L’Étoile du Berger
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Dahesh!
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi cette couronne d’épines et la foule haineuse de Pilates et de pharisiens?!
Si tu n’es pas Jésus,
d’où grêlent ces miracles et ce vin?
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi ces hosannas, et ces blasphèmes?!
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi cet ange qui se rebelle et cet autre qui se prosterne?!
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi ce divin bouclier autour de toi?
Si tu n’es pas Jésus, ô Dahesh!
pourquoi, versant une larme de joie, Madeleine rajeunie en ton amour, épand-elle sa chevelure, au doux parfum choisi, sur tes pieds adorés?
Si tu n’es pas Jésus!
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!
Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés