L’Étoile du Berger
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Si toute la Terre,
hérissée de clochers sublimes,
déchirait le Ciel à ses carillons,
– comme Tes paradis, Seigneur !
un jour de fêtes –
je n’élèverai mon regard, ni ne sécherai mes larmes,
que le jour où j’entendrai Ses pas !
Je fermerai mon cœur à tous les matins,
et davantage chaque nuit,
je m’abîmerai sans lever les yeux à Tes étoiles,
jusqu’au jour, Seigneur !
où j’entendrai Ses pas !
Aucun fruit ne me tentera,
aucune joie ! aucun remords !
Je laisserai Ton calice vide,
ma table nue, sans pain,
jusqu’au jour où j’entendrai Ses pas !
Aucune prière ne sortira de ma bouche,
de mon cœur meurtri,
ni chant ni au moins l’espoir d’un regret jamais,
n’effleurera ma poitrine !
Je serai néant noir,
sans lune, sans reflet, sans étoiles,
jusqu’au jour, Seigneur !
où j’entendrai Ses pas !
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!
Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés