L’inexorable tempête

Je sais que la caravane des jours portera mes chansons où que tu demeures.

Toutes célèbrent le miel et la nostalgie de ton retour!

Qu’importe si, dans mes hâtes ou mes faiblesses, j’ai bafoué, impardonnable, l’harmonie chenue et reconnue?

En butinant le suc de mes heures de solitude, mes abeilles laborieuses n’ont pensé qu’à toi!

Toi seul, Père et Maître de l’Offrande!

 

Leur murmure soyeux semblait brûlé de diamants choisis, serti d’actes purs.

Dis-moi, Dahesh, comment briser cette digue d’attente?

Comment m’élancer vers tes rives?

Comment dévêtir la gangue qui prédit mon amour de soleils?

 

Oh! lève-toi, inexorable tempête!

Viens rompre l’orgueil infus dans mes pierres,

que l’été rende plus douce ma vie,

nuages légers au sein de l’azur…

et m’évapore,

volonté de solitaire,

dans la grande solitude bleue!

Qu’au moins une parcelle de moi

s’envole vers lui!

L’Étoile du Berger

Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.

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L’heure la plus silencieuse

Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!

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L’hiver

L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!

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L’indifférent

Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!

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