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L’affaire Dahesh

Lettre de Marie Hadad adressée au Secrétaire général des Nations Unies vingt-cinq ans avant l’éclatement de la guerre civile qui a ravagé le Liban

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies 
Palais de Chaillot – Paris

 Je me permets de vous adresser cette requête, m’appuyant sur l’appel que vous avez lancé, appel reproduit dans la Presse et les agences télégraphiques, invitant les peuples opprimés – et même les particuliers victimes d’injustices de la part de leurs propres gouvernements ou des hautes autorités de leur pays, – à s’adresser directement à vous, afin que justice leur soit rendue.

 

Puisque l’Organisation des Nations-Unies signifie une Cour Suprême pour tous les pays, et même pour les particuliers comme cela a été proclamé au monde entier, moi, Marie Hadad, libanaise, née à Beyrouth, je viens au nom des « Daheshistes » persécutés au Liban, exposer ce qui suit :

 

Un citoyen libanais, innocent de toute accusation ou délit, est persécuté par les autorités libanaises, influencées par le Président de la République, Mr. Béchara El-Khoury. Ce dernier agit illégalement et de manière tyrannique pour des motifs personnels. Il est le mari de ma sœur, et cette funeste parenté fut cause des faits suivants.

 

Il y a six ans environ, nous avons connu, mon mari et moi, le Docteur Dahesh. Par sa vie, ses principes et ses œuvres, il a forcé notre admiration. Mon mari et moi n’étions certes pas les premiers de ses nombreux adeptes ; mais notre conviction – basée sur la connaissance de sa personnalité et l’expérience d’une longue fréquentation – fut inébranlable. Le Docteur Dahesh, chef d’une doctrine religieuse établie sur les livres saints, (prêchant l’unité essentielle des religions) vise à l’universelle fraternité. Il entreprend la réalisation d’une œuvre de vérité et de justice. Son domaine – une renaissance évangélique – est celui de la raison et de l’esprit des prophètes. Il attaque tous ceux qui font de la religion un métier pour aboutir à des fins personnelles. Il attaque les abus, l’hypocrisie et le mensonge. Il est de plus un écrivain dont se ferait gloire la plus grande des nations. Autour de lui se groupent des adeptes de toutes les religions et de toutes les nationalités, formant une élite intellectuelle unie au service de l’Humanité : médecins, écrivains, avocats, hommes d’affaires et autres.

 

Le fait de notre adhésion à la doctrine du Docteur Dahesh contraria vivement le Clergé catholique, dont nous dépendions jusqu’alors, car son but est d’entretenir le fanatisme religieux au Liban en sauvegardant son influence et ses profits. Il contraria aussi vivement notre famille attachée à ce Clergé depuis la nuit des temps. De plus, le Docteur Dahesh est un démocrate né… et le Président de la République Libanaise – Béchara El-Khoury – sa femme Laure (qui est ma sœur comme je l’ai dit), et Michel Chiha du journal « Le Jour » de Beyrouth, qui est mon frère, pensaient que leur stupide snobisme et leur prétendue aristrocratie seraient atteints par notre adhésion au daheshisme. Non seulement ils se sentaient rabaissés par une telle figure, mais ils avaient peur des répercussions négatives sur l’opinion publique suite à notre fréquentation avec un homme aussi influent et qui prêche l’unité des religions dans un pays qui en a tant besoin, la lutte contre le fanatisme, enfin toutes ces force négatives sur lesquelles repose actuellement notre système politique confessionel. Ils se sont dits : « Débarrassons-nous de cet homme, il gênerait nos plans, car sa force et ses arguments sont extraordinaires. »

 

Donc, sur l’instigation de mon frère Michel Chiha, un fat prétentieux imbu de jésuitisme (alors qu’il fut lui-même un des rédacteurs de notre Constitution élaborée sous Henry de Jouvenel), un plan fut établi d’accord avec le Président de la République Libanaise, Béchara El-Khoury, et son ministre de la Justice d’alors, Habib Abi-Chahla. Sur leurs ordres, la Sûreté Générale, aux trousses du Docteur Dahesh, chercha vainement à dépister quelque fissure dans sa vie par où l’attaquer en justice. Des faux témoins furent corrompus pour l’accuser d’ « offenses aux mœurs ». Aucune preuve ne pouvant être établie pour appuyer leurs allégations, et ne pouvant rien contre lui par le droit… un complot fut tramé pour attenter à la vie du Docteur Dahesh.

 

Le 28 Août 1944, à 8 heures du matin, une bande de Phalangistes libanais, tous gens de métier payés, attaquèrent le Docteur Dahesh devant la porte même de sa demeure sous les regards bienveillants de la police (qui cernait la maison depuis le matin). Mais la Providence le sauva d’une mort certaine.

 

Non seulement les agresseurs ne furent nullement inquiétés, mais ce fut le Docteur Dahesh qui fut arrêté, puis, par le droit abusif de la force, le Président de la République libanaise Béchara El-Khoury, violant la Constitution comme personne ne l’a fait jusqu’à présent (car quel crime abominable que de dépouiller un citoyen de sa nationalité), le déposséda de sa nationalité par un simple arrêté dictatorial, sans que cet arrêté fut sanctionné par une loi votée par la Chambre des Députés. Le Docteur Dahesh fut emprisonné sans droit de contact avec son avocat, ignominieusement traité (comme on le voit dans les documents que je vous joins dans ma lettre), et sans jugement aucun, jeté sur les frontières turques sans aucun papier d’identité ni un sou en poche, alors que la Deuxième Guerre mondiale battait son plein.

 

En ce temps-là, M. Riad Bey El-Solh, l’actuel chef de la délégation libanaise à l’ONU, était aussi chef du Gouvernement. Et complaisamment, il s’est soumis à la volonté du président et a approuvé cet arrêté… Il est étonnant, que Riad Bey El-Solh qui avait été lui-même persécuté, exilé et condamné à mort pour des idées de liberté dont il se fait aujourd’hui le champion, ait trempé dans cette injustice qui attaque dans ses bases la liberté individuelle, et qu’il ne cherche point à la réparer.

 

Donc, sans jugement, d’une manière despotique et arbitraire, contrairement à toutes les lois existantes, un libanais est dépouillé de sa nationalité et, sans autre forme de procès que la volonté du Chef de l’État, est jeté hors du pays… Il est jeté en temps de guerre, sur une frontière étrangère, sans la possibilté de se déclarer citoyen d’aucun pays quelque part sous le ciel… En territoire étranger, et en temps de guerre, on a le devoir et le droit de le considérer comme un espion. Il est constamment exposé à être fusillé comme tel… ou pour le moins, emprisonné et balloté d’une frontière à l’autre. Il se trouve dans une situation sans issue et doit errer à l’aventure, exposé à tous les dangers, se cachant au petit bonheur la chance jusqu’à l’heure où son propre pays, par le fait d’un changement de gouvernement, lui restituera sa nationalité.

 

Voilà déjà plus de quatre ans que ce crime fut accompli et que le Docteur Dahesh erre apatride, de frontière en frontière, sans droit de rentrer au pays.

 

Nous n’avons cessé, nous les Daheshistes, d’élever nos protestations contre la plus criante injustice qu’on puisse enregistrer. Ma consceince m’imposait le devoir de la défense et me contraignait d’agir comme autrefois Émile Zola dans l’Affaire Dreyfus. Les paroles furent inutiles ; j’ai donc publié un très grand nombre de « livres noirs » qui furent distribués partout au Liban, en Europe, en Amérique, ainsi qu’au corps diplomatique de Beyrouth, pour que le monde apprenne la vérité sur ce crime inique commis au Liban au vingtième siècle.

 

La publication de ces « livres noirs » bouleversa les personnes responsables du crime. Et pour en atténuer l’effet devant le public, ils ont cherché à lui faire croire que je n’avais pas l’esprit normal. Mais là un scandale éclata, et à leur totale confusion, un rapport des médecins les obligea à me libérer. Cet acte honteux aura dans l’avenir de très graves conséquences pour ses auteurs.

 

Je fus emprisonnée en effet à deux reprises ainsi que plusieurs partisans du Docteur Dahesh sur les ordres du Président de la République libanaise Béchara El-Khoury, mari de ma sœur, et cela pour ma persévérance à défendre un homme juste et innocent… Une femme de ma situation emprisonnée dans ce pays par sa propre famille pour une idée de justice parce qu’elle défend la cause d’un innocent contre le despotisme le plus illégal qui fut jamais, cela ne s’est point encore vu jusqu’ici, et l’indignation était universelle. Je suis demeurée sereine et j’ai continué à écrire et à protester. Les grands mouvements spirituels ont toujours victorieusement traversé des phases de persécutions et de prisons… Il en serait de même pour nous !

 

Dans ce petit Liban considéré comme un pays démocrate, nouvellement promu à l’indépendance et qui se flatte de faire partie des Nations-Unies, le Chef de l’État Béchara El-Khoury agit en dictateur. Fonctionnaires et magistrats obéissent aveuglèment à ses désirs par crainte d’être destitués. Un tel crime dans un autre pays plus évolué que le nôtre aurait provoqué la chute du Gouvernement et du Chef de l’État ; ses auteurs auraient passé en jugement !

 

Jamais, et sous aucun régime, le Liban n’a connu une telle anarchie intérieure, et quand les journaux portent à la connaissance du public les scandales de ce régime, ils sont suspendus arbitrairement. Les consciences au Liban s’achètent par l’autorité et se paralysent par la force.

 

Un peuple qui a permis au gouvernement de Riad Bey El-Solh et au Président de la République libanaise Béchara El-Khoury de fausser les élections du 25 Mai 1947, ne mérite point de se présenter comme champion international de la liberté. Comme tout le monde le sait, et comme la presse l’a publié, ces élections ont été cyniquement truquées pour obtenir une majorité de députés soumise au Président de la République et renouveler son élection. Ils l’ont donc renouvelée, chose inouïe, plus d’un an avant l’expiration du premier mandat. Et d’ici un an, automatiquement, le Président de la République Libanaise sera confirmé dans ses fonctions pour une nouvelle période. Mais cette élection est illégale, car cette chambre de députés est considérée par la masse des libanais comme illégale.

 

Un chef d’une doctrine religieuse en la personne du Dr. Dahesh est ignominieusement persécuté. Ses plus proches adeptes sont les victimes d’individus qui attaquent la liberté individuelle dans ses fondements les plus sacrés… et cela dans un pays à qui les grandes puissances ont octroyé l’indépendance croyant qu’il a atteint le niveau d’une civilisation méritant cette indépendanceTant que le Liban qui compte environ un million d’habitants appartenant à une vingtaine de religions et communautés différentes, est régi sur une base confessionnelle qui alimente un fanatisme religieux aigu… il ne peut prétendre à atteindre une civilisation pareille à celle d’autres pays ; en fait de civilisation il n’en a que la façade.

 

Il ne suffit pas aux délégués du Liban de parler de liberté et de la proclamer dans leurs discours à l’ONU et ailleurs. Il s’agit de ne pas attenter à cette liberté et « aux Droits sacrés de l’Homme ». Je m’étonne que M. Charles Malek, président du conseil économique et social à l’ONU, se soit permis à Genève, et se permette encore aujourd’hui de parler à l’ONU des « Droits de l’Homme » et de la Liberté de penser et d’écrire… quand il sait bien pourtant que le Liban est asservi à toutes les servitudes… et que ce Liban, ou cette « ferme » comme on l’appelle ici dans la presse etc… est exploitée honteusement et uniquement pour enrichir une seule famille (frères, beaux-frères, alliés et partisans du président Béchara El-Khoury) au détriment de la pauvre population. Et les scandales de cette exploitation (ravitaillement, contrebande du hachiche, devises rares, ciment, fournitures, entreprises, farine etc…) ont été relatés dans tous les journaux et tout le monde en est informé.

 

Monsieur Charles Malek, dans un discours à l’ONU le 8 Octobre 1948, a demandé à ce que le protocole au sujet des stupéfiants soit adopté par l’Assemblée des Nations Unies, de même que par les États non membres de cette Assemblée, et de le faire également respecter en Allemagne et au Japon. M. Malek sait pertinement, que le Liban possède le monopole de la contrebande des stupéfiants, surtout du hachiche cultivé dans des propiétés appartenant à des députés… Que le Liban est le fournisseur attitré des pays arabes, surtout l’Égypte… Que cette contrebande en grand est placée sous la protection des plus hautes autorités libanaises… Que des scandales avaient éclaté en Égypte, au sujet de cette contrebande où le propre fils du Président de la République Béchara El-Khoury (Kalil El-Khoury) s’est trouvé impliqué. M. Malek sait très bien qu’on a travaillé à étouffer ces scandales en Égypte, non pas une fois, mais plusieurs fois, pour ne pas salir publiquement de hauts personnages libanais et cela pour des raisons politiques, vu l’état actuel des relations entre les pays arabes. M. Charles Malek au lieu de faire des discours au sujet des stupéfiants, devrait travailler à réformer et épurer son propre pays regardant cette délicate question.

 

Les agents diplomatiques de tous les pays au Liban sont documentés sur tout ce qui précède.

 

L’Affaire Daheshiste défraye la presse, tant locale qu’étrangère depuis plus de cinq années ; elle s’amplifie chaque jour et commence à devenir d’intérêt mondial. Des graves responsabilités pèsent sur les autorités libanaises, surtout sur le Chef de l’État Béchara El-Khoury qui a transgressé les lois et violé la Constitution à laquelle il avait prêté serment de fidélité.

 

Tout a une fin… et la justice s’accomplira !

           

Les Daheshistes sont décidés à défendre le Droit avec l’aide de Dieu et les possibilités humaines. Ils ont prouvé qu’ils ne reculent devant aucune crainte, aucune menace.

 

Ils réclament la restitution de la nationalité du Dr. Dahesh. Et remplissant un devoir qui s’impose, ils ont recours à votre Cour Suprême, la pressant d’étudier rigoureusement cette affaire qui dépasse les bornes du Liban. Votre Cour fera en ce cas œuvre de justice et d’humanité… Elle préviendra que ce conflit ne se développe davantage encore. Je vous l’affrime : « il risque un peu plus tard d’ensanglanter le Liban au même titre que la Palestine, cela si aucune suite n’est donnée de votre part à cette requête accusatrice. »

 

Il serait vain généralement de compter sur la justice terrestre.

 

Mais l’Organisation des Nations Unies défend les Droits des Nations et aussi les Individus… Gardienne de la Charte de l’Atlantique qui se base sur la Liberté Individuelle (liberté de pensée, de croyance…) elle se trouve ici dans l’obligation de restituer le Droit et de rendre la Justice.

 

J’en appelle donc à sa haute compétence, comme à la plus grande autorité mondiale représentant tous les pouvoirs, comme des justiciers suprêmes représentant sur la Terre la Justice de Dieu.

 

Prononcera-t-elle une sentence de justice ?

 

Si elle est impuissante à la rendre, il faut renoncer alors à toute justice ici-bas.

 

Marie Hadad

 

 

*** 

P.S. Pour que M. Charles Malek, délégué du Liban à l’O.N.U. et président de la Commission sociale, humanitaire et culturelle entende :

 

J’ai lu dans les journaux que la Commission présidée par M. Charles Malek, a adopté la rédaction du premier article du projet de Déclaration des Droits de l’Homme qui est la suivante :

 

« Tous les êtres humains sont nés libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués par la nature de raison et de conscience et ils doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

 

  1. Malek, en présidant cette commission qui défend les droits sacrés de l’homme,sait très bien que dans son pays les libertés ne sont point respectéesque le Chef de l’État libanais qu’il reprèsente [Béchara El-Khoury], attente à ces libertés et viole la Constitution quand il s’agit de ses intérêts personnelstel le cas Dahesh ! En discourant sur les Droits de l’Homme (liberté de croyance, de pensée, de fraternité, etc.), M. Malek agit en contradiction avec ce qu’il pense. S’il était loyal, il refuserait la présidence d’une telle Commission qui devrait appartenir au délégué d’un pays entièrement civilisé où ces Droits de l’Homme sont respectés.

 

Pour être sincère envers lui-même et envers les autres, il aurait dû, tout en refusant cette présidence, déclarer que sa conscience n’est point tranquille en tant que délégué du Liban ; qu’elle ne lui permet point de faire partie de cette Commission, pour la raison que le Chef de l’État Libanais – qu’il reprèsente – a commis un crime constitutionnel que les pays les plus arriérés et les plus barbares n’oseraient pas commettre aujourd’hui : il a dépouillé un libanais innocent de sa nationalité, sans jugement aucun ; il l’a fait jeter, sans passeport et en tant de guerre, sur une frontière étrangère, et cela pour des raisons de fanatisme religieux, parce que des parents à lui étaient devenus des adeptes de ce libanais !

 

  1. Malek sait très bien aussi, queson protecteur Michel Chiha, mon frère,et beau-frère du Président de la République Libanaise Béchara El-Khoury, a été le premier instigateur de ce crime : et que c’est grâce à ce Michel Chiha qu’il a été nommé ministre à Washington, malgrè l’opposition d’une majorité libanaise qui connait les bas-fonds de la politique du pays.

 

Si M. Malek avait déclaré cette vérité, il aurait alors mérité de faire partie de cette Commission qui s’occupe des « Droits de l’Homme », et même de la présider. Il ne suffit pas pour faire croire en sa bonne foi et en la pureté de sa conscience, de se faire photographier et de faire publier sa photographie dans les journaux, tenant à la main le marteau de la présidence. Ceci rappelle la fable du « Singe justicier et des deux chats qui, ayant dérobé un fromage, sont venus se le faire partager par le singe. » M. Malek est dans une fausse situation que n’admet pas l’équité. Il n’est pas plus juste que le singe qui n’a pas fait œuvre de justice envers les deux chats. Ainsi M. Malek est cause que son protecteur est justement décrié et confondu.

