C’était hier

Hier, en passant près de ma demeure,

tu es venu t’asseoir à l’ombre de mes jardins.

Tu as mangé de mes fruits;

et dans le silence de ton coeur,

tu a béni mes arbres et mes rameaux.

Depuis ce jour mémorable,

j’ai tracé de nouvelles allées

parmi l’herbe tendre et les fleurs odorées.

Et ma tristesse me tourmente

– sans cesse –,

car en mon coeur quelque chose me dit,

qu’avant longtemps,

tu ne reviendras plus mêler ton ombre

aux ombrages que tu as bénis.

Tes traces sont encore partout vivantes;

aucun pas d’ami n’est venu les effacer.

Car parmi l’herbe verte et les feuillées fleuries,

         j’ai emprunté de nouveaux chemins.

Et chaque matin je me lève avec l’aube,

         et nettoie la poussière des étoiles,

qui tombe les effleurer;

et je prie le Ciel que tu reviennes,

en baisant, comme elle,

ô Dahesh!

ton passage qui m’a béni.

L’inexorable tempête

Je sais que la caravane des jours portera mes chansons où que tu demeures.
Toutes célèbrent le miel et la nostalgie de ton retour!
Qu’importe si, dans mes hâtes ou mes faiblesses, j’ai bafoué, impardonnable, l’harmonie chenue et reconnue?

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La colombe

Je te chante
en des mots qui pleurent,
toi que personne ne connaît!
Et cette tristesse est toute ma joie!
Je te chante sur la terre oublieuse
où tant de colombes furent reniées!
J’ai peur pour toi,
lumière des générations.
Ici, c’est le coeur de l’enfer,
une rose de vices
que l’on nomme la Terre!
Reprends ton vol,
ô blanche colombe de Noé!
vers tes paradis d’émeraudes et de diamants!

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La marguerite

Ils se sont se prosterner parmi la foule
venue se bénir le front en ces lieux impassibles,
où tu demeurais muet et lointain!

Et quand mon tour arriva,
pour esquiver ma confusion et la leur, je fuis au loin!
Car dans mes mains, je ne t’offrais qu’une frêle marguerite,
qui souriait bien pauvre mais lutin!

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La rive des Séraphins

Allons vers l’autre rive, mon âme,
allons renaître aux temps nouveaux!
– Où rien de ce monde n’existe,
d’où tout l’homme est banni. –
Où les jardins ont des musiques pures,
et la mer, la magie des chants divins!
Allons-nous mon âme vers d’autres rivages,
où l’ombre est colorée comme l’aube,
au pastel des paradis;
et le bonheur, joaillier de nos amours,
en mille vagues revient se briser sur les pierres,
et polir le chant des feuillages.

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Le Liban, un peuple déicide!

Puisque l’innocent est jeté dans l’abîme.
Puisque les valeurs rampent adorer le crime.
Puisque l’aigle de la haine envahit toute cime.
Puisque le mal a triomphé quoique nous fîmes.
Seigneur…

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