Poème marin

As-tu regardé la mer, mon ami,
et les cascades qui naissent
des rochers qu’elle drape de son écume?
As-tu vu son sein se gonfler,
respirer la plage, jeter et reprendre
ses filles marines?
As-tu aimé le vol onduleux
des blancs goélands,
survolant la nappe bleue?
As-tu frissonné aux fracas qui livrent
leur éternel combat
pour éroder l’orgueil des falaises?
As-tu bu à la coupe suave de ses murmures,
quand l’aube l’enlace de ses rougeâtres rayons?
As-tu, mon ami, contemplé les étoiles
qui palpitent aux rythmes de son coeur infini?
Moi, mes rêves, voguent sans cesse,
d’un calme l’autre,
d’une houle l’autre,
vers des îles inondées de ses parfums!
Que de choses! Que de mots!
Que de poèmes s’engendrent et se renient!
Et de flux en reflux,
lavent et reprennent du rivage
d’impossibles solutions!
Ô Temple, pour la vie rien de plus beau,
dieu liquide,
toujours le même et jamais semblable,
mer qui rythme aux pensées profondes du globe
sa nostalgie;
ni ton règne, ni le nôtre,
n’aura de fin tant que le Monde,
de miracle en miracle,
demeure ivre au coeur d’insolubles infinis!

Les Coquelicots

Ô mes coquelicots,
mes désirs, mes joies!
Je suis en vous,
je suis votre champ,
je suis votre rouge et noir silence!
Et votre simple et indifférente beauté,
nue et farouche,
comme une goutte de sang,
qui oublie…

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Les déshérités

C’est l’heure musicale où la Nature élève au Créateur sa chanson.
C’est l’heure ensorceleuse et divine
où l’Aurore et les Muses
vagabondent dans le ciel des rêves de la Pensée.
C’est l’heure vermeille et transparente
qui retouche et reprend de son pinceau magique
le grand tableau de la Raison.

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Libre à chacun

Libre à vous,
d’adorer le Dieu d’Adam ou de Jésus!
Libre à vous,
de vénérer tout temple, tout encens et toute statue!
Libre à vous,
tout vin de cendres, d’épines ou de ciguë!
Libre à vous,

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Lutin

J’aime la Poésie,
son séjour riant et ses vertes fontaines;
et sa lune argentée,
qui caresse qui caresse un lac automnal, bleu ou doré!
J’aime le silence environnant qui tombe,
comme une chevelure de saule pleureur,
des nuits sidérales!
J’aime le soleil aussi, qui fredonne qui fredonne sa cadence
au rythme des oiseaux;
tantôt ocellé et frémissant,
tantôt rieur et goélette comme une mouette ivre de vents!

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Mai

Mai chéri!
Mai bien-aimé des jardins fleuris;
Mai de la mélancolie qui se déride et qui sourit;
Mai des chants, des cantiques
et de l’onde superbe
et choisie;

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