Mon Bien-Aimé
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
comme un souvenir par le désespoir glacé!
Et le sourire des nénuphars,
et la perle qui danse sur la joue des roses!
Et le soleil qui bénit,
et l’hiver qui chante et frémit,
et la vie qui vagabonde
d’une planète l’autre
avec une sébile toujours vide!
Et le diamant mêlé de boue et de fables,
et le fort,
et le frêle,
et le jour et la nuit,
comme l’âme, entre la mort et la vie, trimballée!
Et l’onde et le sel et le jardin des Arts et des Muses?
Et le paradis!
Que sont, mon Dieu, toutes ces choses?
Une fleur dans Ta main?
Seigneur, une écharde dans Ton coeur?
Une blessure qui saigne dans l’Âme universelle?
Une joie qui s’épanouit de la rocaille vers l’Esprit?
Et les Royaumes et la Tombe, et le Néant,
et l’Ange et la Flamme, et le Verbe,
et la Rime, et l’Image, et la Pensée,
et Toi, Seigneur?
Mystères!
Mystères!
Mystères!
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés