L’Étoile du Berger
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
J’aime ton long voyage vers la baie tranquille!
J’aime les grappes mûrissantes
de tes jardins solitaires et fragiles!
J’aime ces fruits succulents, ivres de lenteur,
et de tendre patience infus!
Tu es un temple de bonheur gitan!
Ôte ce loup de velours noir
qui masque ton front éclatant;
déchire ce masque de nuit
qui obnubile ton aube vermeille!
Ranime le feu de tes cendres, de ta jeunesse;
ta beauté est suprême,
ton ombre est joie choisie!
Emporte-moi sur tes ballades!
Emporte-moi, refrain de mon coeur;
cap vers les cieux et l’infini!
Larguons les amarres
vers l’extase sidérale des étoiles,
ton nid, bohème!
Tristesse, tristesse,
de mille et mille joyeuses extases,
de mille et mille splendeurs imbue!
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!
Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés