C’était hier

Hier, en passant près de ma demeure,

tu es venu t’asseoir à l’ombre de mes jardins.

Tu as mangé de mes fruits;

et dans le silence de ton coeur,

tu a béni mes arbres et mes rameaux.

Depuis ce jour mémorable,

j’ai tracé de nouvelles allées

parmi l’herbe tendre et les fleurs odorées.

Et ma tristesse me tourmente

– sans cesse –,

car en mon coeur quelque chose me dit,

qu’avant longtemps,

tu ne reviendras plus mêler ton ombre

aux ombrages que tu as bénis.

Tes traces sont encore partout vivantes;

aucun pas d’ami n’est venu les effacer.

Car parmi l’herbe verte et les feuillées fleuries,

         j’ai emprunté de nouveaux chemins.

Et chaque matin je me lève avec l’aube,

         et nettoie la poussière des étoiles,

qui tombe les effleurer;

et je prie le Ciel que tu reviennes,

en baisant, comme elle,

ô Dahesh!

ton passage qui m’a béni.

L’Étoile du Berger

Seigneur!
C’est bien loin l’Étoile du Matin!
Quand j’ai soif de son onde absolue,
je contourne les lacs accueillants,
là où miroite, légère,
son image hyaline,
avec des reflets doucement pâles
et lamés.

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L’heure la plus silencieuse

Silence! Silence des dieux!
Silence de cygne!
Silence près des fontaines claires,
que nul objet étrange à sa nature ne dérange!
Silence de parfum dans le mystère des bourgeons!
Silence pur et léger,
évoluant à pas de chatte dans les cieux!
Silence sidéral qui me parle d’étoiles multicolores!

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L’hiver

L’hiver est revenu,
et le bois est si joli!
Oh! qu’il fait doux, sous la feuillée en pleurs,
respirer le parfum des branches,
quand le ciel mêle la pluie aux rêves des oiseaux!

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L’indifférent

Quand le « Devoir » me convoquera,
je laisserai mon père, et ma mère,
ma maison, et ma patrie;
et je volerai d’emblée
ainsi qu’une flèche en feu par sa cible happée.
Pour le Devoir je n’irai pas par quatre chemins!

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