Mon Bien-Aimé
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
À l’heure où la rose, le songe et le parfum,
se prélassent rose, noir, ou safran!
à l’heure où le mal de génie,
languit poème, chant et prose!
à l’heure où la Nymphe diurne
se baigne sous la ramée du silence opalin!
À l’heure où tout semble recueilli
dans l’ivre et le morose!
à l’heure où le calme matin
brode son parfait
sous l’empire criblé qui défaillit!
je trempe ma plume dans ce silence encore noir,
et déjà bleu-gris,
et griffonne quelques mots…
Des phrases… Sombres. Mornes. Ou gaies…
À l’heure où l’Ange antique
dilue les ombres
dans son géant gobelet argentin!
À l’heure où du fond des lieux,
s’ouvrent des ailes rajeunies de rayons,
où ciel et lune,
portent encore,
ce tendre regard félin!
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés