Les Coquelicots
Ô mes coquelicots,
mes désirs, mes joies!
Je suis en vous,
je suis votre champ,
je suis votre rouge et noir silence!
Et votre simple et indifférente beauté,
nue et farouche,
comme une goutte de sang,
qui oublie…
Tristesse, tristesse,
fleur extrême qui danse, invisible,
au coeur des printemps,
j’aime les chansons que me chante ta lyre bohème!
J’aime le vin de tes nostalgies pures!
J’aime ton long voyage vers la baie tranquille!
J’aime les grappes mûrissantes
de tes jardins solitaires et fragiles!
J’aime ces fruits succulents, ivres de lenteur,
et de tendre patience infus!
Tu es un temple de bonheur gitan!
Ôte ce loup de velours noir
qui masque ton front éclatant;
déchire ce masque de nuit
qui obnubile ton aube vermeille!
Ranime le feu de tes cendres, de ta jeunesse;
ta beauté est suprême,
ton ombre est joie choisie!
Emporte-moi sur tes ballades!
Emporte-moi, refrain de mon coeur;
cap vers les cieux et l’infini!
Larguons les amarres
vers l’extase sidérale des étoiles,
ton nid, bohème!
Tristesse, tristesse,
de mille et mille joyeuses extases,
de mille et mille splendeurs imbue!
Ô mes coquelicots,
mes désirs, mes joies!
Je suis en vous,
je suis votre champ,
je suis votre rouge et noir silence!
Et votre simple et indifférente beauté,
nue et farouche,
comme une goutte de sang,
qui oublie…
C’est l’heure musicale où la Nature élève au Créateur sa chanson.
C’est l’heure ensorceleuse et divine
où l’Aurore et les Muses
vagabondent dans le ciel des rêves de la Pensée.
C’est l’heure vermeille et transparente
qui retouche et reprend de son pinceau magique
le grand tableau de la Raison.
Libre à vous,
d’adorer le Dieu d’Adam ou de Jésus!
Libre à vous,
de vénérer tout temple, tout encens et toute statue!
Libre à vous,
tout vin de cendres, d’épines ou de ciguë!
Libre à vous,
J’aime la Poésie,
son séjour riant et ses vertes fontaines;
et sa lune argentée,
qui caresse qui caresse un lac automnal, bleu ou doré!
J’aime le silence environnant qui tombe,
comme une chevelure de saule pleureur,
des nuits sidérales!
J’aime le soleil aussi, qui fredonne qui fredonne sa cadence
au rythme des oiseaux;
tantôt ocellé et frémissant,
tantôt rieur et goélette comme une mouette ivre de vents!
Mai chéri!
Mai bien-aimé des jardins fleuris;
Mai de la mélancolie qui se déride et qui sourit;
Mai des chants, des cantiques
et de l’onde superbe
et choisie;
Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés