La marguerite

Ils se sont se prosterner parmi la foule
venue se bénir le front en ces lieux impassibles,
où tu demeurais muet et lointain!

Et quand mon tour arriva,
pour esquiver ma confusion et la leur, je fuis au loin!
Car dans mes mains, je ne t’offrais qu’une frêle marguerite,
qui souriait bien pauvre mais lutin!

Depuis ces jours de fêtes, j’ai bien changé!
Car ton silence n’a cessé de germer en moi,
et ta chaude bonté d’enrichir mon existence!
Mais à l’autel de mes frères jamais ne suis revenu!

Mes fleurs ont mûri loin d’eux et de leurs ronces,
et parlent un autre langage que leurs guirlandes!
J’ai fait de ma solitude un jardin superbe,
et mes fleurettes, là, sont toutes gaies
et toujours plus lutines!

Et chaque fois que l’Étoile du Matin
me sourit dans ton ciel d’amour,
toute branche en chaque arbre de mes allées,
lance sa prière en mille guirlandes de remerciements!
Et chaque fleur éclate
en une envolée d’ineffables papillons!

Cette marguerite si frêle,
toi seul l’as reçue;
mais à l’autel des foules colorées,
jamais depuis ne suis revenu!

Triptyque

[Volet gauche du triptyque]

« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »

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Tristesse

L’hiver aura plus de pleurs,
et plus de tristesse hantera
nos saules pleureurs,
pour un « seul innocent divin », mort sur l’autel qui préjuge
que pour « l’humanité entière »,
saccagée par les crimes de guerre…
Pour un seul divin, seigneur,
l’hiver eût plus de pleurs!

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