L’Étoile du Berger
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Si un jour tu me demandes de chanter
pour toi une chanson,
mon coeur bondira de joie
comme une gazelle dans les savanes de midi;
et les rythmes éclateront dans mes jardins
comme soudain un essaim de colombes,
éclaboussant un beau ciel d’azur!
J’irai tôt vers le soleil,
dénuder les premiers rayons de sa lyre;
et près des cascades et des fontaines,
j’emplirai ma solitude d’un peu d’harmonie.
Et mon bonheur… resplendira;
tel un arc-en-ciel après une chute de pluie,
tant que pour toi je chanterai!
Tant que vers toi, s’élèveront mes chansons!
Tu es le Rêve inconnu
qui se baigne timide
dans l’onde de minuit!
Tu es la Nymphe ensorceleuse
qui hante nos bois de mai!
Tu es l’aube des jasmins
qui étanche le feu de l’Amour!
Tu es le crépuscule où pleure Cupidon!
Tu es l’Étoile du Matin
qui marque de son grain de charme l’aurore!
Tu es la flamme féline
qui rythme d’envie
nos vagues et nos rimes!
Tu es le Cantique divin de chair et de parfum!
Tu es le Temple céleste des songes défendus!
Tu es la Rose vermeille
que réclame la nuit
dans les bras voluptueux du matin!
Tu es la rive soyeuse des espérances amoureuses!
Tu es l’île enchanteresse des soupirs poètes!
Tu es l’extase et le ravissement de la prose!
Tu es une feuillée fleurie de charmes!
Ô toi, dont le corps chante comme une mélodie!
Toi dont l’Heure s’étend à tes pieds
comme une rive en prière!
Toi dont le moindre nectar
est doux et choisi!
Toi dont la nude beauté
est vêtue de pudeur
et de noblesse,
– comme les cimes enchantées de neige pure! –
Toi, la «Fiancée» et l’Âme lactée!
Toi, Muse extrême…
et je rêve qu’un jour,
tu me demanderas, moi pauvre rossignol,
de chanter pour toi… ma chanson!
Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.
Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!
L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!
Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés