Mon Bien-Aimé
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
Silence que chante l’âme compacte
dans le néant infini du corps!
Silence qui se drape d’énigmes
comme l’absolu du ciel à l’heure la plus nocturne!
Silence où je suis moi-même dans un monde neuf,
loin de cette vie brodée de mensonges!
Silence des dunes et des hamadas
sous un clair calme de lune!
Silence des nymphes et des hamadryades
dans l’onde impénétrable et diurne!
Silence de la mouette qui bat magnifique
le lit du vent,
et dédaigne l’houleux océan vers des îles lointaines!
Silence qui sonde la pensée indéfinie,
et revient chargé de perles et de grappes mûres!
Silence doux!
Silence parfait!
Silence qui apaise l’inconnu et l’invisible!
Silence léger, silence parfum!
Silence musical et poétique, silence bohémien!
Je suis de vos empires!
Je suis de vos feuillages!
Silence! Silence des dieux!
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés