Triptyque
[Volet gauche du triptyque]
« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
toi qui d’un baiser embrases les soleils,
et rends douce la lune des amants;
toi qui éveilles les hymnes multicolores
que brodent les papillons;
ô douceur plus belle que l’aurore!
joie qu’aborde l’âme dès son berceau!
toi, Nymphe au regard d’étoiles!
maintenant que tout s’achève,
semble-t-il,
maintenant que l’onde,
l’onde immortelle,
va rejoindre l’onde extrême,
vie! ô vie! ouvre-moi tes bras déesses,
et chasse de mon sein le spectre
de ces moments de cendres!
Viens, flot de souvenirs,
en ta crinière cristalline,
douce et rebelle comme la Diane chasseresse,
viens bouleverser, viens fleurir,
dans les savanes de ce coeur,
les rêves que sucera sitôt la poussière!
Que ton chant aux notes veloutées,
si vermeilles, me redessine un monde de colombes,
parmi les buissons qui sombrent dans l’ombre,
et de nuages bleus,
et l’idéal,
et les songes paquebots.
[Volet gauche du triptyque]
« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »
L’hiver aura plus de pleurs,
et plus de tristesse hantera
nos saules pleureurs,
pour un « seul innocent divin », mort sur l’autel qui préjuge
que pour « l’humanité entière »,
saccagée par les crimes de guerre…
Pour un seul divin, seigneur,
l’hiver eût plus de pleurs!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés