L’impardonnable

Un million d’hommes!
Morts pour la patrie!
Un million d’hommes!
Qui ont abreuvé de leur sang
Les champs de bataille!
Un million d’hommes!
Qui tombent poignardés au nom de la liberté,
– l’âme de leur vie, –
Comme tombent les feuilles mortes,
Comme tombent la grêle
Et les perles de neige!
Un million d’hommes!
Héros ou victimes!
Morts dans l’ouragan
D’événements sublimes,
– d’où jaillit le vol multicolore
De l’archange immortalisé! –
Sont un malheur moins grand pour la vie,
Et pèsent moins lourd dans la balance juge,
Et sont une calamité moins criante,
Qu’un seul innocent divin!
Dont le sang infortuné a coulé
Pour abreuver nos racines de savoir sacré!
– qu’un prophète –
Assassiné
Dans la citadelle du siècle,
O siècle des libertés!
Et révolte dieu plus vite,
Qu’un million d’hommes morts assassinés!

Mon Bien-Aimé

Depuis ma plus tendre enfance,
le seul rêve qui me resta,
l’Ami, la Rose, ma Consolation et ma Chanson;
le seul espoir d’ambition qui survit dans mon
coeur

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Nocturne

Quand mon crépuscule atteindra
ses rimes nocturnes,
ô vie,
que dans une étreinte plus forte que l’Amour,
mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!
Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,
et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;

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Nostalgie

Ô nuit insondable!
Nuit éternelle et pure,
éloigne de moi le havre désiré!
J’ai connu,
– oh! comme la soif est belle! –
j’ai connu un plus haut bonheur
que celui d’être!
Ô havre, éloigne,
éloigne encore, et encore ton ombre!
Que ma marche vers tes cimes
dure l’Éternité!
Nuit insondable et pure,
éloigne-les encore!
Que ma marche vers tes étoiles
m’enivre toujours!

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Nostalgie

Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!

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