L’Étoile du Berger
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Dahesh !
Je reviendrai demain,
avec le chant des étoiles,
adorer l’ombre bénie de tes palmiers !
Je reviendrai avec la brise de l’hiver,
humer le parfum de tes contrées fleuries !
Je reviendrai de la tombe, pleurer mon soleil disparu,
toi mon espoir et ma vie !
Je reviendrai dans les fruits mûrs de l’été,
enrichir le cœur des saisons,
et je chanterai la gloire
et l’hymne de ton nom !
Je reviendrai sertir les nuits,
comme une pluie d’astres multicolores,
et, pareil au moineau des lianes en fleurs,
je me recueillerai au sein vermeil des souvenirs !
Je reviendrai pleurer,
avec la rosée des matins,
les pages mortes de mon amour ;
je reviendrai, comme une richesse d’hirondelles,
embellir le printemps de la vie…
Je reviendrai à la Terre,
par toi, Dahesh, autel de tant de Mondes,
prier Dieu qu’en toi j’ai connu !
Je reviendrai, comme les vagues de la mer,
effacer trop de misères ;
humant le souffle de ton passage,
sur les rivages que tu as bénis.
Ouvre-moi ta chrysalide d’ombres,
tabernacle absolu et chéri !
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!
Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés