L’inexorable tempête

Je sais que la caravane des jours portera mes chansons où que tu demeures.

Toutes célèbrent le miel et la nostalgie de ton retour!

Qu’importe si, dans mes hâtes ou mes faiblesses, j’ai bafoué, impardonnable, l’harmonie chenue et reconnue?

En butinant le suc de mes heures de solitude, mes abeilles laborieuses n’ont pensé qu’à toi!

Toi seul, Père et Maître de l’Offrande!

 

Leur murmure soyeux semblait brûlé de diamants choisis, serti d’actes purs.

Dis-moi, Dahesh, comment briser cette digue d’attente?

Comment m’élancer vers tes rives?

Comment dévêtir la gangue qui prédit mon amour de soleils?

 

Oh! lève-toi, inexorable tempête!

Viens rompre l’orgueil infus dans mes pierres,

que l’été rende plus douce ma vie,

nuages légers au sein de l’azur…

et m’évapore,

volonté de solitaire,

dans la grande solitude bleue!

Qu’au moins une parcelle de moi

s’envole vers lui!

Poème marin

As-tu regardé la mer, mon ami,
et les cascades qui naissent
des rochers qu’elle drape de son écume?
As-tu vu son sein se gonfler,
respirer la plage, jeter et reprendre
ses filles marines?
As-tu aimé le vol onduleux
des blancs goélands,
survolant la nappe bleue?

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Si un Jour

Si un jour tu me demandes de chanter
pour toi une chanson,
mon coeur bondira de joie
comme une gazelle dans les savanes de midi;
et les rythmes éclateront dans mes jardins
comme soudain un essaim de colombes,
éclaboussant un beau ciel d’azur!
J’irai tôt vers le soleil,
dénuder les premiers rayons de sa lyre;

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Tableau

Boudeuse la lune,
au clair de son charme,
verse sur l’eau rêvante,
des caresses humides!
Boudeuse la lune,
charme mes heures,
où au clair soyeux de ses rayons,
je pense, médite et pleure!

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Tableau sylvestre

Tout nu,
l’arbre au vent
offre sa chevelure,
où mille pipeaux secs
broutent des poèmes brefs et aigus!
Mélancolique et tout nu en sa masse enchevêtrée,
– d’où tombe comme un bruit de soie –
l’arbre, plein de soleil, offre des rameaux fiers,
d’où des ailes splendides
fuient…

vers l’ombre disparue
des fleurs!

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