Mon Bien-Aimé

Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
pensée et passion;
depuis ma plus tendre enfance,
le parfum qui ne cessa d’obnubiler
le bosquet de mes heures et mes dunes de
songes;
la seule musique qui, comme un second coeur,
frappe encore sa douce cadence solitaire en moi,
c’est revoir ton visage adoré, Seigneur!
depuis ma plus tendre enfance!

Ô Divin Frère!
l’Ali des Prophètes et des Sages!
tu m’as donné à pleines mains
les aubes odorantes et tant de midis de bonheur,
en mes désirs les plus hauts!
Toutes mes routes, les voilà aplanies;
une aile douce me porte, infaillible épaule!
Et voici que survole ma volonté,
pareil l’aigle responsable,
de tendres méandres fleuris.

Que c’est bon, doux, que c’est merveille,

chanter sans fin le Bien-Aimé!

Oh! donne-moi toujours

la Musique, la Lyre et la Chanson!

C’est lui seul que je veux aimer,

servir et adorer.

Lui seul que tout doit glorifier,

lui obéir et contempler,

en chaque aube, chaque midi,

avec chaque étoile qui naît,

palpite ou frémit.

Poème marin

As-tu regardé la mer, mon ami,
et les cascades qui naissent
des rochers qu’elle drape de son écume?
As-tu vu son sein se gonfler,
respirer la plage, jeter et reprendre
ses filles marines?
As-tu aimé le vol onduleux
des blancs goélands,
survolant la nappe bleue?

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Si un Jour

Si un jour tu me demandes de chanter
pour toi une chanson,
mon coeur bondira de joie
comme une gazelle dans les savanes de midi;
et les rythmes éclateront dans mes jardins
comme soudain un essaim de colombes,
éclaboussant un beau ciel d’azur!
J’irai tôt vers le soleil,
dénuder les premiers rayons de sa lyre;

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Tableau

Boudeuse la lune,
au clair de son charme,
verse sur l’eau rêvante,
des caresses humides!
Boudeuse la lune,
charme mes heures,
où au clair soyeux de ses rayons,
je pense, médite et pleure!

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Tableau sylvestre

Tout nu,
l’arbre au vent
offre sa chevelure,
où mille pipeaux secs
broutent des poèmes brefs et aigus!
Mélancolique et tout nu en sa masse enchevêtrée,
– d’où tombe comme un bruit de soie –
l’arbre, plein de soleil, offre des rameaux fiers,
d’où des ailes splendides
fuient…

vers l’ombre disparue
des fleurs!

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