Mon Bien-Aimé

Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur
pensée et passion;
depuis ma plus tendre enfance,
le parfum qui ne cessa d’obnubiler
le bosquet de mes heures et mes dunes de
songes;
la seule musique qui, comme un second coeur,
frappe encore sa douce cadence solitaire en moi,
c’est revoir ton visage adoré, Seigneur!
depuis ma plus tendre enfance!

Ô Divin Frère!
l’Ali des Prophètes et des Sages!
tu m’as donné à pleines mains
les aubes odorantes et tant de midis de bonheur,
en mes désirs les plus hauts!
Toutes mes routes, les voilà aplanies;
une aile douce me porte, infaillible épaule!
Et voici que survole ma volonté,
pareil l’aigle responsable,
de tendres méandres fleuris.

Que c’est bon, doux, que c’est merveille,

chanter sans fin le Bien-Aimé!

Oh! donne-moi toujours

la Musique, la Lyre et la Chanson!

C’est lui seul que je veux aimer,

servir et adorer.

Lui seul que tout doit glorifier,

lui obéir et contempler,

en chaque aube, chaque midi,

avec chaque étoile qui naît,

palpite ou frémit.

Mon Bien-Aimé

Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur

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Nocturne

Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;

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Nostalgie

Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!

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Nostalgie

Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!

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