Mystères, mystères

La feuille qui tremble,
et la neige qui tombe,
le vent qui saccage,
et le courlis qui fuit…
comme un souvenir par le désespoir glacé!
Et le sourire des nénuphars,
et la perle qui danse sur la joue des roses!
Et le soleil qui bénit,
et l’hiver qui chante et frémit,
et la vie qui vagabonde
d’une planète l’autre
avec une sébile toujours vide!
Et le diamant mêlé de boue et de fables,
et le fort,
et le frêle,
et le jour et la nuit,
comme l’âme, entre la mort et la vie, trimballée!
Et l’onde et le sel et le jardin des Arts et des Muses?
Et le paradis!
Que sont, mon Dieu, toutes ces choses?
Une fleur dans Ta main?
Seigneur, une écharde dans Ton coeur?
Une blessure qui saigne dans l’Âme universelle?
Une joie qui s’épanouit de la rocaille vers l’Esprit?
Et les Royaumes et la Tombe, et le Néant,
et l’Ange et la Flamme, et le Verbe,
et la Rime, et l’Image, et la Pensée,
et Toi, Seigneur?
Mystères!
Mystères!
Mystères!

L’inexorable tempête

Je sais que la caravane des jours portera mes chansons où que tu demeures.
Toutes célèbrent le miel et la nostalgie de ton retour!
Qu’importe si, dans mes hâtes ou mes faiblesses, j’ai bafoué, impardonnable, l’harmonie chenue et reconnue?

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La colombe

Je te chante
en des mots qui pleurent,
toi que personne ne connaît!
Et cette tristesse est toute ma joie!
Je te chante sur la terre oublieuse
où tant de colombes furent reniées!
J’ai peur pour toi,
lumière des générations.
Ici, c’est le coeur de l’enfer,
une rose de vices
que l’on nomme la Terre!
Reprends ton vol,
ô blanche colombe de Noé!
vers tes paradis d’émeraudes et de diamants!

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La marguerite

Ils se sont se prosterner parmi la foule
venue se bénir le front en ces lieux impassibles,
où tu demeurais muet et lointain!

Et quand mon tour arriva,
pour esquiver ma confusion et la leur, je fuis au loin!
Car dans mes mains, je ne t’offrais qu’une frêle marguerite,
qui souriait bien pauvre mais lutin!

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La rive des Séraphins

Allons vers l’autre rive, mon âme,
allons renaître aux temps nouveaux!
– Où rien de ce monde n’existe,
d’où tout l’homme est banni. –
Où les jardins ont des musiques pures,
et la mer, la magie des chants divins!
Allons-nous mon âme vers d’autres rivages,
où l’ombre est colorée comme l’aube,
au pastel des paradis;
et le bonheur, joaillier de nos amours,
en mille vagues revient se briser sur les pierres,
et polir le chant des feuillages.

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Le Liban, un peuple déicide!

Puisque l’innocent est jeté dans l’abîme.
Puisque les valeurs rampent adorer le crime.
Puisque l’aigle de la haine envahit toute cime.
Puisque le mal a triomphé quoique nous fîmes.
Seigneur…

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Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés