C’était hier

Hier, en passant près de ma demeure,

tu es venu t’asseoir à l’ombre de mes jardins.

Tu as mangé de mes fruits;

et dans le silence de ton coeur,

tu a béni mes arbres et mes rameaux.

Depuis ce jour mémorable,

j’ai tracé de nouvelles allées

parmi l’herbe tendre et les fleurs odorées.

Et ma tristesse me tourmente

– sans cesse –,

car en mon coeur quelque chose me dit,

qu’avant longtemps,

tu ne reviendras plus mêler ton ombre

aux ombrages que tu as bénis.

Tes traces sont encore partout vivantes;

aucun pas d’ami n’est venu les effacer.

Car parmi l’herbe verte et les feuillées fleuries,

         j’ai emprunté de nouveaux chemins.

Et chaque matin je me lève avec l’aube,

         et nettoie la poussière des étoiles,

qui tombe les effleurer;

et je prie le Ciel que tu reviennes,

en baisant, comme elle,

ô Dahesh!

ton passage qui m’a béni.

Triptyque

[Volet gauche du triptyque]

« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »

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Tristesse

L’hiver aura plus de pleurs,
et plus de tristesse hantera
nos saules pleureurs,
pour un « seul innocent divin », mort sur l’autel qui préjuge
que pour « l’humanité entière »,
saccagée par les crimes de guerre…
Pour un seul divin, seigneur,
l’hiver eût plus de pleurs!

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