Le Parfum inexprimé

Je sens vivement palpiter en moi,
comme le parfum d’une foule d’accords inexprimés.
Et qui s’éteignent avec des échos finement lointains,
dès qu’ils effleurent ma conscience.
Mais à chaque fois que je prends la plume
pour épingler ces êtres aux ailes de musique,
le rythme et la pensée nette m’échappent;
et, volant loin de moi à tire-d’aile,
le flot suave me déserte,
comme soudain… une envolée de papillons
blottis dans la feuillée!

Avez-vous vu rire aux éclats un buisson,
au pied d’un saule pleureur,
ou d’un palmier d’Arabie plein d’oiseaux?

Je dépose alors tout espoir de les poursuivre;
et pourtant, leur visite imprévue reste là,
en moi, bien tonique et indéfinie.
Je tente aussitôt (mais en vain) d’ébaucher en tableau,
à l’aide de mots fugitifs pêchés dans l’émotion,
la joie que m’a valu ce moment ineffable et onduleux…
Ombre de cygne,
caressant son nid de flots,
comment retenir ton souffle et surtout ton verbe?!
Oh! vraiment, que je suis enfant!

« Et boudeuse la lune,
au clair de son charme,
verse sur l’eau rêvante
des reflets humides!
Boudeuse la lune,
charme ces moments impressionnants,
où,
au clair doux des rayons,
je pense,
médite,
et pleure. »

L’Étoile du Berger

Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.

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L’heure la plus silencieuse

Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!

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L’hiver

L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!

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L’indifférent

Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!

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