L’impardonnable

Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Qui tombent poignardés au nom de la liberté,
– l’âme de leur vie, –
Comme tombent les feuilles mortes,
Comme tombent la grêle
Et les perles de neige!
Un million d’hommes!
Héros ou victimes!
Morts dans l’ouragan
D’événements sublimes,
– d’où jaillit le vol multicolore
De l’archange immortalisé! –
Sont un malheur moins grand pour la vie,
Et pèsent moins lourd dans la balance juge,
Et sont une calamité moins criante,
Qu’un seul innocent divin!
Dont le sang infortuné a coulé
Pour abreuver nos racines de savoir sacré!
– qu’un prophète –
Assassiné
Dans la citadelle du siècle,
O siècle des libertés!
Et révolte dieu plus vite,
Qu’un million d’hommes morts assassinés!

L’Étoile du Berger

Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.

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L’heure la plus silencieuse

Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!

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L’hiver

L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!

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L’indifférent

Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!

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