Triptyque
[Volet gauche du triptyque]
« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »
C’est l’heure musicale où la Nature élève au Créateur sa chanson.
C’est l’heure ensorceleuse et divine
où l’Aurore et les Muses
vagabondent dans le ciel des rêves de la Pensée.
C’est l’heure vermeille et transparente
qui retouche et reprend de son pinceau magique
le grand tableau de la Raison.
Tout semble broder sa note dans le Canevas harmonieux.
Mais les déshérités du Matin gardent le silence,
et demeurent « sans frémir » au chant de l’Espoir.
Ce n’est pas pour eux que la Nature chante!
Ils continuent de « rêver » dans leur coin,
sous des chaînes lourdes qui grincent dans l’Ombre.
Ils ne brisent pas leurs chaînes,
les déshérités de la Vie,
et restent fascinés par le serpent de l’Impossible,
qui rampe, ondule et siffle sous leur front humilié:
« Ne vous laissez pas séduire par ce chant harmonieux… pourquoi l’effort? À quoi sert l’action quand tout est perdu? »
Ils attendent l’heure qui saignera
sur le bleu pâle de l’océan;
dont le soleil, chaque soir,
lance pour eux aux étoiles leur chanson!
Ils ne brisent pas leurs chaînes,
les déshérités de l’Espoir;
ils n’y enfoncent pas leurs dents,
il ne les liment point avec leurs ongles…
Ils restent dans l’Ombre,
(berçant leurs chaînes contre leur sein
comme un enfant malade…)
sans tressaillir aux joies du Matin!
[Volet gauche du triptyque]
« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »
L’hiver aura plus de pleurs,
et plus de tristesse hantera
nos saules pleureurs,
pour un « seul innocent divin », mort sur l’autel qui préjuge
que pour « l’humanité entière »,
saccagée par les crimes de guerre…
Pour un seul divin, seigneur,
l’hiver eût plus de pleurs!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés