L’heure la plus silencieuse

Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
Silence que chante l’âme compacte
dans le néant infini du corps!
Silence qui se drape d’énigmes
comme l’absolu du ciel à l’heure la plus nocturne!
Silence où je suis moi-même dans un monde neuf,
loin de cette vie brodée de mensonges!
Silence des dunes et des hamadas
sous un clair calme de lune!
Silence des nymphes et des hamadryades
dans l’onde impénétrable et diurne!
Silence de la mouette qui bat magnifique
le lit du vent,
et dédaigne l’houleux océan vers des îles lointaines!
Silence qui sonde la pensée indéfinie,
et revient chargé de perles et de grappes mûres!
Silence doux!
Silence parfait!
Silence qui apaise l’inconnu et l’invisible!
Silence léger, silence parfum!
Silence musical et poétique, silence bohémien!
Je suis de vos empires!
Je suis de vos feuillages!
Silence! Silence des dieux!

Poème marin

As-tu regardé la mer, mon ami,
et les cascades qui naissent
des rochers qu’elle drape de son écume?
As-tu vu son sein se gonfler,
respirer la plage, jeter et reprendre
ses filles marines?
As-tu aimé le vol onduleux
des blancs goélands,
survolant la nappe bleue?

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Si un Jour

Si un jour tu me demandes de chanter
pour toi une chanson,
mon coeur bondira de joie
comme une gazelle dans les savanes de midi;
et les rythmes éclateront dans mes jardins
comme soudain un essaim de colombes,
éclaboussant un beau ciel d’azur!
J’irai tôt vers le soleil,
dénuder les premiers rayons de sa lyre;

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Tableau

Boudeuse la lune,
au clair de son charme,
verse sur l’eau rêvante,
des caresses humides!
Boudeuse la lune,
charme mes heures,
où au clair soyeux de ses rayons,
je pense, médite et pleure!

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Tableau sylvestre

Tout nu,
l’arbre au vent
offre sa chevelure,
où mille pipeaux secs
broutent des poèmes brefs et aigus!
Mélancolique et tout nu en sa masse enchevêtrée,
– d’où tombe comme un bruit de soie –
l’arbre, plein de soleil, offre des rameaux fiers,
d’où des ailes splendides
fuient…

vers l’ombre disparue
des fleurs!

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