Triptyque
[Volet gauche du triptyque]
« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »
Allons vers l’autre rive, mon âme,
allons renaître aux temps nouveaux!
– Où rien de ce monde n’existe,
d’où tout l’homme est banni. –
Où les jardins ont des musiques pures,
et la mer, la magie des chants divins!
Allons-nous mon âme vers d’autres rivages,
où l’ombre est colorée comme l’aube,
au pastel des paradis;
et le bonheur, joaillier de nos amours,
en mille vagues revient se briser sur les pierres,
et polir le chant des feuillages.
Allons vers les sources aux eaux douces,
qui baignent de paix la lumière
et le pas poétique des nymphes!
Allons vers ces coeurs,
ces coeurs qui n’ont d’autre entrave,
qu’une liberté ensoleillée!
Où l’idéal gouverne le dieu
et l’orgueil des séraphins! Allons…
Allons vers cette dimension de vertige,
revivre d’autres siècles d’amour!
Allons là où les pleines lunes en grappes,
et les saisons et l’heure,
oublieuses du temps qui passe,
jouent et se mirent dans un océan vermeil de parfums!
Si les roses et les lilas,
ont des pétales pour coeur,
si les nuits sont criblées d’étoiles,
si nulle côte ne pourra compter ses vagues,
moi? je n’ai que ce rêve,
– mourir –
mourir sans fin vers cette rive mon âme!
Ensemble nous avons cueilli,
pour l’Offrande, pour l’Offrande,
les rires et les pleurs,
et la rosée,
la rosée des tendres fleurs!
Ensemble vendangé,
Ensemble, mon âme,
laissé mûrir,
ensemble, bu et chanté,
les grappes de nos vignes, de nos vignes.
Que reviennent ces jours chargés de fruits,
et cette ombre bleue qui tombe des rayons.
Revienne, revienne,
le temps des perles,
le temps des émeraudes,
pour cueillir, l’Offrande,
l’Offrande de guirlandes,
à notre Seigneur!
Allons-nous vers l’autre rive mon âme,
allons renaître aux temps nouveaux!
[Volet gauche du triptyque]
« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »
L’hiver aura plus de pleurs,
et plus de tristesse hantera
nos saules pleureurs,
pour un « seul innocent divin », mort sur l’autel qui préjuge
que pour « l’humanité entière »,
saccagée par les crimes de guerre…
Pour un seul divin, seigneur,
l’hiver eût plus de pleurs!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés