La colombe

Je te chante

                   en des mots qui pleurent,

                   toi que personne ne connaît!

Et cette tristesse est toute ma joie!

Je te chante sur la terre oublieuse

                   où tant de colombes furent reniées!

J’ai peur pour toi,

                   lumière des générations.

Ici, c’est le coeur de l’enfer,

                   une rose de vices

                   que l’on nomme la Terre!

Reprends ton vol,

ô blanche colombe de Noé!

vers tes paradis d’émeraudes et de diamants!

         Douce colombe, où poseras-tu les pattes?

Rejoins le coeur de Dieu avec ton rameau d’olivier,

et toujours, de moi souviens-toi.

L’Étoile du Berger

Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.

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L’heure la plus silencieuse

Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!

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L’hiver

L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!

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L’indifférent

Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!

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