L’inexorable tempête

Je sais que la caravane des jours portera mes chansons où que tu demeures.

Toutes célèbrent le miel et la nostalgie de ton retour!

Qu’importe si, dans mes hâtes ou mes faiblesses, j’ai bafoué, impardonnable, l’harmonie chenue et reconnue?

En butinant le suc de mes heures de solitude, mes abeilles laborieuses n’ont pensé qu’à toi!

Toi seul, Père et Maître de l’Offrande!

 

Leur murmure soyeux semblait brûlé de diamants choisis, serti d’actes purs.

Dis-moi, Dahesh, comment briser cette digue d’attente?

Comment m’élancer vers tes rives?

Comment dévêtir la gangue qui prédit mon amour de soleils?

 

Oh! lève-toi, inexorable tempête!

Viens rompre l’orgueil infus dans mes pierres,

que l’été rende plus douce ma vie,

nuages légers au sein de l’azur…

et m’évapore,

volonté de solitaire,

dans la grande solitude bleue!

Qu’au moins une parcelle de moi

s’envole vers lui!

Les Coquelicots

Ô mes coquelicots,
mes désirs, mes joies!
Je suis en vous,
je suis votre champ,
je suis votre rouge et noir silence!
Et votre simple et indifférente beauté,
nue et farouche,
comme une goutte de sang,
qui oublie…

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Les déshérités

C’est l’heure musicale où la Nature élève au Créateur sa chanson.
C’est l’heure ensorceleuse et divine
où l’Aurore et les Muses
vagabondent dans le ciel des rêves de la Pensée.
C’est l’heure vermeille et transparente
qui retouche et reprend de son pinceau magique
le grand tableau de la Raison.

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Libre à chacun

Libre à vous,
d’adorer le Dieu d’Adam ou de Jésus!
Libre à vous,
de vénérer tout temple, tout encens et toute statue!
Libre à vous,
tout vin de cendres, d’épines ou de ciguë!
Libre à vous,

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Lutin

J’aime la Poésie,
son séjour riant et ses vertes fontaines;
et sa lune argentée,
qui caresse qui caresse un lac automnal, bleu ou doré!
J’aime le silence environnant qui tombe,
comme une chevelure de saule pleureur,
des nuits sidérales!
J’aime le soleil aussi, qui fredonne qui fredonne sa cadence
au rythme des oiseaux;
tantôt ocellé et frémissant,
tantôt rieur et goélette comme une mouette ivre de vents!

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Mai

Mai chéri!
Mai bien-aimé des jardins fleuris;
Mai de la mélancolie qui se déride et qui sourit;
Mai des chants, des cantiques
et de l’onde superbe
et choisie;

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