Mon Bien-Aimé
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
Ô Poésie!
Toi qui ne chantes que la vie et l’amour en l’homme,
allons retrouver l’aube,
au bout du long chemin,
retrouver l’aube au bout de la lutte!
Voici nos chants!
Voici notre sang!
Voici nos rêves, nos peines et nos diamants!
Empêche-les, ô! Dieu du Ciel!
Dieu des justes et des midis opprimés!
empêche-les de couler en vain!
Nos coupes débordent de larmes qui crient!
Vers toi, ô Ciel!
Puisque tu es divinité d’Amour,
puisque mourir,
pour l’orphelin,
c’est te rejoindre;
dans une étreinte infinie de lumière,
donne-nous l’espoir, la rose et leur parfum!
Nos âmes sont piétinées!
Donne-nous l’aube, l’aube de nos demains!
Ô Poésie!
Assez rimer cette vie,
et l’amour qu’on galvaude, qu’on renie!
Allons retrouver cette aube
au bout du chemin;
retrouver l’aube,
au bout de la lutte!
Allons, mes frères,
voici déjà la tombe!
Mais non la fin!
Non la cendre!
Mais une lumière!
Un éveil!
Une victoire!
Sur la vie!
Sur les ténèbres, mes frères!
Car voici l’aube… au bout des chemins!
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés