Mon Bien-Aimé
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
Dahesh!
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi cette couronne d’épines et la foule haineuse de Pilates et de pharisiens?!
Si tu n’es pas Jésus,
d’où grêlent ces miracles et ce vin?
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi ces hosannas, et ces blasphèmes?!
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi cet ange qui se rebelle et cet autre qui se prosterne?!
Si tu n’es pas Jésus,
pourquoi ce divin bouclier autour de toi?
Si tu n’es pas Jésus, ô Dahesh!
pourquoi, versant une larme de joie, Madeleine rajeunie en ton amour, épand-elle sa chevelure, au doux parfum choisi, sur tes pieds adorés?
Si tu n’es pas Jésus!
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés