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Les déshérités

C’est l’heure musicale où la Nature élève au Créateur sa chanson.
C’est l’heure ensorceleuse et divine
où l’Aurore et les Muses
vagabondent dans le ciel des rêves de la Pensée.
C’est l’heure vermeille et transparente
qui retouche et reprend de son pinceau magique
le grand tableau de la Raison.

Tout semble broder sa note dans le Canevas harmonieux.

Mais les déshérités du Matin gardent le silence,
et demeurent « sans frémir » au chant de l’Espoir.
Ce n’est pas pour eux que la Nature chante!
Ils continuent de « rêver » dans leur coin,
sous des chaînes lourdes qui grincent dans l’Ombre.

Ils ne brisent pas leurs chaînes,
les déshérités de la Vie,
et restent fascinés par le serpent de l’Impossible,
qui rampe, ondule et siffle sous leur front humilié:

« Ne vous laissez pas séduire par ce chant harmonieux… pourquoi l’effort? À quoi sert l’action quand tout est perdu? »

Ils attendent l’heure qui saignera
sur le bleu pâle de l’océan;
dont le soleil, chaque soir,
lance pour eux aux étoiles leur chanson!
Ils ne brisent pas leurs chaînes,
les déshérités de l’Espoir;
ils n’y enfoncent pas leurs dents,
il ne les liment point avec leurs ongles…
Ils restent dans l’Ombre,
(berçant leurs chaînes contre leur sein
comme un enfant malade…)
sans tressaillir aux joies du Matin!

Amertume

Nous sommes l’un de l’autre,
– étoiles du silence! –
Je suis de toi,
– pouvoir sidéral! –
Et vous rêves! rêves!
Comme l’eau d’une fontaine,
nous sommes l’un de l’autre
– amertume! –

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Au bout de l’espoir

Ô Poésie!
Toi qui ne chantes que la vie et l’amour en l’homme,
allons retrouver l’aube,
au bout du long chemin,
retrouver l’aube au bout de la lutte!
Voici nos chants!
Voici notre sang!
Voici nos rêves, nos peines et nos diamants!

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Au clair de l’apocalypse

Dans mon rêve le plus profond
je te vis!
– Dahesh! –
Tu étais au-delà du Monde,
siégeant comme une vision de jaspe et de cornaline,
sur un Trône de diamants et d’émeraudes.
Tes Six Anges se tenaient trois à ta droite, et trois à ta gauche!
Un Séraphin de ton Armée céleste s’avança,
tenant une balance prête dans la main.
Quand tu lui fis signe,
il se pencha et cueillit le Monde,
comme un fruit mûr sur la branche du Temps;
et le posa sur un des plateaux éclatants de la balance.

Et puis il le pesa…

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C’était hier

Hier, en passant près de ma demeure,
tu es venu t’asseoir à l’ombre de mes jardins.
Tu as mangé de mes fruits;
et dans le silence de ton coeur,
tu a béni mes arbres et mes rameaux.
Depuis ce jour mémorable,
j’ai tracé de nouvelles allées
parmi l’herbe tendre et les fleurs odorées.
Et ma tristesse me tourmente
– sans cesse –,
car en mon coeur quelque chose me dit,
qu’avant longtemps,
tu ne reviendras plus mêler ton ombre
aux ombrages que tu as bénis.
Tes traces sont encore partout vivantes;
aucun pas d’ami n’est venu les effacer.
Car parmi l’herbe verte et les feuillées fleuries,
j’ai emprunté de nouveaux chemins.
Et chaque matin je me lève avec l’aube,
et nettoie la poussière des étoiles,
qui tombe les effleurer;
et je prie le Ciel que tu reviennes,
en baisant, comme elle,
ô Dahesh!
ton passage qui m’a béni.

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Cendres

Demain je serai un peu de cendres
dans la main de la nuit!
Demain je serai un chant muet
au sein d’une corolle!
Mais Ton souffle ressuscitera ma joie,
et les abeilles messagères
butineront dessus ma fleur!

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Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés