Poème Divin
-2-

Chaque peuple,
chaque nation,
et chaque être dans son domaine, Seigneur,
tente de se vanter d’une chose, qui,
en bonne réalité, ne lui appartient pas.
Car Toi seul est le Dispensateur
de toutes choses ici-bas!
Celui-ci dira: « N’est-ce-pas moi, Muse,
qui ai donné cette belle page?! »
Et cet autre: « Ce merveilleux tableau,
n’est-il pas venu au monde que grâce à mon pinceau? »
« Cette pyramide… c’est moi qui l’est conçue.
Et cette statue… éternise mon génie! »
Ils sont « tous » génies, Seigneur,
et tous le veulent clamer au monde;
et c’est bien leur droit légitime.
Mais Seigneur, qui lève son regard contempler Tes étoiles?
Qui est-ce qui écoute le chant sourdre pour lui
des silences interplanétaires dont Tu es l’image?
N’es-Tu pas – le Dispensateur, –
Toi seul – des richesses de la Terre?!
Toi – qui donnes au poète l’art de former des vers
pour alléger sa tristesse?!
Et au peintre l’astuce des couleurs
et les jeux du pinceau avide de toile vide?!
Et cette fleur qui sourit, épanouie de couleurs vives,
sur la pelouse des printemps?!
Et la cascade qui s’évanouit dans la vallée?!
Et le torrent qui gronde et jaillit comme la foudre?!
– N’est-ce pas Ton oeuvre?! –
Ton oeuvre, ces Mystères qui organisent les Mondes?!
Et ce grain de sable qui donne et redonne
l’inlassable mélodie des vagues et de l’écume?!
Et cet horizon qui blanchit,
– n’est-il pas Ton sourire?! –
N’est-ce pas une goutte qui succombe de Ton calice,
ce crépuscule qui palpite comme une blessure?!
Ô Seigneur! qui jamais put donner vie
à l’argile et l’aile rapide aux oiseaux?!
Qui aurait pu inventer le roulement des saisons
et la délicatesse des fruits;
et cette incroyable faune
qui grouille en mille formes et formes nuancée?!
C’est Toi Seigneur, c’est Ton oeuvre,
ces Phénix de Temps, d’Espace, et d’Infini!
Et Tu laisses l’aveugle caboter dans son ignorance,
or qu’à la Vérité Tu dis: « Hâte-toi vers moi sans te lasser! »
Elle vient dans Tes jardins courtoiser les astres,
comme l’abeille butineuse s’en va sucer
le miel d’une fleur, puis d’une autre et encore d’une autre,
et sans fin nous revient plus généreuse.
Donne-moi, Seigneur, donne-moi!
la Musique, la Lyre, et la Chanson!
Donne-moi le Pétale, la Rose, et le Parfum!
Donne-moi le Courage, l’Amour, et la Justice!
Donne-moi le Bonheur, l’Extase, et l’Harmonie!
Donne-moi le Suc, l’Espoir, et le Désir!
Donne-moi tout!
Et je le donnerai pour un autre instant
à l’ombre de Ton Prophète Bien-Aimé!
Il est la route vers Toi!
Il est l’aile, le pardon et l’espace!
Il est l’impensable lac béni
qui reflète Ton image!
Il est l’aube de Tes paradis!
Il est Ton midi radieux!
Donne-moi pour racheter
un moment éternel à ses pieds!
Donne-moi, Seigneur, le pain et le vin de la vie!
Dahesh est mon seul bonheur infini!
Du jour et de la nuit,
il en est le soleil, la lune et les étoiles;
et la douceur de l’aube,
et la douleur des crépuscules.
Donne-moi, Seigneur, donne-moi,
mon chemin vers Lui!

Les Coquelicots

Ô mes coquelicots,
mes désirs, mes joies!
Je suis en vous,
je suis votre champ,
je suis votre rouge et noir silence!
Et votre simple et indifférente beauté,
nue et farouche,
comme une goutte de sang,
qui oublie…

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Les déshérités

C’est l’heure musicale où la Nature élève au Créateur sa chanson.
C’est l’heure ensorceleuse et divine
où l’Aurore et les Muses
vagabondent dans le ciel des rêves de la Pensée.
C’est l’heure vermeille et transparente
qui retouche et reprend de son pinceau magique
le grand tableau de la Raison.

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Libre à chacun

Libre à vous,
d’adorer le Dieu d’Adam ou de Jésus!
Libre à vous,
de vénérer tout temple, tout encens et toute statue!
Libre à vous,
tout vin de cendres, d’épines ou de ciguë!
Libre à vous,

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Lutin

J’aime la Poésie,
son séjour riant et ses vertes fontaines;
et sa lune argentée,
qui caresse qui caresse un lac automnal, bleu ou doré!
J’aime le silence environnant qui tombe,
comme une chevelure de saule pleureur,
des nuits sidérales!
J’aime le soleil aussi, qui fredonne qui fredonne sa cadence
au rythme des oiseaux;
tantôt ocellé et frémissant,
tantôt rieur et goélette comme une mouette ivre de vents!

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Mai

Mai chéri!
Mai bien-aimé des jardins fleuris;
Mai de la mélancolie qui se déride et qui sourit;
Mai des chants, des cantiques
et de l’onde superbe
et choisie;

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