Si un Jour

Si un jour tu me demandes de chanter
pour toi une chanson,
mon coeur bondira de joie
comme une gazelle dans les savanes de midi;
et les rythmes éclateront dans mes jardins
comme soudain un essaim de colombes,
éclaboussant un beau ciel d’azur!
J’irai tôt vers le soleil,
dénuder les premiers rayons de sa lyre;
et près des cascades et des fontaines,
j’emplirai ma solitude d’un peu d’harmonie.
Et mon bonheur… resplendira;
tel un arc-en-ciel après une chute de pluie,
tant que pour toi je chanterai!
Tant que vers toi, s’élèveront mes chansons!
Tu es le Rêve inconnu
qui se baigne timide
dans l’onde de minuit!
Tu es la Nymphe ensorceleuse
qui hante nos bois de mai!
Tu es l’aube des jasmins
qui étanche le feu de l’Amour!
Tu es le crépuscule où pleure Cupidon!
Tu es l’Étoile du Matin
qui marque de son grain de charme l’aurore!
Tu es la flamme féline
qui rythme d’envie
nos vagues et nos rimes!
Tu es le Cantique divin de chair et de parfum!
Tu es le Temple céleste des songes défendus!
Tu es la Rose vermeille
que réclame la nuit
dans les bras voluptueux du matin!
Tu es la rive soyeuse des espérances amoureuses!
Tu es l’île enchanteresse des soupirs poètes!
Tu es l’extase et le ravissement de la prose!
Tu es une feuillée fleurie de charmes!
Ô toi, dont le corps chante comme une mélodie!
Toi dont l’Heure s’étend à tes pieds
comme une rive en prière!
Toi dont le moindre nectar
est doux et choisi!
Toi dont la nude beauté
est vêtue de pudeur
et de noblesse,
– comme les cimes enchantées de neige pure! –
Toi, la «Fiancée» et l’Âme lactée!
Toi, Muse extrême…
et je rêve qu’un jour,
tu me demanderas, moi pauvre rossignol,
de chanter pour toi… ma chanson!

Triptyque

[Volet gauche du triptyque]

« Un grand prophète est parmi nous.
Un prophète que chante l’Évangile de Jean,
le Coran sacré de l’Islam
et les pages immortelles de David et de Salomon… »

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Tristesse

L’hiver aura plus de pleurs,
et plus de tristesse hantera
nos saules pleureurs,
pour un « seul innocent divin », mort sur l’autel qui préjuge
que pour « l’humanité entière »,
saccagée par les crimes de guerre…
Pour un seul divin, seigneur,
l’hiver eût plus de pleurs!

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