Mon Bien-Aimé
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
toi qui d’un baiser embrases les soleils,
et rends douce la lune des amants;
toi qui éveilles les hymnes multicolores
que brodent les papillons;
ô douceur plus belle que l’aurore!
joie qu’aborde l’âme dès son berceau!
toi, Nymphe au regard d’étoiles!
maintenant que tout s’achève,
semble-t-il,
maintenant que l’onde,
l’onde immortelle,
va rejoindre l’onde extrême,
vie! ô vie! ouvre-moi tes bras déesses,
et chasse de mon sein le spectre
de ces moments de cendres!
Viens, flot de souvenirs,
en ta crinière cristalline,
douce et rebelle comme la Diane chasseresse,
viens bouleverser, viens fleurir,
dans les savanes de ce coeur,
les rêves que sucera sitôt la poussière!
Que ton chant aux notes veloutées,
si vermeilles, me redessine un monde de colombes,
parmi les buissons qui sombrent dans l’ombre,
et de nuages bleus,
et l’idéal,
et les songes paquebots.
Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;
Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés