L’Étoile du Berger
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
À l’heure où la rose, le songe et le parfum,
se prélassent rose, noir, ou safran!
à l’heure où le mal de génie,
languit poème, chant et prose!
à l’heure où la Nymphe diurne
se baigne sous la ramée du silence opalin!
À l’heure où tout semble recueilli
dans l’ivre et le morose!
à l’heure où le calme matin
brode son parfait
sous l’empire criblé qui défaillit!
je trempe ma plume dans ce silence encore noir,
et déjà bleu-gris,
et griffonne quelques mots…
Des phrases… Sombres. Mornes. Ou gaies…
À l’heure où l’Ange antique
dilue les ombres
dans son géant gobelet argentin!
À l’heure où du fond des lieux,
s’ouvrent des ailes rajeunies de rayons,
où ciel et lune,
portent encore,
ce tendre regard félin!
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!
Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés