C’était hier

Hier, en passant près de ma demeure,

tu es venu t’asseoir à l’ombre de mes jardins.

Tu as mangé de mes fruits;

et dans le silence de ton coeur,

tu a béni mes arbres et mes rameaux.

Depuis ce jour mémorable,

j’ai tracé de nouvelles allées

parmi l’herbe tendre et les fleurs odorées.

Et ma tristesse me tourmente

– sans cesse –,

car en mon coeur quelque chose me dit,

qu’avant longtemps,

tu ne reviendras plus mêler ton ombre

aux ombrages que tu as bénis.

Tes traces sont encore partout vivantes;

aucun pas d’ami n’est venu les effacer.

Car parmi l’herbe verte et les feuillées fleuries,

         j’ai emprunté de nouveaux chemins.

Et chaque matin je me lève avec l’aube,

         et nettoie la poussière des étoiles,

qui tombe les effleurer;

et je prie le Ciel que tu reviennes,

en baisant, comme elle,

ô Dahesh!

ton passage qui m’a béni.

Poème marin

As-tu regardé la mer, mon ami,
et les cascades qui naissent
des rochers qu’elle drape de son écume?
As-tu vu son sein se gonfler,
respirer la plage, jeter et reprendre
ses filles marines?
As-tu aimé le vol onduleux
des blancs goélands,
survolant la nappe bleue?

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Si un Jour

Si un jour tu me demandes de chanter
pour toi une chanson,
mon coeur bondira de joie
comme une gazelle dans les savanes de midi;
et les rythmes éclateront dans mes jardins
comme soudain un essaim de colombes,
éclaboussant un beau ciel d’azur!
J’irai tôt vers le soleil,
dénuder les premiers rayons de sa lyre;

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Tableau

Boudeuse la lune,
au clair de son charme,
verse sur l’eau rêvante,
des caresses humides!
Boudeuse la lune,
charme mes heures,
où au clair soyeux de ses rayons,
je pense, médite et pleure!

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Tableau sylvestre

Tout nu,
l’arbre au vent
offre sa chevelure,
où mille pipeaux secs
broutent des poèmes brefs et aigus!
Mélancolique et tout nu en sa masse enchevêtrée,
– d’où tombe comme un bruit de soie –
l’arbre, plein de soleil, offre des rameaux fiers,
d’où des ailes splendides
fuient…

vers l’ombre disparue
des fleurs!

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