Jamais

Si toute la Terre,

hérissée de clochers sublimes,

déchirait le Ciel à ses carillons,

– comme Tes paradis, Seigneur!

en jour de fêtes –

je n’élèverai mon regard, ni ne sécherai mes larmes,

que le jour où j’entendrai Ses pas!

 

Je fermerai  mon coeur à tous les matins,

et davantage chaque nuit,

         je m’abîmerai sans lever les yeux à Tes étoiles,

jusqu’au jour, Seigneur!

où j’entendrai Ses pas!

 

Aucun fruit ne me tentera,

aucune joie! aucun remords!

Je laisserai Ton calice vide,

ma table nue, sans pain,

jusqu’au jour où j’entendrai Ses pas!

 

Aucune prière ne sortira de ma bouche,

de mon coeur meurtri,

ni chant ni au moins l’espoir d’un regret jamais,

n’effleurera ma poitrine!

Je serai néant noir,

sans lune, sans reflet, sans étoiles,

jusqu’au jour, Seigneur!

où j’entendrai Ses pas!

Le Moqueur

Je suis la Tempête suave
qu’emplit la colère des flots!
Je souffle sur les Étoiles
et j’éclipse leurs Mots!
J’ai l’Impossible pour Esclave
et l’Avenir, je le nargue de mon Ombre opaque!
Je suis le Barbare! et j’aime les fleurs!
Comme Pan mon coeur vit d’amours,
et mes fureurs dévorent la Nature pie!
Je suis le Temps qui crée
et le Volcan qui transforme!
On m’appelle la Mort,
je suis Satyre!

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Le Mot qui survivra

Seigneur!
Tous les grands sont morts. Morts!
Et leurs grands monuments ont fondu dans le
temps,
comme ombre. Comme de l’ombre!
Quelque chose de stérile et d’impitoyable
ronge et rogne les oeuvres
et de l’homme et de l’ange!

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Le Parfum inexprimé

Je sens vivement palpiter en moi,

comme le parfum d’une foule d’accords inexprimés.

Et qui s’éteignent avec des échos finement lointains,

dès qu’ils effleurent ma conscience.

Mais à chaque fois que je prends la plume

pour épingler ces êtres aux ailes de musique,

le rythme et la pensée nette m’échappent;

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Le rameau

Seigneur!
J’ai besoin de Ta lyre,
pour chanter et pleurer.
J’ai besoin de Ton amour
pour T’écouter et T’aimer.
J’ai besoin d’une ombre tranquille,
pour admirer et prier.
J’ai besoin d’un rameau de silence,
loin de ce monde monotone.
Seigneur!
J’ai besoin d’une tombe solitaire
afin de renaître et m’envoler!

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Copyright © 2009 Georges H. Chakkour – Tous droits réservés