 

Monsieur Malek est bien au courant de ce qui se passe dans ce Liban qu’il reprèsente à l’O.N.U. Et il ne doit pas en être fier. Il lit certainement la presse libanaise, et voici QUELQUES EXTRAITS de deux PRINCIPAUX JOURNAUX LIBANAIS de langue française paraissant à Beyrouth, qui rafraîchiront sa mémoire et démontreront à tous, que le Liban est arriéré et que ses gouvernants commettent des crimes contre les libertés et les « Droits de l’Homme ». (EXEMPLE FLAGRANT : LE CAS DU DR. DAHESH)

 

Qu’en disent les gouvernants dictatoriaux libanais qui sont entrain de saper l’indépendance du Liban ? Ils montrent aux étrangers une façade dorée de ce Liban, à qui s’applique aujourd’hui le proverbe arabe : « AU DEHORS DU MARBRE… ET AU DEDANS DES ORDURES ».

J’ai envoyé en Janvier 1948 une lettre ouverte à mon frère Michel Chiha, au sujet de l’Affaire Dahesh. Voici la copie de cette lettre qui jette encore plus de lumière sur ce Crime Odieux.

Note finale sur les déclarations de Fouad Ammoun dans l’Affaire du Comte Folke Bernadotte 


Un autre délégué du Liban à l’O.N.U. dont les déclarations sont contredites par les actes :

 

  1. Fouad Ammoun, un des délégués du Liban à l’O.N.U., a demandé à la Commission de l’Assemblée Générale à l’O.N.U.(Palais de Chaillot – Paris), queles circonstances du meurtre du Comte Folke Bernadotte [diplomate suédois mort assassiné à Jérusalem le 17 septembre 1948, alors qu’il était en mission pour les Nations Unies en Palestine : Lire pour savoir de quoi il s’agit] soient examinées, en priorité, par la Commission Politique.

 

Il a déclaré :

 

1°- Que le rapport du Comte Bernadotte a perdu toute valeur à la suite de l’assassinat du médiateur, et qui a jeté, dit-il, une nouvelle lumière sur les desseins des Sionistes…

 

 2°- M. Ammoun a convié la Commission à étudier les faits ainsi révélés…

 

3°- Il a surtout demandé à ce que tous les Juifs de Palestine soient rendus responsables de l’assassinat du médiateur.

 

Voici comment les considérations de M. Ammoun s’appliquent à lui-même, dans le même ordre, comme suit :

 

1°- Quand M. Ammoun était magistrat au Conseil d’État Libanais, il avait spontanément, après avoir étudié le dossier de l’Affaire Dahesh, rendu une décision qui démontrait que le Président de la République Libanaise avait outrepassé ses droits légaux en dépouillant un Libanais de sa nationalité. Puis, sous la menace de Henri Pharaon (parent du Président et ministre de la Justice et des Affaires Étrangères en ce temps) d’être destitué, menace renforcée en contre-partie d’une promesse d’avancement, M. Ammoun rendit une autre décision, en totale opposition avec la première, dans laquelle il approuvait l’acte illégal et inconstitutionnel du Président de la République Libanaise Béchara El-Khoury… M. Fouad Ammoun a trahi sa conscience pour des avantages matériels, et c’est là le fait d’une conscience morte qui, reposant sur le mensonge et l’hypocrisie, n’a plus aucune valeur et perd tout crédit. M. Ammoun a par la suite bénéficié d’un avancement pour prix de sa trahison : il a été nommé Directeur au Ministère des Affaires Étrangères, poste qui lui a valu d’être choisi parmi les délégués à l’O.N.U.

 

2°- Il faut donc examiner comment et sous quelle influence, le Conseil d’État a rendu une décision contre le Dr. Dahesh.

 

3°- Le Conseil d’État, les Autorités, et tous ceux qui, connaissant cette Affaire et l’ayant comprise, n’ont point protesté contre le crime commis à l’égard du Dr. Dahesh, sont responsables. Il ne suffit pas de ne pas commettre un abus. La conscience oblige tous ceux qui sont témoins de crimes et d’abus, à les dénoncer et à protester. Si tous les juifs de Palestine devaient être rendus responsables de l’assassinat du médiateur, comme M. Fouad Ammoun le demande, il est alors juste que tous les Libanais soient rendus responsables du crime commis contre le Dr. Dahesh.

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