L’Étoile du Berger
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
C’est le jour qui s’éveille!
Tout est gloire!
Tout est flamme!
Tout est couleurs!
Les fées diurnes font et défont mille feux,
les nuances se lient aux nuances,
les chants aux chants,
la nuit au jour…
L’ivresse!
Ô l’ivresse, soudain, d’une prière,
hante mon réveil et me ravit.
Quel enchantement de secouer sa torpeur,
comme une aile hirondelle frôlée par le vin
envol!
Quelle joie de participer au festin terrestre,
qui noue l’offrande des âmes en un doux chant
universel!
C’est le jour qui se lève.
Un jour sans borne ni fin…
Plus de crépuscules!
Plus de nuits!
Plus de songes!
Un plein midi éternel!
Le jour s’éveille…
Monte et mûrit sa gloire!
Radieux!
Superbe!
A tous ceux qui s’estiment supérieurs à tout dieu!
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!
Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés