Nocturne

Quand mon crépuscule atteindra

ses rimes nocturnes,

ô vie,

que dans une étreinte plus forte que l’Amour,

mon âme en toi s’épanouisse poèmes et oubli!

Toi qui embellis de doux ocelles la chenille,

et ranimes de tempêtes oubliées l’onde sénile;

toi qui d’un baiser embrases les soleils,

et rends douce la lune des amants;

toi qui éveilles les hymnes multicolores

que brodent les papillons;

ô douceur plus belle que l’aurore!

joie qu’aborde l’âme dès son berceau!

toi, Nymphe au regard d’étoiles!

maintenant que tout s’achève,

semble-t-il,

maintenant que l’onde,

l’onde immortelle,

va rejoindre l’onde extrême,

vie! ô vie! ouvre-moi tes bras déesses,

et chasse de mon sein le spectre

de ces moments de cendres!

Viens, flot de souvenirs,

en ta crinière cristalline,

douce et rebelle comme la Diane chasseresse,

viens bouleverser, viens fleurir,

dans les savanes de ce coeur,

les rêves que sucera sitôt la poussière!

Que ton chant aux notes veloutées,

si vermeilles, me redessine un monde de colombes,

parmi les buissons qui sombrent dans l’ombre,

et de nuages bleus,

et l’idéal,

et les songes paquebots.

L’inexorable tempête

Je sais que la caravane des jours portera mes chansons où que tu demeures.
Toutes célèbrent le miel et la nostalgie de ton retour!
Qu’importe si, dans mes hâtes ou mes faiblesses, j’ai bafoué, impardonnable, l’harmonie chenue et reconnue?

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La colombe

Je te chante
en des mots qui pleurent,
toi que personne ne connaît!
Et cette tristesse est toute ma joie!
Je te chante sur la terre oublieuse
où tant de colombes furent reniées!
J’ai peur pour toi,
lumière des générations.
Ici, c’est le coeur de l’enfer,
une rose de vices
que l’on nomme la Terre!
Reprends ton vol,
ô blanche colombe de Noé!
vers tes paradis d’émeraudes et de diamants!

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La marguerite

Ils se sont se prosterner parmi la foule
venue se bénir le front en ces lieux impassibles,
où tu demeurais muet et lointain!

Et quand mon tour arriva,
pour esquiver ma confusion et la leur, je fuis au loin!
Car dans mes mains, je ne t’offrais qu’une frêle marguerite,
qui souriait bien pauvre mais lutin!

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La rive des Séraphins

Allons vers l’autre rive, mon âme,
allons renaître aux temps nouveaux!
– Où rien de ce monde n’existe,
d’où tout l’homme est banni. –
Où les jardins ont des musiques pures,
et la mer, la magie des chants divins!
Allons-nous mon âme vers d’autres rivages,
où l’ombre est colorée comme l’aube,
au pastel des paradis;
et le bonheur, joaillier de nos amours,
en mille vagues revient se briser sur les pierres,
et polir le chant des feuillages.

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Le Liban, un peuple déicide!

Puisque l’innocent est jeté dans l’abîme.
Puisque les valeurs rampent adorer le crime.
Puisque l’aigle de la haine envahit toute cime.
Puisque le mal a triomphé quoique nous fîmes.
Seigneur…

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Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés