par la Guerre de Trente Ans, la ville fut brûlée par les Français en 1689.

29 On attribue à Antonio Pigafetta un traité sur l’Art de la Navigation, œuvre posthume publiée en 1894.

30 Orthographe différente du terme Mongol, qui s’écrit aussi Mogol ou Moghul, et qui désigne les dynasties timurides musulmanes qui régnèrent en Inde à cette époque.

31 Dans son but d’unifier le Japon et de pacifier le peuple, Hideyoshi s’était allié à un autre général, Togugawa Ieyasu, qui devint bientôt son rival. Deux ans après sa disparition, en 1598, nommé un des cinq régents et tuteur de son fils, le jeune Hideyori, celui-ci s’empara d’Osaka et régna en maître incontesté du Japon. Les Tokugawa resteront maîtres du Japon jusqu’en 1868, autrement dit pour quinze générations.

32 Après avoir conquis ensemble le Pérou pour la couronne d’Espagne, François Pizarre (Francisco Pizarro) et Diego Almagro soumirent l’Empire des Incas en faisant tuer le roi Atahualpa en 1533. Mais bientôt ils entrèrent en conflit, et Almagro fut tué par le frère de Pizzare, Hernando. Après la mise à mort d’Almagro, devenu son rival à la couronne, François Pizarre sera lui-même tué par le fils de ce dernier, Diego El Monzo, qui sera lui-même décapité par Vaca de Castro, successeur de François Pizzare.

33 Baalbek : Ancienne Héliopolis (Ville du Soleil). Ancienne ville phénicienne où sont conservés, au pied du versant occidental de l’Anti-Liban, des vestiges monumentaux, entre autres, des temples de Jupiter, de Mercure et de Bacchus. Ses matériaux cyclopéens jettent l’esprit dans la stupeur. Tous les archéologues, les voyageurs et les historiens se demandent encore comment, quand, et par quels moyens, ces énormes blocs de pierre ont été élevés et maniés. Curiosité sur Baalbek : « Des légendes phéniciennes font vivre Adam dans les environs de Baalbek et présentent l’assassinat d’Abel comme ayant eu lieu dans une gorge avoisinante de l’Anti-Liban, l’ancienne Abylène, actuellement Souk Wadi Barada. Les mêmes légendes affirment que Noé (Nouh en arabe) et Cham (Ham en arabe) sont enterrés, le premier à Karak Nouk et le second à Ham, deux localités près de Baalbek. » (Petit Guide Historique de la Syrie, la Palestine et l’Égypte, Abdallah Zehil, Imprimé sur les presses de la Maison Maurin & Pagès, Marseille, 1929, page 21)

34 Fondé par Robert de Sorbon en 1527, pour permettre aux écoliers pauvres d’accéder à l’enseignement, le collège de la Sorbonne devint le centre des études théologiques et, en tant que tribunal ecclésiastique.

Editions jeune lévrier

TOUT SUR LA NAISSANCE DES PAYS ARABES SOUS LE MANDAT : l'Irak, le Liban, la Palestine, Israël, la Syrie, la Jordanie... Et puis surtout le drame de Baabda, où l'auteur nous révèle que même les Chrétiens Maronites du pays du Cèdre actuel, militant pour la démocratie, étaient contre la folle idée de détacher le Liban de la Syrie

Encyclopédie Universelle Daheshiste


De l’Antiquité à nos jours 
Présentée par ordre chronologique 

(24 vol. sur l’Histoire du Monde, de l’Antiquité à nos jours)
Conçue et rédigée par Georges H. Chakkour

Histoire, Politique, Sciences,
Littérature, Arts, Religions

Chronologie 1 (5000 av. J.-C.-700 av.J.C.) ]
Chronologie 2 (640 av.J.-C-619 Temps modernes) ]
[ Chronologie 3 (622-1567) ] Le Début de l’Islam 

Chronol. Fayçal et le monde arabe de Versailles (1850-1950) ]

Chronol. de l’Affaire Dahesh (du 12 mai 1942 au 16 février 1943) ]

Le Liban dans la Bible et l’Exode du peuple juif vers la Terre de Canaan ]

Dahesh par lui-mêmeComme vous ne l'avez jamais vu avant

Portrait littéraire inédit sur la vie intime, les œuvres et la pensée d’une figure universelle hors du commun
à travers ses nombreux écrits, 
ses mémoires et ses récits de voyage

Auto-portrait du Docteur Dahesh d’après ses oeuvres littéraires ]

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Découvrez, à travers son merveilleux Dinar,
une foison de sujets humains, politiques et sociaux
qui nous touchent de près
à l’échelle individuelle et universelle.

[ Sélection puisée dans Mémoires d’un Dinar : Philosophie de la guerre ]

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